Directeur général des Arts et Métiers depuis 2017, Laurent Champaney se livre sur son rôle de manager, sa passion de la transmission, ses relations avec les Gadz’arts et son engagement pour les talents de demain. 

 

Votre parcours professionnel ?

J’ai été formé à l’ENS de Cachan. Doctorant et agrégé de sciences de l’ingénieur, j’ai toujours baigné dans l’enseignement même si j’y ai régulièrement changé de statut et d’établissement. D’abord enseignant-chercheur à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, j’ai ensuite dirigé un département à l’ENS Cachan avant d’être professeur invité à UC Berkeley. Je suis entré aux Arts et Métiers en 2012 en tant que Directeur Général Adjoint en charge des Formations.

Diriger une école : une vocation ?

Je ne m’imaginais pas devenir directeur d’école. J’ai toujours pris des risques et c’est ce qui m’a permis d’acquérir facilement des responsabilités. Il faut accepter les défis.

Comment définiriez-vous votre rôle de directeur ?

Comme celui d’un guide. Je dois donner la direction et faire en sorte que tout le monde, sur chaque campus des Arts et Métiers, me suive. C’est aussi une fonction qui demande d’assurer d’importantes responsabilités. L’école étant un établissement public d’enseignement supérieur, il y a un transfert de responsabilités de l’Etat vers moi.

Votre signature de manager ?

L’écoute. J’essaye toujours de comprendre le contexte et les problématiques de chacun pour manœuvrer au mieux. Je suis aussi à l’écoute de ce qui se passe à l’extérieur des Arts et Métiers, avec la Conférence des Grandes Ecoles (CGE) dont je suis Vice-Président Ecoles, ou encore les lycées et classes préparatoires. Cela me permet d’avoir une bonne vision de cet écosystème complexe qu’est l’enseignement supérieur.

Quelle est votre relation avec les étudiants ?

Alors que je pourrais déléguer cette tâche, je passe beaucoup de temps avec les étudiants et notamment avec les représentants des étudiants pour mieux connaitre les enjeux de la vie de campus. C’est important que le directeur général reste en première ligne.

Et avec les Gadz’arts, la plus grande communauté d’alumni française ?

J’ai à cœur d’échanger avec eux pour retrouver des relations plus apaisées. Comment ? Là encore, par l’écoute et la compréhension de leurs attentes et de leurs problématiques. C’est ainsi que nous avons petit à petit réussi à trouver notre complémentarité. Ensemble, nous construisons l’histoire et l’identité de l’école, de ses étudiants et de ses diplômés. Ayant moi-même des enfants qui terminent leurs études, je comprends un peu mieux les préoccupations des jeunes !

Quelle est la plus belle évolution de l’école depuis votre arrivée au poste de directeur ?

L’achèvement de sa transformation initiée il y a déjà une dizaine d’année. Ce passage d’une école d’ingénieurs centrée sur la formation à un véritable acteur de l’enseignement supérieur, capable d’assurer l’accompagnement de ses étudiants vers le monde de l’entreprise.

Et en cette année particulière, quel est le projet dont vous êtes les plus fier ?

La digitalisation et la dématérialisation étaient des sujets que je souhaitais booster : moins de papier, plus de cours en ligne, une gestion documentaire numérique accrue… Evidemment, avec la situation de crise actuelle, tout s’est accéléré et j’ai eu le plaisir de constater que nous avions déjà bien préparé le terrain. La mise en place du distanciel s’est passée sans accroc. Ça me donne de grandes perspectives pour l’avenir.

Votre rêve « fou » ?

J’ai envie de revenir au concept initial de l’école : une « usine-école » avec des ateliers et des machines industrielles sur lesquelles s’exercer. Retrouver des ateliers, avec une couche digitale, me semble être un élément essentiel de la formation à l’industrie du futur. Un rêve en train de se réaliser !

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