entrepreneuriat social

 

Vous avez toujours voulu lancer un projet d’entrepreneuriat social sans trop savoir comment passer à l’action ? Aymeric Marmorat nous livre ses conseils pour passer de l’envie à l’idée, de l’idée au projet et du projet à l’action.

 

Des étudiants et des professionnels engagés dans ENACTUS

Des étudiants et des professionnels engagés dans ENACTUS

 

Comment passer de l’envie de s’engager à une idée d’entrepreneuriat social ?
La motivation est le moteur de l’action. Pour s’impliquer, il faut connaître ce qui vous passionne, ce qui vous révolte ou vous indigne. Il s’agit de déterminer l’enjeu de société qui vous interpelle particulièrement : est-ce aider des personnes à se réinsérer en trouvant du travail, valoriser les liens intergénérationnels et l’autonomie des seniors, le handicap, le microcrédit, la solidarité internationale ? Il s’agit ensuite de chercher l’inspiration en rencontrant les experts et acteurs qui oeuvrent déjà sur ces thématiques afin de bénéficier de leurs expériences et conseils, et mieux connaître les causes profondes du problème. Cette démarche permettra d’identifier les leviers que vous pourrez actionner pour apporter une réponse pertinente aux besoins identifiés. Il s’agit de « penser le changement plutôt que changer le pansement » selon la formule de Francis Blanche. Suite à cet état des lieux, le brainstorming en équipe s’impose pour faire émerger le plus d’idées possible. Une règle fondamentale : s’encourager à sortir du cadre pour faire émerger des idées audacieuses. En combinant les meilleures idées émises, des solutions se dégagent et vont permettre de choisir le concept à développer. C’est ainsi que Bertrand, étudiant dans l’équipe Enactus de son école, s’est intéressé à la problématique de la mobilité des personnes âgées. Il a pu échanger avec Thomas Astoux de la Fondation VINCI Autoroutes Pour une Conduite Responsable, partenaire d’Enactus. Après avoir brainstormé, Bertrand et son équipe montent à présent un projet de taxi solidaire pour personnes âgées.

 

Comment formaliser son idée en projet ?
« Définir son projet c’est définir sa charte : sa vision (le but que je poursuis), sa mission (ce que je mets en oeuvre pour l’atteindre) et ses objectifs. Par exemple, la vision d’Enactus est un monde où les jeunes s’engagent au service de la société pour améliorer les conditions de vie de populations dans le besoin et où les étudiants deviennent des professionnels responsables qui tiennent compte des dimensions économiques, sociales et environnementales dans leurs prises de décision pour un monde plus durable. La mission est alors d’accompagner les étudiants dans la mise en oeuvre concrète d’actions entrepreneuriales visant à améliorer les conditions de vie de communautés dans le besoin.
Nos objectifs sont de :
• Favoriser l’engagement des jeunes à travers la réalisation de projets entrepreneuriaux et responsables
• Développer les qualités et compétences humaines, managériales et entrepreneuriales des jeunes en les accompagnant dans la réalisation concrète de ces projets
• Faciliter l’insertion professionnelle des jeunes en leur permettant d’affiner leur projet professionnel et en les mettant en contact avec des professionnels
• Apporter des réponses aux enjeux de société actuels et améliorer les conditions de vie de populations dans le besoin.
La définition de la charte est capitale car elle permet de fédérer l’équipe et ses partenaires vers une même direction. Sa construction se fait en équipe et s’affine au fur et à mesure des avancées et expérimentations.
Lors de la formalisation de l’idée en projet, le business model est un outil central pour se poser les bonnes questions. Il explicite les besoins auxquels le projet répond, par quel biais, quels sont les bénéficiaires et les activités à mener avec quels partenaires ? Quelles sont les ressources à mobiliser et les coûts à engager ? Quels sont les résultats et les impacts à atteindre et comment les mesurer ?
Le business model est un cadre qui permet d’appréhender un fonctionnement d’ensemble du projet, il est nourri par un travail de recherche auprès des partenaires et des bénéficiaires.Le canevas est amener à bouger à évoluer. Il est à remplir en équipe, de préférence avec un canevas grand format où l’on peut disposer les clients, offres, besoins, partenaires stratégiques, etc. sur des post-it afin de pouvoir faire du Business Model un outil interactif et évolutif.

 

Identifier les opportunités, passer àl’action, favoriser le progrès social…
Telle est la devise d’Enactus (anciennement SIFE). Implantée dans 39 pays, rassemblant plus de 62 000 étudiants de 1 600 universités et grandes écoles, Enactus est la première organisation au monde à réunir étudiants, enseignants et dirigeants d’entreprises, dans le but d’aider les communautés dans le besoin à s’en sortir par elles-mêmes. Enactus France, créée en 2002, reçoit le soutien de : AIG, Alternego, Ashoka, Disneyland Paris, GDF SUEZ, Fondation VINCI Autoroutes pour une conduite responsable, HSBC, le Journal des Grandes Ecoles, KPMG, PepsiCo France, Personnalité, Sodexo, et Suez Environnement.

 

Comment passer du projet à l’action ?
Les étapes précédentes sont vaines si elles n’impliquent pas de passer à l’action et de mettre en oeuvre son projet. Une bonne organisation est la clé de la réussite d’un projet : avoir un plan d’action clair, définir les rôles au sein de son équipe, établir un rétro-planning un budget, etc. Il faut garder à l’esprit l’importance de l’évaluation des résultats et impacts du projet. Les résultats sont les effets directs et immédiats produits par les activités lancées dans le cadre du projet. Les impacts sont les effets indirects et à plus long terme d’un projet. Lors de l’élaboration du projet et au moment de passer à l’action, il faut se fixer des objectifs clairs, pertinents et mesurables qui pourront être évalués selon un calendrier propre à chaque projet. Cette évaluation permet à l’équipe de prendre du recul, de réajuster ou apporter des modifications. Enfin, ce qui compte par-dessus tout c’est de se lancer, d’expérimenter ses idées, de faire des essais, pourquoi pas à petite échelle, de réajuster et de recommencer. Il est crucial de se donner le droit à l’erreur ! Réaliser un projet est un processus vivant et organique. Plus l’on avance, plus le projet évolue, et l’essentiel de l’apprentissage se fait sur le terrain. Il ne vous reste plus qu’à vous jeter dans l’aventure ! Bonne chance !

 

Exemples de projets Enactus
Projet de Clément et son équipe Rouen Business School : ESAT Jardinières ludo-éducatives
Ce projet vise à assurer une production stable afin d’y maintenir l’activité des travailleurs en insertion maniant le bois. Ce projet à travers ces jardinières sensibiliserait également les enfants de l’agglomération à l’environnement et à la nature. Projet de Subina et son équipe IAE Université Paris Est Créteil
Pour un Avenir Equitable
Ce projet vise à réinsérer des personnes en situation de précarité à travers la vente de produits équitables sur des marchés. Les produits sont fournis par Altereco ainsi que des producteurs franciliens. Ce projet inclut la formation de ces personnes afin de les mener à l’autonomie.
Projet de Samy et son équipe Polytech Paris UPMC Opération Tchep pour tous
L’objectif est de créer au Sénégal, dans une zone comptant de nombreux villages de cultivateurs de riz, une coopérative. Celle-ci offrirait la possibilité aux villageois d’utiliser une décortiqueuse à riz à un coût très avantageux et donc de développer leur activité tout en améliorant leurs conditions de travail.

 

Contact
Céline Sannié, Responsable de Programme
+33 (0)1 55 68 90 45 – csannie@enactus.fr
www.enactus.frwww.enactus.org