Depuis plus d’un an, six étudiants de l’université Toulouse III et de l’Ecole de design de Nantes se préparent à envoyer une plante dans l’espace. Un beau projet made in le CNES ! 

 

Les pieds bien sur terre mais la tête dans les étoiles ! Eve Teyssier, étudiante en Master 2 Biologie Végétale à l’université Toulouse III – Paul-Sabatier et cinq étudiants de l’Ecole de design de Nantes travaillent depuis plus d’un an sur le projet Eklosion. « Nous développons une capsule semi-autonome, conçue pour l’espace et dans laquelle grandira un œillet d’Inde nain, explique Eve, 23 ans. Le but est que cette plante accompagne un astronaute, peut-être Thomas Pesquet (astronaute de l’ESA), en mission. Ce sera un loisir pour lui, pour lui permettre de se détendre, de le raccrocher à la Terre et d’embellir la station. »

Un projet spatial à 6

Ce projet est né suite au concours Génération ISS, organisé par le CNES. Le Centre national d’études spatiales a proposé en janvier 2019 à des étudiants d’élaborer des expériences à but artistique, pédagogique, technologique et scientifiques. « 80 étudiants ont proposé un projet, 7 ont été sélectionnés pour passer à l’oral devant un jury. Quatre projets ont remporté le concours dont le mien », explique Eve Teyssier.

Si au départ Eve développait seule son projet, le CNES lui a proposé de s’associer à cinq étudiants de l’école de design de Nantes, pour concrétiser un projet ensemble. Perfect match ! Les six jeunes se lient d’amitié et poursuivent ensemble l’aventure spatiale en juillet 2019. Points hebdomadaires via Skype, échanges de message, réunions avec le CNES… Les tâches ne manquent pas pour les apprentis chercheurs. « C’est un gros investissement ! Je fais beaucoup de déplacement au laboratoire, je rédige les protocoles et documents officiels pour le CNES, je gère la trésorerie de l’association que nous avons créée pour réunir des fonds…. Cela me prend entre 7 à 10h par semaine », estime Eve.

Objectif : avoir rendu une capsule fin prête en décembre en vue  du grand voyage. « Cet été, nous avons fait un premier prototype en 3D et depuis début septembre, nous avons le modèle qui subira des tests au CNES. Il nous restera ensuite à réaliser la deuxième capsule, la vraie, celle qui partira dans l’espace », nous confiait Eve fin septembre.

Une expérience unique

Travail en équipe, management, deadline, projet professionnel… La jeune femme profite de chaque enseignement que peut lui apporter le projet. « J’ai d’abord appris à travailler en équipe, à communiquer, à écouter l’autre…, analyse-t-elle. J’ai aussi appris à respecter les deadline. Travailler avec le CNES rajoute une pression supplémentaire ! Il faut être rigoureux, apprendre à remplir beaucoup de documents spécifiques, le tout… en anglais ! »

Et Eve valorise déjà beaucoup cette expérience. « Lors d’entretiens pour des stages par exemple, si on me demande mes qualités je cite le leadership, expose-telle. Et puis de manière générale, travailler avec le CNES est une expérience unique, que peu d’étudiants vivent. »

Le mois de décembre marquera pour Eve le rendu du projet mais également la fin de son master. Après six mois de stage, elle se lancera dans une thèse, en continuant à suivre de près son projet. « L’aventure ne s’arrêtera pas là j’espère. Nous souhaitons intervenir dans les écoles pour sensibiliser les enfants à l’environnement, au végétal, puis présenter notre réalisation au grand public ». Le rêve ? Voir la capsule réutilisée par d’autres astronautes !

Pour suivre le projet : https://eklo.space/