Le moins que l’on puisse dire, c’est que Patrick Gérard est fier de son école et de ses étudiants, « des jeunes qui veulent passionnément s’engager pour l’intérêt général ». Lui, un directeur qui veut passionnément s’engager pour leur avenir et celui de la société française. Récit d’une ambition.

 

L’ENA en trois mots

Patrick Gérard © ENA

Une marque de la France. Une marque en France parce que les hauts fonctionnaires de notre pays ne sont pas cooptés par leur administration ou le pouvoir politique, comme ils l’étaient avant 1945. Ils sont en fonction parce qu’ils ont réussi un concours de très haut niveau. C’est la conception française du recrutement au mérite.

Une marque aussi hors de France, parce que de nombreux étudiants ou jeunes hauts fonctionnaires du monde entier viennent faire l’ENA. Depuis sa création en 1945, l’ENA a accueilli 6 700 élèves français et 3 700 élèves étrangers. Ceux-ci exercent de hautes responsabilités dans leur pays et restent des amis de la France.

Et enfin, une marque en Europe, car l’ENA a mis en place une excellente préparation pour des étudiants français aux concours d’administrateur de l’Union Européenne.

Les valeurs de l’ENA

Le général de Gaulle, qui a créé l’école, lui a donné cette devise : « servir sans s’asservir ». Nous formons les dirigeants de l’administration – administrateurs de ministères et de la Ville de Paris, sous-préfets, diplomates, juges administratifs et financiers, inspecteurs – en veillant à leur inculquer des valeurs : la loyauté, l’intégrité, le sens du bien commun, le souci d’améliorer la vie de leurs concitoyens et la volonté de contribuer au succès de notre pays dans le monde.

Mon histoire avec l’ENA

Jeune assistant de droit, j’ai commencé ma carrière universitaire au CNAM en préparant des étudiants issus de formation technologique dans une « prep’Ena » créée par Lionel Stoléru en 1980. J’y ai acquis la conviction que l’élite de notre pays n’était pas fermée, pour peu qu’on encourage des personnes de formation et d’origine différentes à se préparer à des concours exigeants en leur donnant les moyens de réussir.

C’est cette même conviction qui m’a poussé à créer cette année à Strasbourg une classe préparatoire intégrée à l’ENA pour y accueillir des étudiants brillants de milieu modeste. Ils ne doivent pas se censurer !

Ma plus grande ambition pour l’école

Elle est double. Pour le pays, former des dirigeants de son administration, capables d’aider les gouvernements à réussir les défis de notre siècle : sécuritaire, climatique, numérique. Pour les Français, les convaincre, alors qu’ils font en permanence appel à l’Etat, qu’ils ont la chance de pouvoir compter sur des jeunes qui veulent passionnément s’engager pour l’intérêt général.

Le profil des énarques

Une promotion comporte six catégories d’élèves. Quatre rassemblent 83 élèves issus des concours : concours étudiant, concours pour les agents publics ayant quatre années d’expérience, concours pour les personnes ayant huit années d’expériences professionnelles, électives ou associatives et enfin, concours pour les docteurs d’universités. S’y ajoutent 10 officiers de la Gendarmerie ou de l’Armée de Terre issus de l’Ecole de guerre et enfin, une trentaine d’élèves étrangers.

Mon conseil aux étudiants

Méditez cette citation de Jean Monnet : « Il y a deux sortes d’hommes : ceux qui veulent être quelqu’un et ceux qui veulent faire quelque chose ». Choisissez sans hésiter la deuxième catégorie !

Mon message aux alumni

Soyez fiers de votre école et combattez l’ « ENA bashing » !

1 chiffre-clé

26 % de nos élèves ont été boursiers de l’enseignement supérieur.