PORTRAIT

 

Jean-Michel Blanquer, directeur de l’ESSEC Business School, porte un regard résolument enthousiaste sur la vie et sur sa mission d’éducation. Ce cérébral est aussi un homme d’action et de conviction. – Par Ariane Despierres-Féry

 

Education

Jean-Michel Blanquer tient de sa mère professeur d’anglais son goût pour l’éducation, et de son père avocat « à l’ancienne, défendant la veuve et l’orphelin », son souhait de se mettre au service de la collectivité. Il fonde très jeune son amour de l’écriture. « Dès 5-6 ans, j’ai commencé à rédiger sur ma machine à écrire. » A 8 ans, il remporte le prix jeune auteur des éditions Signes de Piste avec un roman policier. Depuis, il écrit à titre académique, personnel et professionnel. Il a ainsi écrit en 2014 L’Ecole de la vie publié chez Odile Jacob. Il assouvit maintenant sa passion pour l’éducation au travers de ses projets de développement pour l’ESSEC.

 

Service public

Le service public est une conviction pour le directeur. « Je suis motivé par le collectif, ce qui crée l’unité à toutes les échelles : famille, école, entreprise, pays. » Plus encore, il affirme avoir « toujours adoré mon pays. Je ne supporte pas le french bashing ! » Il ne s’agit pas pour autant d’être naïf sur la situation du pays, mais de savoir « en considérer et valoriser les atouts. » Son parcours incarne ses passions professionnelles : « je suis avant tout professeur, Agrégé de droit public ; j’ai ensuite découvert et aimé l’Amérique Latine, et je me consacre à l’Education nationale. La création et la diffusion des savoirs constituent le fil rouge de mon parcours. » Avant de prendre la tête de l’ESSEC, Jean-Michel Blanquer a été professeur de droit, directeur de l’Institut des Hautes Etudes de l’Amérique Latine, recteur des académies de Guyane et de Créteil, DG de l’enseignement scolaire au ministère de l’Education nationale. « J’ai profondément aimé être recteur. Car c’est dans ce type de fonction que se joue l’avenir du pays. Il y a un côté exaltant et noble à se sentir utile, à essayer d’avoir un impact positif sur la destinée des enfants. »

 

Sensibilité

La lecture est sa grande passion. Il trouve une « magie à lire un livre dont je n’avais pas connaissance la veille ! » Parmi ses ouvrages fétiches, il cite l’Education sentimentale de Gustave Flaubert, Le premier homme d’Albert Camus, « un écrivain sous-estimé dont j’admire le style et l’authenticité », ou encore Un poisson dans l’eau de Mario Vargas llosa. Autres passions, le football et la marche. Dès 14 ans, il organise des randonnées dans la nature pour des amis. « J’aime aussi nager dans la mer, assez loin. » Sa forme physique lui a sans aucun doute été utile lorsque sa pirogue chavire dans le Maroni alors qu’il se rend dans une école isolée en Guyane…

 

Enthousiasme

Il considère la bonne humeur comme un devoir « ne serait-ce que par respect pour les autres ». Le directeur aime l’énergie vitale, l’enthousiasme, la confiance dans le futur. « C’est une vision saine qui n’exclut pas d’être lucide ! Et surtout une posture essentielle en matière d’éducation. C’est ce que j’aime à l’ESSEC et que nous traduisons par l’expression – L’esprit pionnier – grâce aux nouvelles voies et perspectives ouvertes par la recherche et l’enseignement. »

 

Cosmopolite

Jean-Michel Blanquer a voyagé et travaillé sur tous les continents. Européen convaincu, il nourrit une passion totale pour l’Amérique Latine et maintenant pour l’Asie et l’Afrique où l’ESSEC est implantée.

 

Le mot de Laurent Petrynka, directeur national de l’UNSS, il a travaillé avec M. Blanquer alors recteur en Guyane puis à Créteil.
« Jean-Michel m’a plu dès son arrivée en Guyane. Il est passionné de sport et sait que c’est un enjeu éducatif fort. Sa seconde phrase après m’avoir salué a été « C’est vous le sport ? » Puis il a déroulé ses idées. La semaine suivante, il organisait une visite dans une école accompagné de Malia Metella, nageuse et championne olympique originaire de Guyane. A Créteil, il a convaincu l’inspecteur de musique de faire chanter la marseillaise à nos jeunes des chorales au Stade de France avant un match de l’équipe de France de rugby !
Précocité et innovation
Jean-Michel est ainsi : très volontaire, efficace, convaincant et motivant. Il est empathique et humain. Il est particulièrement brillant, il faut le suivre ! Son foisonnement d’idées est associé à une capacité d’innovation hors du commun. Il surprend très souvent. »