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INSA Strasbourg, unique, à plusieurs titres ! – L’interview de Romuald Boné

INSA Strasbourg
©Klaus Stoeber

A la fois grande école d’ingénieurs et école d’architecture, l’INSA Strasbourg forme, en plein cœur de la capitale européenne, les experts les plus pointus dont ont besoin les entreprises industrielles locales, nationales et internationales. Son directeur Romuald Boné nous en dit plus sur cet établissement atypique dans le paysage français.

L’INSA Strasbourg un cas unique dans l’Enseignement supérieur ?

INSA Strasbourg
©Klaus Stoeber

Effectivement, et à plusieurs titres ! L’INSA Strasbourg est d’abord la seule école relevant du MESRI à avoir une école d’architecture, toutes les autres dépendant du ministère de la Culture. De fait les architectes que nous formons ont une approche plus « polytechnique » que « beaux-arts » de l’architecture. L’INSA Strasbourg est aussi l’héritier d’une longue histoire. Fondé en 1875 comme une école impériale (mais pas française), il a bénéficié de cette vision un peu différente qu’ont les pays du nord et de l’est de l’Europe où on intègre arts et techniques. Autre spécificité, notre formation couvre toute la chaine de la construction : topographie (nous sommes d’ailleurs une des trois seules écoles française à traiter ce domaine), le génie civil et le génie climatique/énergétique. Cela concerne la moitié des activités de l’école, l’autre ce sont les formations au service de l’industrie (génie mécanique, génie électrique, génie énergétique, mécatronique, plasturgie). La plupart de nos formations existent sous statut étudiant et sous statut apprenti. Citons la mécatronique par alternance, franco-allemande, que l’on écrit donc souvent « mechatronik » !

Quelle est votre valeur ajoutée au Groupe INSA ?

Notre focus sur l’architecture bien sûr, très bien complétée par l’Ecole de la Nature et du Paysage de l’INSA Centre Val de Loire. Nous avons d’ailleurs été les premiers à mettre en place de vraies formations conjointes où ingénieurs et architectes se forment ensemble, dans un même lieu, pendant plusieurs années. Ce qui a permis aux autres écoles du Groupe de travailler sur des double-diplômes dans cette dynamique. Sans oublier notre « rigueur à l’alsacienne » qui nous permet de partager des approches intéressantes dans un moment où le groupe réfléchit à son avenir.

Pourquoi êtes-vous un directeur heureux à la tête de l’INSA Strasbourg ?

J’ai très souvent l’occasion de m’estimer heureux de diriger cette école ! Mais s’il ne fallait citer qu’un événement récent, je parlerais de la signature d’un accord avec Emmaüs Mundo’, preuve de nos valeurs partagées et qui revêt des dimensions à la fois techniques et artistiques. Nous travaillons à former le personnel de l’association à la réutilisation d’objets, nos élèves architectes vont faire du design à partir de matériaux recomposés pour vendre des meubles… Pour l’ingénieur sensible à la beauté des choses que je suis, voir nos architectes exposer leurs œuvres à la fin de leurs charrettes est aussi un bonheur.

Que peut-on souhaiter à l’INSA Strasbourg pour 2022 ?

Que l’Etat reconnaisse la qualité de nos formations et de nos établissements et qu’il les traite un peu mieux ! Je souhaite aussi que notre grande opération de rénovation du campus respecte ses délais, à savoir février 2022 pour la première tranche de travaux et 2023 pour la seconde. Car notre nouveau campus sera vraiment transformant : nous allons notamment rénover nos plateformes techniques, étendre les surfaces, repenser le fonctionnement et la circulation de l’établissement et améliorer son efficacité énergétique.

Votre message à un jeune qui voudrait rejoindre l’INSA Strasbourg cette année ?

L’INSA Strasbourg est une école très proche de ses alumni, ce qui lui permet d’être finement connectée aux vrais enjeux de nos secteurs.  Nos élèves, exceptionnels, y ont une vie étudiante aussi construite que foisonnante. Je leur partagerais également ce point régulièrement relevé par l’HCERES et la CTI : l’INSA Strasbourg est un établissement à taille humaine où la relation humaine est préservée et où le sentiment d’appartenance et de partage est fort.  

Avec son Mastère spécialisé Eco-conseiller, l’INSA Strasbourg surfe-t-il sur la mode ?

Il faudrait plutôt dire qu’il a lancé la mode puisque cette formation existe chez nous depuis 32 ans, en collaboration avec l’institut européen ECO-conseil ! Ces valeurs liées au développement durable s’inscrivent dans une longue tradition à l’INSA Strasbourg. Très prisée et sélective, cette formation attire des jeunes ingénieurs bien sûr, mais aussi des professionnels en reconversion qui représentent plus de la moitié de la promotion.

Les experts de la topographie se trouvent à l’INSA Strasbourg

L’INSA Strasbourg est le seul à proposer la spécialité Topographie au sein du Groupe INSA et compte même parmi les trois seules écoles d’ingénieurs françaises à traiter cette discipline. Mathieu Koehl Responsable de la spécialité Topographie, lève le voile sur ce domaine méconnu mais pourtant central dans tous les projets de construction.

La topographie, c’est le monde de la mesure et de la cartographie. Des mesures à toute les échelles à partir d’images satellites ou de photos aériennes, mais aussi des mesures terrestres d’angles, de distances ou encore d’altitudes. Le but étant « de réaliser des représentations sur des plans en maîtrisant parfaitement la précision de chacune des mesures. »

La topogaphie est partout 

Car la quasi-totalité des projets sur lesquels travaillent des ingénieurs ont besoin de la topographie. « Lors de la construction d’une route par exemple, les topographes interviennent dès l’avant-projet (pour fournir de la cartographie à des échelles de plus en plus précises), pendant le projet (pour positionner très précisément des ouvrages sur cette route) et même après le projet, pour mesurer la stabilité de ces ouvrages sur la durée. » Sans la topographie, le Tunnel sous la Manche n’aurait par exemple jamais pu relier la France au Royaume-Uni.

Devant un ordi ou en bottes sur le terrain : pas besoin de choisir !

Passionnante mission donc que celle du topographe, d’autant plus qu’elle offre un bel équilibre entre travaux de bureau et de terrain. « Lorsqu’on travaille sur des images satellites c’est de l’informatique mais si on est plutôt sur le volet implantation sur le terrain, on chausse les bottes ! » Profession entièrement numérisée, elle implique de travailler sur des technologies de pointe allant jusqu’à la modélisation 3D et la réalité virtuelle. « Nous utilisons aussi l’IA pour faire du traitement de données de masse pour sortir des modèles à partir de photos aériennes par exemple. Avec un scanner on mesure des dizaines de milliers de points à la seconde. Grâce à la photogramétrie, des algorithmes et des méthodes d’IA nous pouvons sortir des modèles en 3D appelés nuages de points, à partir desquels nous pouvons reproduire et exploiter des modèles. Un diplôme qui ouvre donc à une palette de métiers très large, y compris à celui de géomètre-expert, une option choisie par 25 à 40 % des diplômés de la spécialité.

Cap sur l’apprentissage

Sur ses 12 spécialités, l’INSA Strasbourg en propose cinq avec le statut d’apprentis (en 3 ans après admission à bac+2 ou stagiaire de la formation continue).Une nouvelle formation d’ingénieur en génie civil par alternance est en préparation pour la rentrée 2022.

LA grosse actu 2022

Cette année, le campus de l’INSA Strasbourg s’agrandit ! Situé en centre-ville, il fait l’objet de grands travaux de rénovation et verra bientôt émerger un bâtiment de près de 4 000 m² pour le département Architecture. Un bâtiment faisant la part belle à de grandes poutres de bois massif, non sans rappeler le principe des Kaplas. Ces travaux permettront, entre autres, « de repenser les espaces et  les circulations au sein de l’INSA Strasbourg, un établissement compact qui s’est agrandi au fil des ans avec des ailes qui rayonnent depuis un point central. »

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