CSA is born ! Le 10 janvier 2020, la fusion entre l’association d’alumni de l’Ecole Centrale et Les Supélec est – enfin – devenue effective. Un travail de longue haleine dont Corine Dubruel, Présidente, et Jean-Luc Barlet, 1er Vice-Président, nous décryptent tous les enjeux. 

 

Qu’est-ce qui a rendu la fusion si lourde à opérer ?

CD : Nos deux associations, fort anciennes, possédaient chacune leur culture et leurs valeurs. La réussite de cette fusion ne pouvait se faire que dans une compréhension mutuelle de la richesse induite par ce rapprochement. Durant 2 ans, un comité de pilotage paritaire a donc conçu une Charte de Convergence décrivant les objectifs du rapprochement et sa démarche opérationnelle. La fusion repose sur trois principes fondateurs d’équilibre, d’efficacité et de modernité. Très vite, l’objectif a été d’aboutir à une association de nouvelle génération, agile et adaptée au contexte de transformation rapide dans lequel nous vivons où une partie de nos fonctions historiques est concurrencée par d’autres usages. Sachant que durant une période transitoire de deux ans, une gouvernance paritaire permettra d’assurer une fusion harmonieuse…

Comment les adhérents vivent-ils cette évolution ?

JL.B : Le programme de la nouvelle gouvernance élue, ainsi que l’organisation mise en place pour suivre ce plan d’actions leur ont été largement communiqués. L’objectif est désormais d’avancer sur les actions prévues, notamment en matière d’organisation des groupements. Les premières déclinaisons sont d’ailleurs déjà visibles puisque les cinq groupes régionaux d’Ile de France (60 % de nos adhérents) ont fusionné en un seul.

 

Comment pouvez-vous contribuer à ce que ce 1+1 = 3 ?

CD : Nos priorités pour les 2 années à venir consistent à :

  • Rassembler l’ensemble des membres des 2 associationsen une seule communauté gouvernée démocratiquement et favoriser la participation active de l’ensemble de nos composantes, forces vives de CSA.
  • Faire croître le nombre d’adhérentsen utilisant le meilleur des technologies actuelles, en renforçant nos structures décentralisées et en aidant chaque alumni à développer au mieux sa carrière grâce à notre service dédié.
  • Renforcer notre notoriétéet nos diverses collaborations (laboratoires de recherche, organisme de formation CS Exed, programmes d’excellence en faveur des startups et licornes…) pour devenir une force de proposition reconnue se saisissant des grands sujets de société.
  • Permettre ànotre communauté de 45 000 alumni – fantastique force de proposition ! – d’avoir un impact positif sur les transitions écologique, sociale et numérique.

 

Quel est, pour les élèves ingénieurs, l’intérêt de vous rejoindre ?

JL.B : Les étudiants ont compris tout l’intérêt représenté par l’Association, leur taux d’adhésion en qualité de membre associé frôlant les 90 %. Cette adhésion leur ouvrant en particulier l’accès au réseau CentraleSupélec qui permet d’aborder sa vie professionnelle en toute confiance, avec les armes d’aujourd’hui : stages, apprentissages, formation aux entretiens Be-Prepared, networking… Et nous proposerons prochainement méthode et moyens pour disposer d’un Observatoire de l’évolution des métiers de l’ingénieur.

 

Les bénévoles jouent également un rôle important.

JL.B : Les bénévoles sont essentiels au rayonnement de notre association. Or, pour renforcer la notoriété de celle-ci, nous souhaitons renforcer la visibilité des multiples actions organisées par les Groupements Régionaux, Internationaux et Professionnels. L’objectif étant que notre visibilité ne soit pas focalisée sur la seule région parisienne. Nous souhaitons également bâtir une stratégie commune de communication et de rayonnement avec l’école et la Fondation, afin d’augmenter notre visibilité en France et à l’international.

 

Comment l’Association a-t-elle fait face à la Covid ?

CD : Dès le 17 mars 2020, toute l’équipe était opérationnelle depuis son domicile, mettant à disposition l’outil Zoom de l’Association (+ de 70 webinaires réalisés), créant une nouvelle newsletter « Sortir chez soi » enrichie par les idées des alumni et mettant en place un forum hebdomadaire virtuel pour soutenir les entrepreneurs en difficulté. Dès le 31 mars, nous avons lancé l’opération « Alumni solidaires » : rubrique du site Internet dédiée au soutien de nos membres et déclinant plusieurs onglets :

  • S’engager: dons de matériels, services gratuits, etc.
  • Se former: sur les thématiques de gestion de crise, soutien aux entrepreneurs, organisation de télétravail… (70 webinaires dont 30 en replay)
  • Se distraire: 160 activités proposées
  • Et un Forum de discussion

De mars àjuin, nous avons comptabilisé sur notre site 29 000 utilisateurs actifs pour 246 000 pages vues et 18 400 vues sur notre chaîne YouTube.

 

Comment conserver l’esprit de rencontre et d’échanges malgré la Covid ?

CD : Nous avons fait le choix de ne proposer, pour l’instant, à nos membres que des webinaires. L’expérience montrant que l’esprit de partage et d’échange perdure jusqu’à une vingtaine de participants. Nous poursuivons également notre opération « Alumni solidaires », renforçant ainsi un lien numérique bien plus actif qu’avant la crise.

 

Quelle est la place des femmes au sein de l’association ?

CD : Les femmes sont fortement engagées au sein de l’Association, dépassant une proportion de diplômées constante depuis les années 90 (environ 19 %).

  • L’Association est présidée et dirigée par une femme
  • Elle compte 10 femmes sur ses 24 administrateurs
  • Son équipe est à 90 % féminine
  • 5 groupes professionnels sur 25 sont présidés par une femme
  • Plus de 50 % des groupes ont des femmes dans leur bureau de direction

 

De quelle façon évoluez-vous de l’intérieur, selon ce que vos membres désirent ?

JL.B : Notre communauté se doit d’avoir un impact positif sur les grands enjeux de société, particulièrement les transitions écologique, sociale et numérique. Elle rejoint en cela le vœu des plus récentes promotions. Nous allons ainsi prendre part au défi des inégalités face au numérique (13 millions de personnes concernées) à travers des actions ciblées menées par nos différents groupes. Nous allons également travailler avec des organismes extérieurs pour influencer les décisions qui nous paraitront contraire à l’évolution vers un monde de progrès plus solidaire et plus durable. Enfin, nous souhaitons inscrire dans nos statuts que l’association est gérée en prenant en considération les enjeux sociaux et environnementaux de son activité. En y ajoutant une raison d’être, constituée des principes dont l’association se dote et comprenant les objectifs sociaux et environnementaux qu’elle se donne pour mission de poursuivre. Un comité de mission devant en suivre l’exécution.

 

Association d’alumni vs LinkedIn : qui gagne le match ?

JL.B : LinkedIn est un outil de mise en relation, mais il ne pourra jamais remplacer l’interaction directe d’alumni entre eux, animés par un puissant affectio adsocietatis.

 

10 % du budget de l’école provient des alumni. Comment expliquer ce fort attachement dans la durée ?

JL.B : Pour une majorité d’entre nous, cet engagement est considéré comme un juste retour, en considération de ce que l’école nous a apporté, personnellement et professionnellement.

 

Un dernier objectif ?

JLB : Le retour vers une parité homme-femme dans les métiers de l’ingénieur, action prioritaire tant de l’école que de l’association. Le premier pas ayant consisté à avoir un conseil d’administration de CSA proche de la parité, tout comme celui de l’école d’ailleurs.