Défini comme un mélange de basket fauteuil, football américain et hockey sur glace, le rugby fauteuil (ou murderball) avait pour vocation de permettre à des personnes handicapés de pratiquer un sport de « combat collectif ». Né au Canada en 1977, c’est en 2000 que le rugby fauteuil obtient le statut de sport paralympique. Retour avec Ryadh Sallem sur la montée de cette discipline en France.

Ryadh Sallem, en action !

Ryadh Sallem, en action !

Un développement croissant depuis les années 90
C’est dans les années 90 que le rugby fauteuil a vu le jour en France. Dans un premier temps, il apparaît au sein d’établissement spécialisés et des centres de rééducation et est donc encore non officiel. Les grandes avancées furent permises par le Stade toulousain, qui a été le premier à organiser le développement de cette discipline. On assiste au même moment à la création d’équipes officielles. A partir de 2006, on note une nette expansion de cette nouvelle discipline en France. Quant à la création officielle de l’équipe de France de rugby fauteuil, celle-ci date de 2010. Il s’agit donc encore d’une très jeune équipe. Sa qualification aux Jeux Paralympiques de Londres (en 2012) et pour les Championnats du Monde au Danemark en 2014 furent incontestablement les étapes marquantes du parcours de l’équipe de France. Suite à leur participation à ces Championnats du Monde, la France et se place 9e au ranking international !

 

L’évolution de la sensibilisation au handicap par le sport
Dans un premier temps, la sensibilisation au handicap et les interventions au sein des écoles furent difficilement acceptées par le public. « Quand on a commencé les interventions pour participer à la sensibilisation dans les années 90, notre action fut énormément décriée. Notre démarche avec l’association CAPSAAA crée en 1995 était d’avoir un discours positif et d’utiliser le sport comme outil pédagogique et éducatif. Mais le monde traditionnel comme le monde du handicap ne comprenait pas notre action », explique Ryadh Sallem. Au fur et à mesure les mentalités ont évolué, et des évènements comme « l’Année européenne de l’éducation par le sport » lancée en 2004 ont permis d’appuyer notre démarche.  » Il y a eu une démocratisation de sensibilisation au handicap par le sport. Il ne s’agissait de faire uniquement de la prévention, mais aussi de montrer quelles solutions et aménagements étaient possibles pour faire face à la situation de handicap ». L’objectif de Ryadh Sallem, avec CAPSAAA, est de montrer que les accidents et les maladies sont une partie inhérente de la vie et « qu’il faut envisager le handicap comme une chose naturelle ». Bien entendu, la prévention est une étape utile mais CAPSAAA tient surtout à montrer qu’en situation de handicap, on peut réussir à vivre autrement, et que des solutions existent. Le mot d’ordre :  » Intégrer le monde ordinaire dans le monde du handicap, et non l’inverse ! « 

 

Retour sur la semaine France-Wheelblacks !
Cette année, l’équipe de Nouvelle Zélande a choisi la France pour la semaine de préparation aux Championnats du monde de rugby fauteuil du mois d’août. Missionnée par la Fédération Française d’Handisport, c’est CAPSAAA qui a pris en charge l’organisation du stage de préparation. Les matchs d’entrainements se sont déroulés dans des lieux mythiques de la capitale française, notamment à Palais-Royal sur la Place du Louvres, mais aussi sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Une mise en place technique qui met en avant l’alliance de l’esprit sportif et de l’échange culturel. Pour Ryadh Sallem, cette semaine de découverte, d’échange, et de dépassement de soi, était tout simplement magique !

 

Anne-Sophie Mathieu