Universités ou grandes écoles : même combat ? Si on les dit souvent plus tournés vers la recherche que vers l’entreprise, les diplômés des universités sont pourtant largement plébiscités par les sociétés du privé. Comment les universitaires construisent-ils leurs trajectoires professionnelles ? Comment font-ils la différence en entreprise ? Éléments de réponse.

 

Cap sur l’insertion !

Selon la dernière enquête du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation sur les promotions universitaires 2014 (étude à 30 mois), 109 000 étudiants ont été diplômés de Master LMD. Parmi ceux entrés dans la vie active, 91 % occupaient un emploi au 1e décembre 2016. Un taux en légère augmentation à mettre en parallèle avec un accroissement des effectifs universitaires. Si ce taux d’insertion progresse, il reste malgré tout inférieur à celui des grandes écoles : 96.5 % des diplômés de grandes écoles de la promo 2014 sont en effet en poste 2 ans après l’obtention de leur diplôme selon la dernière enquête de la Conférence des Grandes Ecoles (CGE).

Money, money, money

Les salaires quant à eux, progressent rapidement. Le salaire médian net des universitaires en emploi au 1e décembre 2016 s’élève ainsi à 1 930 €. On note toutefois des disparités assez importantes entre les disciplines. Alors que le droit, l’économie et la gestion comptent parmi les disciplines les plus rémunératrices, les salaires des diplômés en lettres, langues, arts et sciences humaines et sociales (SHS) sont parmi les plus bas. Parallèlement, 37 % des diplômés ont décidé de poursuivre ou de reprendre leurs études dans les 30 mois suivants la fin de leur formation. Un chiffre en hausse de 1 % et un signe que certains considèrent que le master universitaire n’offre pas forcément de débouchés à tous les diplômés.

IAE, les rois de l’insertion

Mais s’il y a bien une formation universitaire qui cartonne, ce sont les IAE ! Dans son enquête Devenir des diplômés d’IAE menée auprès de l’ensemble des diplômés de ces « écoles universitaires de management » depuis 1955, IAE France prouve par A+B la force de frappe des Institut d’Administration des Entreprises. En effet, 2/3 des diplômés des IAE trouvent un emploi dans les 2 mois suivant l’obtention de leur diplôme. Près de la moitié décroche directement un emploi en fin de stage (32.1 %) ou à la suite d’une période d’alternance (15.4 %). Près d’1/5 obtient un poste en moins de 2 mois. Au bout d’un  an, ils sont 93.2 % en emploi, soit le même taux que les diplômés des grandes écoles selon l’enquête insertion de la CGE. En terme de fonctions, 2/3 des diplômés ont un statut cadre et 12 % sont dirigeants. Quelles sont les raisons d’un tel succès ?

3 questions à Eric Lamarque, Directeur de l’IAE Paris – Sorbonne Business School et Président du réseau IAE France

©IAE Paris

Le monde universitaire reste trop souvent éloigné des réalités du monde professionnel. Comment les IAE sont-ils parvenus à contrer ce phénomène ? Les IAE (comme les IUT d’ailleurs) ont pris conscience dès leur création qu’ils avaient pour mission de former de beaux esprits ET de favoriser l’insertion professionnelle de leurs diplômés. C’est une question de bon sens ! Une partie de la réputation des grandes écoles de management est inhérente à l’employabilité de leurs diplômés. Depuis une quinzaine d’années, les IAE travaillent donc tout particulièrement sur ce point pour s’ancrer résolument dans une  logique de professionnalisation : développement de l’apprentissage et de la formation continue, travaux de recherche connectés aux préoccupations réelles et actuelles des entreprises… Si les universitaires ont longtemps gardé cette image de théoriciens, le taux d’insertion des IAE rivalise avec celui des grandes écoles.

Les spécificités des IAE les plus à même de matcher avec les enjeux des entreprises de demain ? Les IAE promeuvent une connexion de la recherche et des préoccupations des entreprises afin de développer des formations adaptées et novatrices. C’est ainsi que l’IAE Paris – Sorbonne Business School travaillent sur des thématiques comme la finance durable, les partenariats public – privé (PPP) ou les mutations et transformations organisationnelles. C’est donc en liens étroits avec les entreprises et leur réalité que nos chercheurs produisent de nouvelles connaissances. Une méthodologie permettant à nos étudiants de conserver un ADN d’universitaires (outils, méthodes…) mais dans un contexte ancré sur les réalités économiques et sociales.

 Le petit + qu’on ne trouve que dans les formations made in IAE et qui fait toute la différence une fois en entreprise ? Leur capacité à insister sur les concepts, les méthodes et les outils. Nos diplômés creusent le contenu, ils vont au fond des choses et ça, ça colle aux besoins des entreprises ! Longtemps nos étudiants ont cru qu’on ne les voyait que comme des professionnels de la théorie et ont pu être un peu complexés vis-à-vis de leurs homologues issus de business schools. C’est beaucoup moins le cas aujourd’hui car, au regard de la complexité des sujets et des écosystèmes, les entreprises ont besoin de fond. Et c’est là que les universitaires font la différence. Car s’ils sont moins conscients de l’importance de la forme ou de l’aisance dans les présentations, ils performent sur les techniques et les outils. C’est peut-être moins flamboyant mais c’est nettement plus efficace !

 

Quoi de neuf docteur ? Qui dit université, dit évidemment recherche. Mais quel avenir professionnel les chercheurs se forgent-ils aujourd’hui ? Sont-ils toujours voués à se consacrer à une carrière dans l’enseignement où sont-ils des alliés de choix des entreprises pour booster leur performance ? L’Université Paris-Saclay donne quelques indicateurs dans sa première enquête insertion menée sur les docteurs diplômés entre 2015 et 2017. Ainsi, 92.4 % des promos sont en emploi et la moitié n’a même jamais connu le chômage. L’insertion professionnelle des docteurs est particulièrement rapide en mathématiques, physique, chimie, sciences de l’ingénieur, informatique, droit, économie, gestion et SHS. Ils s’ouvrent également à de belles opportunités dans le privé. 13 % des doctorants ont ainsi été recrutés suite à une offre émanant de cabinets de recrutement ou d’entreprises. Un phénomène à mettre en parallèle avec l’influence des PhD anglo-saxons. Côté rémunération, les docteurs touchent un salaire moyen de 41 105 € bruts et peuvent même gagner jusqu’à 75K€/an pour ceux qui ont réalisé leur thèse en entreprise.

Quelles universités pour trouver un job de rêve ? A en croire le Top 10 du QS 2018 de l’employabilité des diplômés de l’université, elles sont étrangères : Stanford, UCLA, Harvard, Université de Sydney, MIT, Cambridge, Université de Melbourne, Oxford, Berkeley et Université Tsinghua (Chine). Mais 15 établissements français sont quand même classés. Des grandes écoles bien sûr (Polytechnique et CentraleSupélec en 28e et 80e position par exemple), mais aussi des universités comme l’UPMC, la Sorbonne, Dauphine ou l’Université de Montpellier. Cocorico, d’autres établissements ont également fait leur entrée cette année après la 300e place : les universités d’Aix-Marseille, de Strasbourg, Grenoble-Alpes et Paris-Sud.

 

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