Traditionnellement, faire carrière dans une grande société du CAC 40 a été le modèle dominant de la réussite professionnelle. En particulier pour la génération X. Il serait faux de penser que cette approche de la vie professionnelle est révolue. Cependant, nous vivons probablement un changement de paradigme, à un moment charnière où deux mondes coexistent.

 

Pour reprendre la célèbre citation d’Antonio Gramsci. « C’est un vieux monde qui survit et un nouveau monde qui tarde à apparaître ». Arriver à séduire les nouvelles générations ne relève plus pour les grandes sociétés d’une simple cosmétique communicationnelle mais d’une meilleure connaissance des évolutions sociétales.

Attirer

A notre époque, le travail et sa représentation pour les jeunes générations est en complète transformation, sans pour autant voir l’émergence de comportements diamétralement différents, en rupture avec ceux de leurs aînés. Cela relève du défi, pour certaines organisations, de continuer à attirer et recruter des personnes authentiquement motivées et pas seulement intéressées d’un point de vue financier ou du fait de la sécurité que procure l’appartenance à une grande entreprise du CAC 40.

Pour tenter de répondre à cette problématique des grandes entreprises, que pourrait-on proposer de nouveau ? Probablement pas le nième plan de communication, car les conseils en la matière devraient être contingents et s’adapter à différents types d’organisations. Il serait cependant très utile de mieux cerner les contours de ce nouveau paradigme sociétal, porté par les générations qui seront prochainement en poste.

Cibler et comprendre

Les sociologues s’entendent assez bien sur la coexistence des mutations que nous allons tenter d’évoquer succinctement.

L’individualisme est une des valeurs phares de notre civilisation. Elle met au centre des préoccupations de chacun l’individu, sa différenciation et sa volonté de parvenir à conquérir des postes enviables, avec les attributs du pouvoir et de la réussite sociale. Les jeunes générations ont cependant une expérience de l’altérité qui est toute autre. Habitués à échanger sur les réseaux sociaux, ils ont, dés leur plus jeune âge, appris à coopérer et à pratiquer une forme de solidarité qui ne dit pas son nom. Selon ce mode d’échange, les relations sont horizontales et chacun respecte non pas la fonction, l’attribut, mais la compétence démontrée. Une certaine forme d’authenticité, basée sur la recherche de solutions innovantes est un point important à avoir compris, pour quiconque souhaite recruter les futures générations.

Une autre caractéristique saillante de nos sociétés est le principe même de la consommation qui reste pour beaucoup un attribut de réussite et de bonheur. Là où la quantité des biens acquis pouvait servir de repère existentiel, de nouveaux modèles voient le jour ça et là, mettant cette fois au centre des valeurs partagées : la sobriété, le partage, la rareté. La valeur d’usage semblerait donc prendre le pas sur la valeur marchande. Nos jeunes voudraient agir avant de posséder car, pour eux, posséder ce n’est pas vivre. Cette posture serait bien sûr à resituer dans un contexte de limitation des ressources naturelles mondiales que nous connaissons désormais tous.

La rationalité a été le sous-bassement structurel et organisationnel de nos sociétés industrielles et post industrielles. Même si le monde est en grande partie construit à partir de « modèles mathématiques », la part de l’émotion, de l’intuition et du corps a plus de légitimité pour les jeunes générations. Portées à aimer, à détester, à ressentir avant d’analyser, elles expérimentent et recherchent l’intelligence émotionnelle et relationnelle. Ceci est une véritable prise de pouvoir sur ce qui a fondé les grandes réussites du passé. Personne ne penserait plus maintenant vendre de nouveaux smartphones en ventant les nouvelles capacités des microprocesseurs mais bien sûr en valorisant plutôt l’expérience émotionnelle du client.

La valeur du travail a également changé. Là où l’utilitarisme était la justification des efforts consentis pour atteindre un objectif, désormais la création, l’inutile, le « fun », le futile deviennent aussi essentiels que l’air que l’on respire. Il est devenu essentiel de passer un bon moment, d’ « être » avant de « vouloir devenir », de s’ajuster aux autres pour être ensemble, et ensuite, construire des solutions. Ressentir est presque plus important que d’atteindre un résultat attendu, demandé.

Trouver des solutions pour développer l’attractivité des grandes sociétés vis-à-vis des jeunes générations nécessite très certainement de prendre la mesure des nouvelles attentes qui sont parfois assez loin des certitudes qui ont permis les grandes réussites du passé. Même s’il n’est pas possible de cerner ces évolutions en si peu de temps, retenons plusieurs points, déjà identifiés par un grand nombre de chercheurs en sciences sociales et humaines.

  1. Remettons l’individualisme en question, par la recherche du collectif et de solutions collaboratives.
  2. Proposons de consommer autrement, en particulier par le partage des ressources et des moyens.
  3. Valorisons l’émotionnel sur la rationalité.
  4. Rendons le futile et l’inutile comme principes fondateurs de toute créativité.
  5. Cherchons la qualité de la relation avant la multiplication des échanges convenus.

en savoir plus sur l’auteur :

 

Michel Dalmas @Let it be

Michel Dalmas
Enseignant Chercheur et Docteur en Sciences de Gestion EMLV

 

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