En 1983, Françoise Giroud disait « La femme serait vraiment l’égale de l’homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente. » La réalité des entreprises françaises, c’est qu’elles emploient aujourd’hui presque autant de femmes (48,3 %) que d’hommes (51,7 %). C’est une autre histoire lorsque l’on étudie en effet les chiffres en montant dans la hiérarchie avec un pourcentage féminin chutant drastiquement. La citation n’a pas une ride.

 

D’ici à ce que la prophétie de Françoise Giroud voie le jour, les femmes qui brillent par leur succès professionnel sont à la une. Qui ne connait pas Sheryl Sandberg, N°2 de Facebook, qui fait partie selon Forbes des 10 femmes les plus puissantes du monde ? En véritable ambassadrice des femmes, elle les encourage à conquérir leur place dans le monde du travail. Cette forme d’activisme a libéré la parole et changé le regard sur l’égalité professionnelle et le féminisme, parfois presque considéré comme un gros mot.

Emmanuel Macron avait à cœur de composer un gouvernement paritaire. Même s’il l’a fait davantage sur le plan quantitatif que qualitatif – les hommes conservent les ministères régaliens, et il a finalement préféré un homme pour diriger le gouvernement -, le symbole était là.

 

Et si les quotas ne sont certainement pas un outil parfait, l’expérience montre que sans l’impulsion des lois et règlementations, la situation n’évolue pas aussi vite.

 

La loi sur la parité de 2011 fixait un seuil de 40 % de femmes dans les conseils d’administration en 2017 pour les grandes entreprises françaises. Si la composition des conseils des entreprises du CAC 40 a bien atteint 40,1 % de femmes aujourd’hui, légitimant la règlementation pour faire avancer les choses, ce même pourcentage n’est que de 14,2 % pour les entreprises non cotées mais également concernées par la loi Copé-Zimmerman…

L’engagement des hommes est crucial. La parité est l’affaire de tous, et Obama en a été un bon exemple en s’autoproclamant féministe et en soutenant la réussite des femmes. L’ONU a même mis l’engagement des hommes au cœur de sa campagne HeForShe. +

La prise de conscience collective a naturellement irrigué le monde professionnel et l’enseignement supérieur, où l’on a vu de nombreux réseaux féminins éclore. Ils boostent la confiance des femmes, et les aident dans l’avancement de leur carrière. Accenture s’est fixé l’objectif d’atteindre 50 % de femmes à horizon 2025 sur un groupe de 420 000 personnes, et a également créé le réseau Accent Sur Elles, pour encourager les talents féminins. Audencia pour Elles a été créé en 2009, pour promouvoir le développement professionnel des diplômés de l’école. Audencia a démarré en septembre NégoTraining, un programme d’accompagnement gratuit à la négociation salariale pour les femmes, parce qu’aujourd’hui l’écart entre la rémunération des femmes et des hommes est encore de 17,4 % en France.

L’impact positif pour l’entreprise dépasse la simple valeur éthique et la diversité est reconnue comme un facteur de performance. Les décisions des COMEX seraient plus équilibrées à mesure que la présence féminine y augmente. L’engagement citoyen pour les femmes est aussi un argument de communication servant la marque employeur et l’attractivité de l’entreprise. Un levier intéressant dans la guerre des talents que se livrent les grands leaders de marché. C’est donc aussi un facteur d’attachement et de fidélisation, en lien avec le besoin de sens de plus en plus fort des salariés. L’Accord National Interprofessionnel de 2013 a même fait de l’égalité hommes-femmes un point central de sa politique d’amélioration de la qualité de vie au travail, et met de ce fait ce sujet sur la table des négociations entre les IRP et les employeurs.

Reste à ce que les efforts en la matière ne produisent pas les effets pervers de ce qui serait considéré comme de la discrimination positive. Face à la résurgence de comportements sexistes décomplexés comme celui de Donald Trump, le combat n’est pas encore gagné !