Communiqué de presse :

Une étude d’impact du dispositif #NégoTraining, une formation gratuite à la négociation salariale destinée aux femmes depuis 2017, révèle les avancées professionnelles importantes obtenues par les participantes. Elle valide ainsi l’efficacité de cette action en faveur de l’égalité salariale femmes-hommes.

 

Apprendre aux femmes à négocier leur rémunération, ça fonctionne ! C’est ce que démontre une étude d’impact de #NégoTraining, une formation gratuite de 3 heures pour les femmes, conçue et dispensée par la chaire RSE d’Audencia, dans le cadre de l’Observatoire de la plateforme RSE de la métropole nantaise.

 

#NégoTraining, efficacité prouvée !

Le dispositif, dont Marlène Schiappa est devenue marraine en 2018, tient ses promesses. Six mois après leur atelier, 63% des femmes ont utilisé les techniques apprises, et 51% ont négocié.

91% des participantes ayant négocié ont obtenu une amélioration de leur situation professionnelle : pour 38%, elle concerne une augmentation de salaire, quand 14% obtiennent une prime. 10% réussissent à obtenir une promotion ou un changement de poste. 9% de femmes ont privilégié l’équilibre avec leur vie privée en obtenant une flexibilité de leur temps de travail (télétravail, aménagement d’horaires, etc.). Pour 13% des femmes, la négociation est encore en cours. 4% obtiennent des avantages en nature, comme une voiture de fonction ou un ordinateur portable. À noter, seulement 9% n’obtiennent rien.

Maryse a même pu négocier sur plusieurs points, malgré son sentiment de ne pas être en position de force, car en recherche d’emploi : « J’ai mis en pratique ma formation et j’ai obtenu un stage Pôle Emploi de 10 jours dans une nouvelle structure sur un marché que je connaissais mal pour m’assurer que le milieu me plairait. J’ai négocié mon salaire sans le descendre pour un contrat CDI 35 heures, et j’ai obtenu la date de début de contrat que je souhaitais pour assurer un engagement personnel. Sincèrement, je ne sais pas si j’aurais osé avant votre formation, négocier les 2 derniers points compte-tenu de ma situation de demandeuse d’emploi, d’autant que les rémunérations qui m’étaient proposées lors de ma recherche d’emploi étaient très inférieures (femme de 50 ans en reconversion). »

Il y a fort à parier qu’à un an de la formation, ce chiffre sera encore plus élevé : en effet, parmi celles qui n’ont pas négocié (49%), 69% indiquent n’avoir pas eu l’occasion de le faire dans les 6 mois suivant leur formation. La raison ? La tendance à attendre le moment de l’entretien annuel pour poser ce sujet sur la table.

En tous les cas, la satisfaction des participantes est quasi-totale. 98% recommanderaient #NégoTraining à une collègue ou une proche. De fait, la note qu’elles attribuent au dispositif est de 8/10.

Une confiance en soi restaurée sur le long-terme

Les avancées obtenues par les femmes sont liées à l’amélioration de leur confiance en elle et à leur prise de conscience des inégalités professionnelles à travers l’atelier. Avant la formation, 10% seulement des femmes déclarent être confiantes pour demander une augmentation ou une promotion. Quelques jours après l’atelier, elles sont 64%, et sont toujours 59% six mois plus tard.

 

Un impact positif sur le territoire… et au-delà !

58% des participantes considèrent que #NégoTraining a un impact positif sur l’égalité professionnelle sur le territoire. Un phénomène renforcé par la possibilité pour les participantes de devenir à leur tour formatrices. En effet, les formations étant toujours dispensées par des binômes, chaque formatrice démarre en animant un atelier auprès d’une femme plus expérimentée. Au fil des ateliers, elle devient experte du sujet et peut former à son tour une nouvelle « coach ». Aujourd’hui, on compte 90 formateurs et formatrices NégoTraining (5 hommes), dont 72 participantes formées pour animer les ateliers.

Véronique Thomas, Directrice régionale aux droits des femmes et à l’égalité des Pays de la Loire, explique pourquoi il était crucial d’agir sur le territoire : « Dans les Pays de la Loire, les écarts de salaire sont plus importants que la moyenne nationale (26% d’écart global de salaires, contre 24% en France). Alors que l’écart restant inexpliqué à poste et compétences égales est de 9% au niveau national, il s’élève à 13% dans la région. #NégoTraining va ainsi dans le sens de la loi pour « la liberté de choisir son avenir professionnel », qui oblige maintenant les entreprises à des résultats, et de l’index de l’égalité hommes-femmes. »

Le dispositif, inédit sur le territoire français, a remporté le Trophée Lucie de l’Innov’Action 2018 ainsi que le Trophée Défis RSE dans la catégorie Engagement Sociétal. Egalement déployé auprès des étudiantes d’Audencia, il poursuit son développement au-delà de la région. Le Cotentin, via la Maison de l’emploi de Cherbourg, a mis en place des ateliers en 2018, et la formation sera déclinée dans la métropole angevine en 2019. Des acteurs à Paris, Lyon, Lille, Rennes et Bordeaux se sont aussi rapprochés d’Audencia pour faire bénéficier leur ville de cette initiative.

 

Une formation plébiscitée par les femmes en poste, cadres et nantaises

71% des femmes inscrites sont en poste, et 57,5 % exercent des postes de cadre ou professions intellectuelles supérieures. Ce sont des femmes diplômées : 96% ont au moins un bac +3.

39,3% des participantes ont entre 30 et 40 ans. Elles sont suivies par leurs aînées entre 40 et 50 ans (26,5%) quasiment dans les mêmes proportions que les femmes entre 20 et 30 ans (25,5%). Les femmes entre 50 et 60 ans ne représentent en revanche que 7,7% des femmes formées.

Signe encourageant de la prise de conscience des entreprises en matière d’égalité salariale : 57% des employeurs informés de la participation d’une de leurs employées encouragent la démarche. De façon assez compréhensible, elles ne sont en revanche que 21% à avoir tenu au courant leur entreprise de leur participation.

 

Les données ayant permis d’établir ces résultats sont récoltées auprès des participantes, qui répondent à plusieurs questionnaires, en amont de l’atelier, quelques jours après, et 6 mois après. Les chiffres à 6 mois indiqués concernent les 292 femmes ayant répondu au dernier questionnaire. Les participantes répondent aussi à un questionnaire un an après : ces données n’ont pas encore fait l’objet d’un bilan.

L’étude d’impact complète est téléchargeable à ce lien.