A l’occasion de l’Atelier des Savoirs du mercredi 25 février 2020, les étudiants de l’école ESAM (Groupe IGS) ont retracé l’histoire du rock aux côtés de cinq experts invités : Elliott Murphy (auteur-compositeur-interprète, musicien et écrivain), Jean-Paul Huchon (ancien Président du Conseil Régional d’Ile-de-France), Yazid Manou (attaché de presse et ancien responsable de la promotion du catalogue d’Hendrix chez Sony Legacy France), Emmanuel Poenat (codirecteur artistique du Printemps de Bourges) et Gilles Seydoux (ancien Directeur délégué RFI musique, fondateur de GMDB et GSpread).

 

Guitare en mains, bandana sous le chapeau, Elliott Murphy entame la table ronde Rock’n’Business avec trois chansons de sa composition. L’artiste américain fait le show pour le plus grand plaisir des étudiants présents. Il finit par A touch of kindness, « mon titre le plus écouté sur Spotify ! » plaisante-t-il. Une bonne introduction au reste des échanges.

I love Rock’n’Roll

Pour Andy Warhol, les années 70 connaissaient un vide artistique. « Faux ! » rétorque Franck De Nebehay, créateur de l’Atelier des Savoirs, rendez-vous entre étudiants et professionnels pour partager leurs savoirs autour d’un thème donné. « C’était l’apogée du rock dans ces années. Et l’expression de ma  révolution adolescente ! » avoue-t-il. Révolution, c’est le mot qui définit le mieux le courant musical d’après Arnaud Braun, étudiant. The Beatles, Elvis Presley, Bob Dylan, Jimi Hendrix, Pink Floyd, Queen… « Chaque artiste a marqué son époque par ses paroles, sa musique et son show. » Bien que décriés par les médias – musique du diable et autre sex, drugs and rock’n’roll, ces rockstars ont en effet marqué l’Histoire. « Le rock a prouvé sa puissance musicale et sociale lors du Festival de Woodstock en 69 », affirme Jean-Paul Huchon.

Mais comment définir cette musique ? Un dérivé du blues ? « Clairement, il n’y aurait pas de rock sans les influences de la communauté noire aux Etats-Unis. Toutes les musiques sont faites d’emprunts » rappelle Yazid Manou. Aujourd’hui, le rock est partout. « Je vous conseille le film Leto pour un aperçu de la culture rock en Russie », conseille l’attaché de presse.

 

The Show Must Go On

« Le rock génère 19 milliards de dollars. Concerts, albums, festivals, films… Derrière les strass et les paillettes, se cache un vrai business » introduit Eyram Dos-Reis, étudiant. Pour donner un ordre d’idée, « 50 000 euros, c’est déjà un beau budget d’enregistrement, sans compter la promotion » indique Emmanuel Poenat. De son point de vue d’attaché de presse, il ne faut pas non plus lésiner sur la promotion pour faire connaître les artistes à travers les médias considère Yazid Manou.

Gilles Seydoux fait quand même remarquer la chute des ventes de disques (même si le vinyle revient en force !). « Les festivals évitent la décroissance de cette musique. Le live représente 50 % des revenus des artistes et un artiste international peut coûter jusqu’à 600 000 € en moyenne », explique Emmanuel Poenat, qui codirige Le Printemps de Bourge. Jean-Paul Huchon a participé aux débuts de Rock en Seine. « Le festival s’autofinance de plus en plus et les billetteries restent le financement n°1. »

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My Generation

Napstr avant, Spotify et Deezer maintenant, le streaming a révolutionné la musique. Les tarifs de diffusion sont plus bas que jamais et les artistes amateurs plus visibles. « Les réseaux de distribution classiques sont court-circuités et les majors en ont souffert. Les plateformes de téléchargements sont-elles une erreur ? Un piège à datas ? » lance l’étudiant Boubacar Sene aux invités. « Avec YouTube, qui a pignon sur rue, il est beaucoup plus facile de partager sa musique par exemple. Ce n’est pas une mauvaise chose. Car à notre époque, où l’économie numérique règne, la data est devenu un moyen de monétiser désormais » répond Gilles Seydoux.

Pour le musicien américain, ces nouveaux moyens de production et de diffusion sont nécessaires, en particulier pour les nouveaux artistes. « Mon fils est producteur et il gagne très bien en ne faisant que du streaming. Do it yourself ! »

Smells Like Teen Spirit

Même si son économie est un peu fragile, Rock is not dead s’accordent les intervenants. « On remarque un glissement vers le pop rock, plus mainstream, moins underground, mais le rock tel qu’il est né reste dans notre patrimoine culturel. La musique se transmet, c’est une histoire, une culture à part entière », estime l’ancien Directeur délégué de RFI Musique. « Moi je crois beaucoup en l’avenir du rock, c’est une culture identifiable et rassembleuse comme le prouve Rock en Seine » reste optimiste Jean-Paul Huchon. Survivra toujours l’ « esprit rock ».

Mais Yazid Manou se pose la question : est-ce que les étudiants de la salle écoutent vraiment du rock ? Ou n’écoutent-il que du R’n’B, plus populaire aujourd’hui ? « Non » répondent les étudiants en cœur, qui sortent de la salle pour assister à un concert de rock ensemble dans les locaux de l’incubateur de l’école, The Why Not Factory.

Découvrez les sons d’Elliott Murphy :