83 % de ceux qui ont négocié leur salaire en cours d’emploi ont obtenu une augmentation et près de la moitié ont accédé au montant demandé selon la dernière étude OpinionWay pour la chaire RSE d’Audencia en partenariat avec KPMG. Nouvelle année, nouvelle résolution : à votre tour de négocier ! Les tips d’Anne-Laure Guiheneuf, Responsable pôle Recherche et Business à Audencia.

 

#1 Penser à négocier

Selon notre étude, un tiers des salariés n’ont jamais négocié leur rémunération et 38 % ne négocient pas à la première embauche. Et pourtant, ça ne doit pas être un non sujet ! L’autocensure est un des principaux facteurs de la non-négociation, plus particulièrement chez les femmes. Ne pas négocier dès son premier emploi, c’est risquer de trainer toute sa vie des écarts salariaux H / F évalués à 3 300 € / an en moyenne.

#2 Forger ses arguments

Mais pour négocier, encore faut-il avoir des arguments solides. Première étape : renseignez-vous sur votre valeur sur le marché, en fonction de votre niveau de diplôme, de votre filière et du territoire sur lequel vous vous implantez. Pour cela, tournez-vous vers des sites emplois – carrière comme LinkedIn ou l’Apec, les grilles salariales proposées par des cabinets d’études (Hays par exemple), renseignez-vous auprès des alumni de votre école ou questionnez des professionnels de l’entreprise. Ce travail minutieux de positionnement vous donnera confiance lors de l’entretien.

#3 Trouver le bon moment

Evitez la méthode bulldozer et privilégiez la subtilité. Lors de l’entretien, attendez d’avoir démontré votre plus-value sur le poste et d’avoir avancé vos arguments pour introduire la question de la rémunération. Car si elle ne doit pas cannibaliser votre argumentaire, elle reste un sujet central. Vous pensez encore que c’est tabou ? Faites-vous violence et entrainez-vous à négocier avec des amis. Se challenger pour ne pas être déstabilisé le Jour J, c’est ça le secret.

N’attendez pas que votre augmentation arrive naturellement. Prenez les devants : 100 % des gagnants ont tenté leur chance !

#4 Faire preuve de flexibilité

Plutôt que d’annoncer un chiffre, incitez l’employeur à s’exprimer en premier sur le sujet. Introduire votre échange par une phrase du type « je suppose que vous avez prévu une enveloppe pour ce poste ? » pousse l’employeur à se positionner et à vous donner une base pour négocier. S’il ne vous donne pas de chiffre, à vous de jouer ! Indiquez-lui la fourchette que vous avez estimée pour ce poste. Pour cela, il faudra avoir réfléchi en amont  à votre salaire seuil (une barrière symbolique en dessous de laquelle vous refusez de descendre) et à votre salaire idéal. En indiquant une fourchette, vous renvoyez une image de flexibilité et d’ouverture à la négociation. Votre meilleure alliée pour avoir gain de cause.

#5 Penser package de rémunération

Votre employeur est encore un peu réticent ? Donnez-lui de nouveaux signes de flexibilité. Pourquoi ne pas se mettre d’accord sur une augmentation progressive ? Vous pouvez aussi prendre en compte d’autres paramètres pour enrichir votre rémunération (une part variable, un 13e mois…) ou vous faire gagner en qualité de vie (télétravail par exemple). Mais si vous partez sur ce type de scénarios, il est indispensable de formaliser votre accord par écrit avec des échéances et des conditions claires.

Le timing idéal pour demander un entretien ?

Il dépend de la culture de votre entreprise. Si l’entretien annuel est le moment ou jamais, préparez-le avec minutie. Si votre entreprise est moins formelle, lancez-vous au moment où tous les indicateurs sont au vert pour vous. Vous venez de remporter un gros contrat ou de mener à bien un projet important ? C’est le moment de demander un entretien sur votre développement de carrière !