Les deux confinements successifs ont demandé aux enseignants des grandes écoles d’adapter leurs cours 100 % à distance. Mais pour les étudiants aussi l’adaptation est de rigueur. Ils nous racontent comment ils se sont organisés.

Les cours 100 % à distance, c’est reparti ! Il a fallu prendre ses marques. Depuis mars dernier, les étudiantes des grandes écoles et universités ont vu leur année scolaire découpée entre cours en présentiel et cours en distanciel. Une situation inédite qui a demandé un temps d’adaptation.

« J’ai été pris au dépourvu »

« Le premier confinement a été très expérimental et, comme la plupart de mes camarades, j’ai été pris au dépourvu, confie Jules Leraillez, étudiant de première année à Audencia. Très pragmatique, Jules a réfléchi au meilleur endroit pour se confiner. « N’ayant que peu d’informations sur la dangerosité du virus, j’avais trouvé cohérent de me confiner dans une ville où les infrastructures hospitalières étaient performantes. J’avais donc fait le choix de me confiner à Paris, avec ma sœur et une amie. »

Garder un rythme sain, se lever tôt, faire du sport, suivre les cours assidument…. Le jeune homme s’était fixé un programme ambitieux. Un peu trop peut-être… « La réalité s’est très vite substituée à l’utopie ! La transition entre le présentiel et le distanciel a été relativement complexe car les outils mis en place sur Blackboard étaient nouveaux pour moi, et les professeurs comme les élèves devaient retrouver leurs marques. La chance que nous avons eu est que les professeurs ne se sont pas laissés perturber par la Covid, ont continué à faire leurs cours, et étaient très disponibles par mail lorsque nous avions des questions », se rappelle-t-il.

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Dans les assos’ aussi on s‘adapte aux cours 100 % à distance !

Clémence Thibault, élève de 2ème année en majeur Technologies Numérique et vice-présidente de l’association Soutien de la Web School Factory, un bureau virtuel de soutien ouvert deux fois par semaine pour venir en aide aux étudiants

Clémence Thibault

Qu’avez-vous mis en place en niveau de l’association lors du premier confinement ?

Un serveur discord commun à toute l’école où nous pouvions échanger sur nos difficultés, poser des questions ou juste discuter avec les autres étudiants. Discord étant une plateforme pensée pour les gamers, elle comporte des messageries textuelles, mais aussi la possibilité de parler et d’échanger avec ou sans caméra. C’est donc un outil assez complet, qui nous a permis de garder un contact avec les autres étudiants et de maintenir cet aspect familial de l’école qui nous tient beaucoup à cœur. Pendant les mois de mars et avril, nous avions également mis en place des cours de soutien dans les matières posant des difficultés en distanciel.

Quelles améliorations avez-vous mis en place pour ce nouveau confinement ?

Pour ce confinement, nous continuons d’utiliser notre serveur discord commun à toute l’école, mais nous développons aussi un bureau virtuel ouvert à tous les étudiants deux jours par semaine pour qu’ils puissent échanger, poser des questions sur leurs inquiétudes de travail en confinement et, chercher un peu de soutien moral dans ces temps difficiles.

 

Anaëlle Pilard, vice-présidente du BDE CESEM de NEOMA BS

Anaëlle Pilard

Et au niveau de l’association ?

 En tant que Bureau Des Elèves, nous avons entrepris d’entrer en contact avec les élèves de chacune des promos et de les encourager à faire appel à nous pour relayer leurs interrogations ou inquiétudes. De la même manière, nous nous montrons très disponibles afin de discuter avec les étudiants restés seuls à Reims, notamment les étudiants étrangers qui n’ont pas pu rentrer dans leur pays d’origine.

Concernant le maintien de la vie extra-scolaire, nous avons choisi de créer des groupes Facebook et WhatsApp, de façon à toucher beaucoup plus d’étudiants et relayer toutes sortes d’informations. Nous explorons toutes les ressources mises à disposition, afin de pouvoir maintenir la vie étudiante. Nous organisons aussi des petits évènements en ligne tels que les apéros virtuels, ou encore des jeux concours.

« J’ai pris plus de recul sur la situation au deuxième confinement »

Puis est arrivé le deuxième confinement et avec lui, une nouvelle stratégie pour Jules ! « J’ai pris beaucoup plus de recul sur la situation durant ce second confinement. J’ai aussi appris à mieux lire l’actualité, ce qui m’a permis d’anticiper le reconfinement et de m’organiser ». L’étudiant d’Audencia est confiné avec sa sœur et des proches dans sa maison de vacances des Côtes d’Amor. Un environnement plus propice au travail, selon lui, et qui lui est profitable. « Je suis beaucoup plus assidu en cours, je rends les devoirs en temps et en heure, je suis un rythme de travail vraiment sain où je me lève tôt et je me couche tôt. Il m’arrive parfois de me lever à 6h et de me coucher à 23h en restant concentré toute la journée, ce qui aurait été impensable durant le premier confinement ! »

Jules voit aussi une grande différence dans le rythme de travail par rapport au premier confinement. « Nous avons davantage de travail lié aux cours, mais nous devons également trouver un stage pour notre césure de janvier. Le point positif : nous avons eu le premier confinement et une partie de notre début de deuxième année pour nous habituer au travail en distanciel, et nous nous sommes familiarisés avec les outils à distance. »

Un mot d’ordre : l’adaptation

La nécessité de s’adapter rapidement est un problème soulevé par plusieurs étudiants. C’est le cas par exemple de Corentin Macquet, en M2 de Gestion des Ressources Humaines à l’IAE Caen. « Le premier confinement a plutôt été brutal et soudain. Je n’ai pas réellement pu m’organiser puisque je passais le week-end en famille, dans une autre région, à ce moment-là. J’y suis donc resté mais je n’avais pas mes cours ni mon ordinateur, raconte-t-il. J’ai donc dû emprunter en urgence l’ordinateur d’un membre de la famille pour suivre les cours à distance. »

Autre difficulté : s’organiser. « J’ai eu de légères difficultés à me responsabiliser pour travailler après les cours. Mais une fois dans le bain, ça a été plus facile de prendre les bonnes habitudes. » « Lorsque nous avons 3 ou 4h successives d’un même cours, il est difficile de ne pas décrocher et de rester concentré l’intégralité du cours », note aussi Antoine Soave, en Bachelor 2 Management du sport à la Sports Management School.

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La solution ? Garder un mode de vie sain ! « C’est essentiel malgré une tentation de rester en peignoir et de suivre ses cours dans son lit, sourit explique Barthélémy Joubert du Cellier en PGE2 à Rennes School of Business. Je vais aussi profiter de mon temps libre pour continuer à me former en parallèle des cours. Mon objectif ? Optimiser le temps que je gagne en suivant le programme à distance. »

« Déménager l’école à la maison »

La stratégie de conserver le même rythme qu’en présentiel mais à distance, semble être validée à ICI-ICARE. « L’ICI ICARE a fait le nécessaire pour continuer l’enseignement sans bouleversement, sur les mêmes créneaux horaires depuis la plateforme Zoom, décrit Clara, étudiante de 2ème année en Bachelor in Luxury Hotel Management à l’ICI-ICARE. Nous continuons aussi d’entretenir l’esprit de partage en recevant  des professionnels qui partagent leurs expériences. Et les travaux pratiques chez nos hôteliers et restaurateurs partenaires se poursuivent grâce à l’adaptation de tous. Ils sont dispensés aux élèves qui le souhaitent. Finalement ce second confinement, c’est comme avoir déménagé l’ICI ICARE à la maison. » Royal !

Et pour les expat’, comment ça se passe ? Ils témoignent

Thomas Salles, étudiant 2ème année post bac Programme Grande Ecole EM Normandie, actuellement en expatriation sur le campus de Dublin depuis le 5 septembre.

Thomas Salles

« Lors du premier confinement en mars dernier c’était beaucoup plus simple car j’étais en France avec ma famille, je travaillais dans un supermarché et j’avais cours. Mes journées étaient bien remplies, je n’avais pas le temps de m’ennuyer. Aujourd’hui, je suis seul en Irlande dans un appartement de 15m². A Dublin, pendant le confinement, on peut se balader en ville, certains pubs sont toujours ouverts, on peut prendre des bières à emporter. Tous les magasins sont fermés à part ceux de première nécessité.

« Retrouver rapidement une vie normale »

Le nombre de cas positifs à la Covid-19 étant nettement moins élevé qu’en France, j’espère pouvoir retrouver vite une vie normale, profiter de mon expatriation et améliorer mon anglais. Car pour le moment, je n’ai pas eu vraiment d’occasions de rencontrer et de discuter avec des Irlandais. J’espère pouvoir rattraper le temps perdu et aussi découvrir l’Irlande avec les étudiants de l’école présents sur le campus. Côté vie associative, l’année dernière j’étais membre du BDS sur le campus de Paris.

A Dublin où le campus est tout récent, la vie associative devait vraiment démarrer cette année. Avec un groupe d’amis, aussi excités que moi à l’idée de créer le premier BDE, nous avons fait campagne et gagné face à la liste adverse. Malheureusement, nous avons été élus durant le confinement ce qui nous bloque pour organiser les choses initialement prévues. Nous rebondissons toutefois en leur proposant d’autres choses. C’est vraiment notre devoir de faire vivre aux étudiants une année incroyable avec nous. Le BDE est l’une des raisons pour lesquelles je suis resté à Dublin car je voulais vraiment être avec les étudiants le 1er décembre sur le campus et commencer les activités. »  

 

Juliette Reversat, en Master 1 à l’EM Normandie, sur le campus d’Oxford pour la 2e année

Juliette Reversat,

« C’est ma deuxième année à Oxford. Lors du 1er confinement j’ai été obligée de rentrer en France. L’organisation étant différente cette année, j’ai décidé de rester sur le campus d’Oxford. En effet ce semestre, tous les campus anglais restant ouverts, nous pouvons suivre une partie de nos cours en présentiel. Les classes sont divisées en deux groupes et nous alternons les cours à l’école et sur Zoom, en mode « twinning ». Suivre les cours à distance demande plus de travail personnel et d’organisation, surtout pour les travaux de groupe. Il faut bien définir le sujet, le plan et la répartition des tâches au préalable.

Aujourd’hui nous maîtrisons tous mieux les fonctionnalités de Zoom et l’utilisons pour faire des points et avancer sur des sujets particuliers, grâce au partage d’écran par exemple. Finalement Zoom est devenu un outil de travail à part entière.

Ici les règles de confinement sont plus souples qu’en France, les sorties ne sont pas limitées, et nous avons le droit de voir une personne extérieure à notre domicile pour éviter l’isolement des personnes seules. Mais nous avons tous hâte de retrouver les activités associatives et extra scolaires, pour rencontrer les nouveaux (l’intégration étaient digitale cette année) et voir nos amis. »