FORMATIONS D’EXCELLENCE : essec

 

Pierre Tapie, Directeur Général du groupe ESSEC

Pierre Tapie, Directeur Général du groupe ESSEC

Diplômé de Polytechnique (1980), Docteur ès Sciences de Paris 11 (1984) et ancien élève du MBA de l’INSEAD (1990), Pierre Tapie est Directeur Général du groupe ESSEC depuis 2001.

 

Quelle est selon vous l’originalité de l’ESSEC ?
L’ESSEC est un lieu de liberté et d’accompagnement des jeunes vers leurs projets, leurs désirs. En sortant de la prépa ils se connaissent mal, ils n’ont aucune idée de l’immense richesse du marché du travail. La pédagogie des prépas -à laquelle je crois beaucoup- a de nombreux avantages mais a l’inconvénient de ne pas pousser les élèves à faire des choix. Le rôle de l’ESSEC est de partir d’où ils sont et de leur faire profiter de la recherche et de la pédagogie de l’école, d’expériences internationales, qui leur permettront en quatre ans de sortir complètement différents de ce qu’ils étaient quand ils sont arrivés. L’épaisseur du temps que donne le programme en quatre ans et l’immense variété des choix qu’ils vont avoir à faire amèneront les étudiants à être plus précis et plus mûrs que d’autres sur ce qu’ils ont envie de faire. Le moment où ils disent « je » arrive plus tôt que dans d’autres écoles. Le choix de faire un stage de six mois dès la première année est assez décoiffant. En mai-juin l’étudiant se pose la question de ce qu’il va faire pendant ces six mois et de ce qu’il va faire ensuite en deuxième année. Tout cela fait que les étudiants sont plus heureux à l’ESSEC que dans d’autres écoles parce qu’ils choisissent ce qu’ils font. A la sortie ils sont plus librement mûrs. Ils ont été placés dans un univers qui les a déstabilisés et parce qu’on leur aura imposé de passer par là, ils diront plus facilement « J’ai envie de ».

 

Comment cela se traduit-il dans la pédagogie de l’école ?
A l’ESSEC vous n’avez pas de majeure, pas de mineure. Le diplôme se mesure avec le cahier des charges final. L’offre pédagogique est exceptionnellement riche. Chaque trimestre, l’étudiant choisit. Cette combinatoire permet une passion qui laisse grandir les personnalités.

 

Quels sont les domaines de compétence de l’ESSEC ?
Nous excellons dans le domaine du luxe, de l’immobilier, de la finance, dans l’entrepreneuriat social et l’économie urbaine, dans la santé, dans la fonction comptabilité, et enfin dans le management stratégique avec l’inclusion de toute une dimension éthique. L’ESSEC est une maison suffisamment grande –comme nos amis d’HEC- pour couvrir l’ensemble des domaines du management. Ce qui change d’une école à l’autre, c’est la manière de faire.

 

Quelles sont les conséquences d’une implantation sur un campus sur l’état d’esprit des élèves ?
C’est le fait de conjuguer le vivre ensemble et l’apprendre ensemble. Nos étudiants sont là de 7 heures du matin à 1 heure du matin. Ce qu’ils apprennent là c’est fabuleux. Ils ont des amphithéâtres à disposition tous les soirs. L’école, c’est chez eux.

 

Pionnière, l’ESSEC l’est sûrement. C’est l’une des premières à lancer un Mastère Spécialisé en 1986, la première école accréditée AACSB hors de l’Amérique du Nord en 1997, etc. Comment expliquez-vous cette culture de l’innovation ?
C’est une position assez naturelle pour l’ESSEC. Si on prend les dix meilleures institutions universitaires françaises, écoles et universités, c’est la seule qui soit une association de droit privé avec une mission de service public, ce qui lui offre une immense possibilité de décider. Nous n’avons pas de grand frère donc nous inventons nous-mêmes l’institution. C’est une immense responsabilité mais nous n’avons pas de contraintes a priori sauf financières. Cela nous donne une grande liberté d’action. L’ESSEC a toujours eu à inventer sa manière d’être parce qu’elle devait s’autofinancer.

 

L’ESSEC étant un établissement né en 1907 et qui a toujours été sur les marches du podium, n’existe-t-il pas un risque de se reposer sur ses lauriers ?
Non ce risque n’existe pas pour deux raisons. La première c’est que l’ESSEC a toujours été, avec ses trente ans de jeunesse par rapport à HEC, en position de challenger, d’innovation, avec une petite incitation à faire mieux que celle qui avait été créée en première Deuxièmement, HEC et l’ESSEC jouent la compétition mondiale, et sont sûrement les deux seules business schools françaises à le faire. S’endormir sur ses lauriers, ce serait refuser d’être internationaux, or nous le sommes déjà.

 

Si vous deviez convaincre un élève de rejoindre l’ESSEC en une phrase ?
You have the answer. Je vous invite à réfléchir à ce slogan.

 

Financièrement, quelle est la situation de l’école ?
Elle est bonne. On n’a jamais assez de ressources financières par rapport à ses ambitions mais nous sommes une association managée avec une très grande prudence. L’ESSEC est passée d’environ 46 millions d’euro de budget en 2010-2011 à 105 millions en 2011-2012. Les frais de scolarité représentent un tiers du budget.

 

Claire Bouleau
Twitter @ClaireBouleau