Le point commun de Fouziya Bouzerda, directrice de GEM (Grenoble Ecole de Management) et Axelle Anthoine, Présidente de GEM ONU 2025-2026 ? Leur engagement et leur détermination ! Elles croisent leurs visions du futur responsable.
Défi : vous avez 15 secondes pour définir le futur responsable !

Axelle Anthoine. C’est un avenir où on ne se concentre plus totalement sur la recherche de performance économique mais où chaque action, chaque décision est pensée dans un impact global. La durabilité et l’équité y sont des piliers, pas des contraintes.
Fouziya Bouzerda. Une école qui se projette dans un futur responsable doit former des leaders qui maîtrisent la complexité des savoirs et qui l’appréhendent dans toutes ses contradictions. Cela requiert de l’engagement, de la lucidité, une capacité à agir pour transformer.
Commet vos engagez-vous personnellement en ce sens ?

AA. Je suis engagée en tant que citoyenne, étudiante et présidente de l’association de diplomatie et de géopolitique GEM ONU. J’essaye d’y promouvoir la coopération internationale, l’éducation à la paix, l’esprit critique et l’ouverture aux autres, de sensibiliser ma génération aux défis globaux et l’inciter à être concrètement actrice de ce futur responsable.
FB. J’ai des décennies d’engagement derrière moi. Il y a quelques années, ce parcours m’a amenée vers l’enseignement supérieur. Société à mission, GEM est pleinement cohérente avec les valeurs sociales et sociétales que j’ai toujours portées, que ce soit en tant qu’avocate, dans le monde associatif, au sein du SYTRAL (syndicat mixte des Transports de l’agglomération lyonnaise ndlr.), ou en politique. La politique m’a d’ailleurs beaucoup éclairée sur la résilience et l’insistance nécessaires pour changer les choses sans se décourager, car on commence toujours par vous dire que ce n’est pas possible ! Il n’y a pas une mission où je ne me sois pas engagée pour le futur responsable. Je suis une citoyenne, une directrice d’école, une mère de famille : j’ai toutes ces identités, je veux toutes les assumer et les lier. Aujourd’hui, je participe à la formation de celles et ceux qui seront en responsabilités demain. En leur donnant les bonnes compétences, en éveillant leur esprit critique et en les ouvrant au monde de façon bienveillante, l’école joue un rôle puissant dans ce futur responsable.
Un monde qu’il faut comprendre et anticiper : c’est pour ça que GEM renoue avec la géopolitique ?
FB. Nous ne l’avons jamais abandonnée ! GEM a signé son premier double diplôme avec l’IRIS il y a 20 ans déjà. Partenariat que nous renforçons cette année en coorganisant les 28 et 29 novembre Les Géopolitiques de Grenoble, où étudiants, experts, diplomates et décideurs vont échanger sur les grands défis internationaux. GEM a également signé un partenariat avec l’IHEDN via l’ouverture de Cycles Jeunes IHEDN autour des enjeux de défense, de souveraineté et d’intelligence économique.
AA. Je veux être avocate et le combo droit / diplomatie est très logique pour moi. Je voulais rejoindre GEM ONU avant même de savoir si j’étais prise à GEM ! Avec l’asso, nous participons à des simulations de séances à l’ONU. On y incarne un pays que l’on n’a pas choisi ou que l’on ne connait pas bien : il faut donc savoir mettre ses propres valeurs et convictions au second plan. Notre jugement personnel ne peut pas impacter nos résolutions. Ça peut être assez dur mais ça nous prépare très bien à construire ce futur responsable.
Votre message aux étudiants de GEM pour le construire, justement ?
FB. C’est le moment de prendre des risques et de faire des erreurs : GEM est là pour vous aider à vous réaliser. Mais gardez toujours à l’esprit l’importance de continuer d’apprendre à apprendre. C’est le meilleur moyen de lutter contre l’obsolescence des compétences et des connaissances et donc, de pouvoir s’émanciper. Il n’y a pas de fatalité de parcours. Comme moi, l’égalité et le respect de la différence sont importants pour vous. Vous me bluffez tous les jours : je crois beaucoup dans votre génération !
Et aux dirigeants ?
AA. On a autant besoin de vous que vous avez besoin de nous. Vous avez l’expérience et le savoir, nous avons des convictions et l’envie de faire : ça serait dommage de ne pas nous prendre en considération juste parce qu’on est jeunes. Comme dit mon père : le futur responsable ne se décrète pas, il se construit à plusieurs générations, main dans la main.