Les secteurs qui buzzent, les métiers en tension, les skills made in France ultra-plébiscitées sur place, les grandes entreprises présentes… On décrypte pour vous les opportunités en Nouvelle-Zélande. Tout ce qu’il faut savoir pour y débuter et y réussir sa carrière se trouve ici.
La Nouvelle-Zélande a le vent en poupe. En 2024, le pays a ainsi enregistré une année touristique record avec une hausse de 12 % du nombre de visiteurs étrangers. Une attractivité synonyme d’opportunités économiques, à commencer par les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration, des activités de loisirs et des services. Preuve de ce dynamisme, la Nouvelle-Zélande a été placée par la Banque mondiale pendant 4 années consécutives en tête des pays où il était le plus facile de faire des affaires (selon le rapport annuel Doing Business), saluant en particulier les domaines des services financiers, l’accès à l’activité et l’implantation des entreprises. Mais le pays a bien d’autres atouts, notamment pour de jeunes dip’.
Destination nature et terre d’accueil
Premier atout de la Nouvelle-Zélande : sa qualité de vie. Dans ce pays de 268 000 km² et de 5,3 millions d’habitants, vous n’êtes jamais très loin de la mer. Pas étonnant qu’Emirates Team New Zealand soit ainsi la première équipe à décrocher trois victoires consécutives dans la prestigieuse America’s Cup. Les amateurs de voile sauront apprécier. Bien connu des fans de rugby et du Seigneur des anneaux, le pays regorge de sentiers de randonnée entretenus par le ministère de la Conservation dont le but est de valoriser la nature en tant que patrimoine. Le pays est loin de la France ? S’expatrier à l’autre bout du monde a aussi des avantages. Ici, vous êtes à quelques heures de vol à peine de l’Australie, de la Nouvelle-Calédonie et de la Polynésie française. Côté urbain, les trois plus grandes villes du pays offrent toutes un cadre de vie d’exception. Si Auckland, centre économique du pays, se montre particulièrement dynamique, Wellington, la capitale administrative, propose une offre culturelle très riche et variée. Quant à Christchurch, elle a su se reconstruire après le tremblement de terre de 2011 en misant notamment sur la nature. Benjamin Voyer, professeur au département Entrepreneuriat d’ESCP et directeur scientifique de la Chaire Cartier – ESCP – HEC Turning Points, connaît très bien ce pays pour s’y rendre chaque année depuis 12 ans. « La culture y est extrêmement ouverte et accueillante. L’humilité est ici très importante. Chacun essaie de faire avancer les choses, créant un équilibre de vie très attractif. Je suis en lien avec le directeur général de Cartier en Nouvelle-Zélande. À peine débarqué avec sa famille le 22 décembre, il était déjà convié à passer Noël chez un Néo-Zélandais ! »
Les secteurs qui cartonnent
Auckland concentre un tiers de la population et les plus grandes entreprises mondiales et françaises, principalement dans le tourisme (Accor), le luxe (Cartier, LVMH, L’Oréal), le transport / la logistique (Bolloré, Groupe PSA), l’énergie / l’environnement (Veolia, Air Liquide), la construction (VINCI) et l’agroalimentaire (Danone, Lactalis). « La Nouvelle-Zélande séduit les nouvelles générations par son faible niveau hiérarchique : en entreprise, les relations sont très informelles favorisant très rapidement l’exercice de responsabilités. De plus, le Visa Vacances Travail autorise les jeunes adultes de moins de 30 ans à passer des vacances en Nouvelle-Zélande avec la possibilité de travailler. » Le pays se classe également à la 4ᵉ position mondiale en matière d’égalité entre hommes et femmes.
Les métiers qui recrutent
Les perspectives ne manquent pas pour les jeunes Français dont les compétences sont très appréciées. Que ce soit en hôtellerie, en communication ou en marketing, l’excellence française est reconnue. Une autre possibilité de tenter l’aventure néo-zélandaise est d’y étudier dans le cadre d’un MBA, d’un Master ou d’études spécialisées. « À ESCP, c’est une destination en vogue pour les étudiants allemands qui sont nombreux à y effectuer leur année de césure. Pour de jeunes dip’, c’est un pays qui offre de belles carrières et surtout une approche du monde très différente. C’est un bon mix entre une destination de confiance et une dose d’exotisme. » À bon entendeur, ESCP Business School travaille à développer un partenariat avec l’université d’Auckland avec laquelle elle collabore déjà au niveau recherche.

3 questions à Caroline Le Goff (HEC Paris 19), Project Manager à Auckland en Nouvelle-Zélande
Caroline le Goff a quitté la France il y a plus de cinq ans avec son conjoint. Objectif : vivre une expérience à l’étranger tout en étant plus proche de la nature et en bénéficiant d’une belle qualité de vie. Après une visite au forum Expat à Paris, leur choix se tourne vers la Nouvelle-Zélande et du Visa Vacances Travail qui leur permet de travailler dans n’importe quelle entreprise pendant un an, leur laissant ainsi l’opportunité de tester avant de s’engager à plus long terme. Cinq ans après, ils sont ravis de réaliser leur rêve de pouvoir aller randonner ou surfer le week-end.
Vous travaillez chez un leader des technologies médicales. Quelles sont les opportunités dans ce secteur ?
La Nouvelle-Zélande est un petit pays. C’est pourquoi la plupart des grandes entreprises dans le médical ont, soit une petite représentation sur place pour la commercialisation et le support technique des produits, soit gèrent l’activité depuis l’Australie. Siemens Healthineers détient une importante part de marché dans le secteur de l’imagerie médicale en Nouvelle-Zélande. Autre grande entreprise du pays : Fisher & Paykel Healthcare, qui développe principalement des ventilateurs innovants pour les hôpitaux, et qui a joué un rôle crucial pendant la pandémie du Covid. Les secteurs de la construction et de l’agroalimentaire sont aussi des secteurs porteurs en Nouvelle Zélande.
Quels sont les atouts des jeunes diplômés français qui veulent travailler en Nouvelle-Zélande ?
La Nouvelle-Zélande a une approche assez différente de la formation et de l’acquisition de compétences. La plupart du temps, les formations sont assez spécialisées et l’entrée sur le marché du travail se fait assez rapidement car l’expérience est très valorisée, beaucoup plus que les diplômes. Les gens évoluent ainsi principalement par expérience, à travers une approche très pragmatique. À l’inverse, la France, valorisant davantage une formation généraliste, les Français sont appréciés pour leur vision d’ensemble et leur approche structurée du travail. Pour se lancer dans la recherche d’emploi en Nouvelle-Zélande, je conseillerais de prendre contact avec la Chambre de commerce française sur place et de consulter les opportunités. Le volontariat international en entreprise (VIE) peut également être une porte d’entrée.
Un conseil à adresser aux jeunes talents ?
Ça peut faire peur de s’aventurer dans un pays aussi lointain, mais ça en vaut vraiment la peine. Notre début de carrière en Nouvelle-Zélande s’est avéré un peu difficile car nous sommes arrivés un mois avant que le Covid ne paralyse le monde. Jamais nous n’aurions imaginé une telle situation à notre départ. Elle s’est accompagnée de stress mais aussi de belles rencontres et expériences avant que nous ne trouvions des emplois plus classiques. Et nous en sommes ressortis beaucoup plus résilients et flexibles.