Julien Roitman (Supelec 70 - UPMC 71), Président d’IESF

Julien Roitman (Supelec 70 - UPMC 71), Président d’IESF

Celui qui fait que ça marche
Rappelons ce qu’est un ingénieur : c’est « celui qui fait que ça marche ». Ingénieux, créatif, leader, son objectif est de traiter pour le résoudre un problème technique, économique ou sociétal. Sa mission s’étend depuis la conception, qui exige un bagage de connaissances scientifiques et techniques, de l’expérience et de l’inventivité, jusqu’à la réalisation qui l’amène à opérer des choix techniques, à manager une équipe, à mener à bien le projet envisagé, à en tenir les coûts, la qualité, les fonctionnalités et les délais.

 

Un changement qui s’accélère
Les choses changent, et de plus en plus vite : si les fondamentaux perdurent, on constate une accélération du progrès, une imbrication entre les technologies, l’apparition de systèmes complexes, la pénétration du numérique, la miniaturisation, etc… Il a fallu des dizaines d’années pour généraliser l’usage du téléphone, quinze ans pour la télévision, six mois pour l’iPhone. Autrefois on entrait dans une entreprise pour la vie : une fois son diplôme en poche, l’ingénieur savait qu’il y passerait sa carrière dans sa spécialité. Le progrès était alors continu, aujourd’hui l’innovation procède par bonds.

 

Un avenir incertain
La seule chose dont soit sûr le jeune diplômé d’aujourd’hui, c’est qu’on n’est plus sûr de rien. Il sait qu’au cours de sa carrière il devra changer plusieurs fois d’entreprise, de lieu de travail ou de résidence, de spécialité voire de métier. Le socle de connaissances est toujours indispensable, mais il ne suffit pas à garantir l’avenir. L’ingénieur doit se préparer à affronter l’inattendu, à opérer dans des environnements techniques et culturels inconnus, à s’adapter avec souplesse à de nouvelles conditions de travail. Il va lui falloir innover, entreprendre, prendre des risques.

 

Un éventail de compétences
En classe préparatoire l’élève ingénieur se forge des capacités d’apprentissage et de méthodologie. Les années d’école lui donnent ensuite une large culture générale scientifique et technique qui lui permet de s’adapter avec facilité à des domaines différents de sa spécialisation et de s’attaquer à des systèmes complexes multidisciplinaires. Compétences, réflexion, mais aussi réflexes d’action.

 

Un entrainement de terrain
Depuis longtemps déjà les écoles d’ingénieurs ont compris que la solution ne résidait pas seulement dans l’accumulation de connaissances, mais aussi dans l’expérience de terrain : stages en entreprise, projets industriels et visites d’usines, sont autant de baptêmes du feu pour l’élève ingénieur qui se retrouvera opérationnel à la sortie avec son diplôme en poche : mieux qu’un titre, l’école lui a donné un métier.

 

Les entreprises, un atout maître
Autre atout, la très grande proximité des écoles avec les entreprises, représentées dans leurs comités de direction et leurs conseils d’administration, siégeant à leurs comités d’orientation. Elles y apportent leur perception avancée des tendances technologiques et leur prévision des évolutions de marché, donnant ainsi plusieurs coups d’avance à ces écoles qui peuvent adapter leur programme d’études au fur et à mesure.

 

Comment former des ingénieurs aujourd’hui à des métiers qui n’existent pas encore ?
Il y a certes de nouvelles disciplines et de nouvelles techniques mais le métier d’ingénieur ne change pas, alliant savoir et savoir-faire. Les recettes de formation, de formatage, restent toujours valables.

 

Par Julien Roitman, Président d’IESF