Alors qu’elle vient tout juste de fêter les 10 ans de SKEMA Business School, sa DG Alice Guilhon se livre sur son rôle de manager et son engagement pour cette école déjà prête à relever les défis du « monde d’après ».

 

 

Etre DG d’une grande école ça veut dire quoi ?

Alice Guilhon, directrice générale de SKEMA Business School – Crédit Loras Photography

Dans un environnement aussi particulier que le nôtre, un dirigeant puise sa légitimité dans l’académique et la thèse est un bon sésame pour être respecté par ses pairs. Il doit aussi savoir élaborer une vision, faire exécuter sa stratégie et manager des corporatismes très différents, comme un directeur d’hôpital par exemple. Il est enfin capable de vivre parmi ses pairs, de contribuer à l’évolution de notre modèle par son implication. Aujourd’hui, DG est aussi un terme qui se conjugue bien au féminin et c’est une bonne chose !

 

La crise du Covid a-t-elle changé votre façon de manager ?

SKEMA a une structure multi-site avec sept campus, alors le management à distance, on le pratique depuis 10 ans ! Si elle n’a pas changé ma façon de manager, cette crise a été un accélérateur de notre plan stratégique 2020 -2025, notamment sur nos investissements dans le digital. Même si nous étions prêts à passer en 100 % distanciel, la brutalité des événements a été ressentie, particulièrement chez les étudiants. Faire revenir 3 000 jeunes dans leur pays d’origine en quelques jours, c’est inédit et nous avons tout mis en œuvre pour être constamment à leurs côtés.

 

Votre feuille de route a-t-elle changé ?

Elle allait déjà dans le bon sens, la crise a accéléré notre capacité d’adaptation. Nous allons dérouler notre feuille de route tout en revoyant des contenus de programmes pour insister encore plus sur la transition écologique et sociale, la RSE ou la gestion de risques à l’international.

 

Quels sont désormais les gros dossiers sur votre bureau ?

En septembre, les rentrées hybrides bien sûr et la poursuite du déploiement de notre plan stratégique.

A SKEMA, j’ai la chance d’avoir un comité exécutif d’un calibre exceptionnel alors, ces derniers mois, j’ai pu consacrer presque 70 % de mon temps aux dossiers que je gère en tant que Présidente du Chapitre des écoles de management de la Conférence des Grandes Ecoles. Je vais d’ailleurs continuer de m’investir pour accompagner les écoles françaises dans les dispositifs post-Covid.

 

Votre secret de dean pour garder le cap ?

J’ai une capacité de résistance très forte. Jeune, je faisais du tennis de compétition et je suivais mes cours par correspondance : faire ses exercices de latin et de grec après 8h de sport, je vous assure que ça apprend à travailler vite et à gérer son stress ! Gérer la crise demande de la résilience et la mienne est grande. Je relativise beaucoup, j’ai un mode de fonctionnement très collectif et j’ai la chance d’être entourée, tant à SKEMA qu’au Chapitre, d’un collectif soudé.

 

Vous avez coutume d’appeler les étudiants « les petits ». Pourquoi ?

Parce qu’à toutes les rentrées ils ont le même âge alors que moi j’ai une année de plus ! Je passe beaucoup de temps avec eux et leur donne toujours du crédit. Ils nous font confiance pour les aider à comprendre le monde extérieur et notre responsabilité vis-à-vis d’eux est donc écrasante : s’ils sont petits, à nous de les aider à grandir. Je mise sur eux pour transformer la société et être à leurs côtés c’est le meilleur service à rendre aux sociétés mondiales.

 

Votre message à la communauté SKEMA ?

Un message optimiste ! Ces derniers mois, nous avons appris ensemble à gérer des choses inédites, à mieux se respecter et à nous écouter à nouveau. Nous avons vécu une formidable expérience d’apprentissage collective, nous avons redécouvert la vie de communauté avec des valeurs partagées.

Désormais, nous allons continuer à construire ensemble, à créer de l’intelligence collective pour vivre ce moment historique qui s’ouvre à nous.

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