interview Alice Guilhon SKEMA
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Le dilemme – Baisse de la démographie vs baisse de la sélectivité dans les écoles de commerce ? – L’interview d’Alice Guilhon (SKEMA)

Alice Guilhon, directrice de SKEMA, partage son regard sur le défi démographique auquel fait face l’ESR aujourd’hui, ses conséquences sur la sélectivité et la qualité des formations en management. L’occasion de revenir sur la stratégie de l’école pour attirer les meilleurs talents.

Ce contexte de baisse démographique des étudiants français vous inquiète-t-il pour l’avenir de SKEMA ?

Nous avons créé SKEMA il y a 17 ans comme une plateforme mondiale, ce afin de s’extirper de toute dépendance à des phénomènes conjoncturels d’un ou plusieurs pays. Depuis, nous n’avons eu de cesse d’augmenter nos barres pour être toujours plus sélectifs et poursuivre notre trajectoire d’hyper excellence, pour laquelle nous sommes d’ailleurs reconnus dans le monde aujourd’hui. Ce décor étant posé, je rappellerais également que 80 % de notre croissance d’ici cinq ans viendront des USA, de la Chine, de Dubaï et d’Inde. Grâce à notre structure mondiale, nous pouvons équilibrer les effets de balancier et donc ne jamais abdiquer sur le front de la sélectivité. Si je parle uniquement pour SKEMA, aujourd’hui, l’incapacité du gouvernement à prendre des décisions sur le privé lucratif et à imposer des choses qualitatives, m’inquiète plus que la baisse de la démographie.

Le vrai danger se situe donc clairement du côté des officines ?

Quelle que soit leur place dans la liste, les écoles de la CDEFM ont toutes monté en qualité ces dernières années. Mais elles ne peuvent effectivement pas toujours lutter efficacement contre des officines privées qui consacrent 20 à 30 % de leur budget à la communication et au marketing. A titre de comparaison, la communication et le marketing ne représentent que 2 à 5 % du budget de SKEMA ! Aujourd’hui, on sur-régule les établissements qui font de la qualité et on laisse les autres faire n’importe quoi. On nous fait courir le 100 m avec deux boulets aux pieds ! Le gouvernement doit donc impérativement nous aider à faire mieux comprendre notre modèle aux jeunes et à leurs familles, tout en étant sans pitié avec ceux qui entrent sur le marché de l’éducation pour vendre du vent et faire du fric. Si les gamins séduits par les officines revenaient dans des écoles de la CDEFM, le problème de la baisse démographique serait réglé !

Pour la 7ème année consécutive SKEMA est l’école la plus choisie par les candidats à la BCE. A quels facteurs attribuez-vous ce succès ?

Je le redis : à notre modèle unique de plateforme mondiale. Depuis 20 ans, nous sommes des local players, nous avons des sites reconnus par l’Etat français et les Etats locaux, offrant à nos élèves la possibilité d’étudier, d’avoir une vie associative, de travailler et de s’insérer partout dans le monde. Nous avons aussi beaucoup travaillé sur la différenciation de nos contenus. A titre d’exemples, en 2015, quand tous nos concurrents étaient encore dans le métavers, nous investissions dans l’IA pour tous nos programmes et nous ouvrions notre centre d’IA à Montréal. En 2013, nous recrutions déjà des profs de prépa : tout le monde prédisait qu’on allait se planter… alors qu’on ne compte plus les écoles qui nous ont emboité le pas depuis. Nous avons aussi poussé très tôt les curseurs sur la géopolitique, en créant notre école de géopolitique. Les candidats savent que nous avons une offre archi-complète dans le monde et que nous sommes une valeur sûre. SKEMA c’est la garantie de l’emploi à l’international, dans des boites hyper exigeantes, tant que sur le contenu, que le savoir-être et le potentiel technologique. Et c’est sans doute de cet alignement très fort entre notre stratégie, nos moyens, nos objectifs et nos résultats, que découle la différence de valeur de nos diplômés. Les Skémiens ont l’humilité des grands, pas l’arrogance de ceux qui se croient grands.  

« SKEMA démontre qu’on peut être pionniers, même dans l’Enseignement supérieur. On nous dit que d’autres écoles deviennent des plateformes mondiales ? C’est vrai que nous sommes largement suivis… sauf que personne n’a jamais réussi à copier notre modèle dans son intégralité ! A SKEMA, on a toujours regardé devant. Jamais derrière. Jamais sur les côtés. »