4 102 465. C’est le nombre d’étudiants qui étaient inscrits dans un établissement étranger en janvier 2016 selon campus france. les destinations préférées des français ? Les Etats-Unis et le Royaume-Uni où ils choisissent la crème de la crème ! Comment expliquer l’attractivité grandissante des universités anglosaxonnes de renom pour les jeunes français ? Des étudiants et diplômés de ces prestigieux établissements nous éclairent. – Par Barbara Boye

 

LES FRANÇAIS S’EXPATRIENT DE PLUS EN PLUS

Ces dernières années, l’UNESCO recensait plus de 60 000 étudiants francais suivant un cursus au-delà de nos frontières. Plus de 47 000 d’entre eux étaient issus des grandes écoles entre 2011 et 2012 contre 53 889 (+12 %) entre 2013 et 2014.

… DANS LE TOP 10 DES UNIVERSITÉS MONDIALES

La Grande-Bretagne en accueille près de 13 000 tous les ans. Les Etats-Unis, environ 9 000 dont 200 intègrent l’une des deux meilleures institutions du monde : Harvard et le MIT.

PODIUM ANGLOPHONE Le classement des destinations qui font le plus rêver les jeunes “ prêts à partir étudier à l’étranger “ selon un sondage d’Uniplaces de janvier 2016 (sur plus de 1 500 étudiants) sont : 1) les Etats-Unis (28 %) 2) le Royaume-Uni (20 %) 3) l’Australie (12 %) Loin devant la “ qualité et les coûts des études “ (8 %), les étudiants anticipent d’abord les “ opportunités de carrière “ (29 %) et surtout la “ qualité de vie “ (32 %).

 

Les étudiants français de grandes écoles ont une large préférence pour les universités de prestige. En Europe, c’est la Grande-Bretagne qui domine, en particulier avec ses deux universités historiques et connues sous la contraction de leurs deux noms : Oxbridge (Oxford – la plus ancienne des universités anglaises – et sa cousine Cambridge créée 100 années plus tard).

INSOLITE Tous les 10 ans, les diplômés de Cambridge sont invités à se retrouver pour un dîner et ce, pendant 70 ans. Par la suite, ils sont invités pour un déjeuner afin que leurs aides-soignants puissent les accompag

 

De l’autre côté de l’Atlantique, c’est la Californie et surtout la côte est du pays de l’Oncle Sam qui attirent les étudiants français. Connues sous le nom d’Ivy League (Ligue de Lierre -en rappel du lierre habillant leurs murs et témoignant de leur ancienneté et de leur renommée) les 8 membres de ce groupe rassemblant Princeton, Yale, Harvard, Columbia, Brown, Cornell, Dartmouth, et University of Pennsylvania sont tous localisés au nord-est du pays. À l’origine pourtant l’Ivy League n’avait pour mission que de réunir les équipes de sport de ces universités privées. Aujourd’hui le terme est synonyme de prestige… et d’une exigence extrême dans sélection de ses élèves. Beaucoup d’appelés, peu d’élus En 2015, Harvard acceptait 1 990 nouveaux étudiants… sur 37 305 dossiers, soit 5,3 % des candidats. Devant cette université qui accueillera bientôt Malia, la fille aînée de Barack Obama, se place Stanford avec seulement 5% d’admis. Columbia ou Yale n’atteignent quant à elles que 6%. À Oxbridge en moyenne, 3 500 des 16 000 candidats seront recus (21 %).

© A.S.P.A

© A.S.P.A

YACINE MBAYE, 22 ANS, en master 2 de Droit à Sciences Po va étudier 6 mois à Columbia dans le cadre de son double diplôme. Pourquoi partir là-bas ? C’était un peu un rêve d’étudier dans une université américaine et de disposer des moyens considérables mis à la dispositions des étudiants (infrastructures, souplesse de la maquette pédagogique, choix des examens) sans pour autant avoir à m’acquitter des frais de scolarité exorbitants, grâce au système de double diplôme de Sciences Po. Quels seront les bénéfices de cette expérience ? Prendre le meilleur des deux systèmes d’éducation. Je reviendrai enrichi et l’expérience New-Yorkaise m’aidera sans aucun doute dans la poursuite de mes études. Un conseil pour les prochains à suivre cette voie ? Il faut saisir en priorité l’ensemble des possibilités qui s’offrent à nous pour étudier à l’étranger. Il faut sauter le pas et surtout ne pas s’autocensurer. Il faut assumer ses choix et les mettre d’autant plus en avant lorsqu’ils nous distinguent des autres.

 

ALIÉNOR VIENNE, 24 ANS, en 4e année à l’Ecole Polytechnique, (année de spécialisation qu’elle réalise en Neurosciences comportementales à l’ESPCI et Paris Descartes) a fait son stage de recherche au MIT. Pourquoi être partie là-bas ? Pour le niveau académique. J’ai cherché ce qu’il avait de meilleur dans ma thématique : les neurosciences. Pourquoi les grands établissements anglo-saxons font-ils briller nos yeux ? Il y a un mythe autour de ces institutions. D’une part grâce à leur excellent niveau et d’autre part parce que leurs diplômes ouvrent beaucoup de portes. Par exemple un diplôme de Polytechnique n’a pas énormément de valeur à l’étranger. Et aussi, bien sûr, l’influence des films et séries. Un conseil pour les prochains à suivre cette voie ? Bien se renseigner, ne pas forcément chercher l’école la plus cotée mais essayer de se projeter, d’avoir des avis d’anciens étudiants.

YALE ET STANFORD, LES GÉNÉREUSES De ces universités du haut de tableau, Yale est la plus généreuse avec ses étudiants internationaux. Elle offre des bourses de près de 56 000 $/an en moyenne, soit environ 49 000€. À partir de l’été 2017, Stanford et le co-fondateur de Nike, Phil Knight, débuteront un programme inédit dont l’ambition est de “ former les leaders du 21e siècle et au-delà “ avec un budget de 700 millions $ (près de 640 millions €). La bourse “ Knight-Hennessy “ bénéficiera pendant trois années à 100 “ des plus brillants esprits du monde “ (à partir du niveau licence) dans la poursuite de leurs études entièrement prises en charge à Stanford.

 

Des critères de classement qui n’avantagent pas les universités françaises. Pour la 13e année consécutive Harvard est arrivée en tête du classement des meilleures universités au monde au classement annuel de Shanghai. Derrière elle, toujours les mêmes : d’autres universités américaines et des universités britanniques. Le premier établissement francais à y figurer, l’UPMC, est 36e. Pourquoi ? Plus axés sur la recherche et le scientifique que sur les sciences sociales et la stratégie pédagogique, les six critères du classement désavantagent la France.

 

CHARLES BONFILS, 20 ANS, a effectué un Bachelor Human, Social, and Political Sciences à Cambridge entre 2013 et 2016. Pourquoi être parti là-bas ? Ce sont mes professeurs qui me l’ont conseillé car je ne -savais pas encore avec certitude vers quoi m’orienter. Ensuite le goût du risque et le désir d’inconnu m’ont convaincu. Comment est la vie de campus à l’université de Cambridge ? Cambridge est d’une beauté intemporelle. Nous avons la chance d’évoluer dans un cadre très riche, différent de celui de Londres. Ici le campus est un vrai lieu de socialisation et de vie, rythmé par tout un cérémonial. Un conseil pour les prochains à suivre cette voie ? Savoir prendre des risques. Car au-delà des incroyables rencontres et de l’enrichissement qu’apporte une tradition intellectuelle différente, cette expérience a changé ma vie.

 

CLÉMENT LE GOUELLEC, 23 ANS, diplômé de Polytechnique, aujourd’hui à Mines ParisTech, a effectué son stage obligatoire de recherche de 3e année à Oxford. Que recherchiez-vous dans cette expérience ? Découvrir comment se pratiquent l’enseignement et la recherche dans un grand établissement anglo-saxon et surtout ne pas manquer une telle opportunité ! Pourquoi les grands établissements anglo-saxons font-ils briller nos yeux ? En France il y a une sorte de mythe autour de ces établissements et de leur notoriété mondiale. Les établissements californiens profitent aussi de l’image de la Silicon Valley. Un conseil pour les prochains à suivre cette voie ? Privilégier les expériences professionnelles. Suivre uniquement des cours c’est prendre le risque de ne se retrouver qu’entre étudiants internationaux, il est plus enrichissant d’associer les deux.

 

EN PRATIQUE
Aux Etats-Unis,
un test d’anglais (TOEFL, TOEIC) est généralement requis en plus du dossier scolaire et parfois de rédactions à écrire. En Post-Bac, au niveau «  undergraduate » un étudiant francais aura à passer le SAT-(Scholastic Assessment Test) et / ou l’ACT (American College Test). En master ou doctorat, le test du GRE (Graduate Record Examination) sera demandé. En MBA, ca sera le GMAT (Graduate Management Admission Test). Le coût : Environ 60 000 $ / an en comptant le logement et la nourriture.
Au Royaume-Uni il existe un APB simplifié : UCAS Le coût : 9 000 Åí / an en licence en ne comptant que les frais de scolarité mais il est tout à fait possible pour les étudiants européens de souscrire à un prêt englobant la totalité des frais de scolarité. Petite particularité : il n’est pas permis de postuler à Cambridge et à Oxford car on estime que les deux universités ont le même niveau.