Accompagner, acculturer sans jamais imposer : c’est la méthode choisie par SKEMA pour aider ses étudiants à (co)construire un futur durable. Regards croisés d’Alice Guilhon, directrice générale de SKEMA BS et Hugo Coufort, étudiant en L3 et Président du BDE de SKEMA Lille.
Un futur durable et désirable, ça sous-entend quoi ?
Alice Guilhon. Pour être durable, il doit s’inscrire dans la pérennité de l’Humanité, du vivant, de la protection de nos habitats et de notre planète nourricière. Mais pour être désirable, il ne peut pas être imposé. L’étude Youth Talks (ndlr : publiée il y a un peu plus d’un an par un réseau international de partenaires dont fait partie SKEMA) constate d’ailleurs que les jeunesses souhaitent qu’on les laisse prendre leur place dans cette société morcelée, qu’on les aide à trouver les valeurs et vertus nécessaires pour agir ensemble – avec les dirigeants, mais aussi avec les jeunesses du monde qui ne partagent pas forcément leur vision – sur des projets communs. Et malheureusement, elles nous disent aujourd’hui ne pas encore avoir cette place.
Les jeunesses estiment qu’on ne leur donne pas la place pour agir, mais veulent-elles vraiment la prendre ?

HC. La Génération Z souffre de nombreux stéréotypes, alors qu’elle veut travailler et participer à la construction du monde de demain. Mais cela suppose de l’écoute et de la compréhension mutuelle, sans clichés ni préjugés.
AG. Les jeunesses ont envie de prendre leur place… mais le chemin est très compliqué. En politique, en économie : entre le plancher collant et le plafond de verre, c’est très difficile pour les jeunes qui veulent monter en puissance. Les jeunesses sont diverses, elles veulent donner leur avis et s’engager. Mais elles en ont ras le bol de se voir en creux dans la société. Elles se disent : si on ne nous demande jamais l’heure, à quoi bon la donner ?
SKEMA veut préparer les jeunes générations du monde entier à devenir des leaders et décideurs engagés durablement. Mode d’emploi ?
AG. Nous avons créé SKEMA Transitions pour les impliquer autour de trois grands axes fédérateurs (diversités, empreinte carbone et digital for good) et révisé nos programmes, contenus et recherches à l’aune de ces enjeux. Parmi les projets emblématiques, je citerais le parcours BEST (Business Environmental & Social Transformations), proposé dès la 1A aux étudiants qui veulent approfondir ces sujets. Mais aussi nos masters qui conjuguent sustainability avec entrepreneuriat, finance ou management. Sans oublier nos publications de recherche, dont près de 50 % sont en lien avec les enjeux des transitions.
Comment cette dynamique se traduit-elle dans la vie asso ?
HC. Depuis un peu plus d’un an, nous essayons de sortir des stéréotypes du « BDE d’école de commerce ». Nous sommes le Bureau de tous les étudiants et nous devons donc donner à chacun la possibilité de s’épanouir. On organise des soirées et des événements bien sûr, mais en les alignant toujours avec ces enjeux de responsabilité : tarifs attractifs, labellisations, sensibilisation et prévention (alcool, VSS, santé mentale etc.), opérations de dons de sang… Des actions que nous menons avec le soutien des responsables Vie associative de SKEMA. A titre personnel, je souhaite pousser la valorisation de l’engagement associatif à SKEMA à travers des formes de reconnaissances toujours plus concrètes : attribution de crédits ECTS, labels, badges etc. comme évoqué dans la dernière enquête de la CGE.
Votre message aux étudiants de SKEMA pour participer à ce futur durable ?
AG. Il est plus que temps que leur engagement soit réel et entendu, et nous devons en être les accompagnateurs. Mais ils vont être citoyens d’un monde fracturé et ils doivent donc trouver une vision juste dans le respect, de l’écoute et de la co-construction. Le grand challenge du 21ème siècle, c’est de savoir adresser la diversité. Alors apprenez, confrontez-vous positivement, trouvez votre voix dans cette révolution sociétale et portez là pour créer le futur que vous avez envie de voir advenir, pas un futur que vous allez subir.
Et aux dirigeants ?
HC. Faites confiance aux jeunes, écoutez-nous, intégrez-nous aux décisions. Soyez ouverts à nos idées même si elles bousculent l’ordre établi et les habitudes : c’est comme ça qu’on apprend et qu’on fait bouger les lignes !