Il n’y a pas que les business schools privées dans la vie, il y a les IAE aussi ! Inspirés du modèle pédagogique et universitaire des business schools américaines – dont la célèbre Harvard Business School – les IAE s’illustrent aujourd’hui plus que jamais comme des écoles de management universitaires défendant un enseignement de management de grande qualité, public et accessible. Premier réseau public d’enseignement supérieur et de recherche en management (excusez du peu !), le réseau des IAE regroupe plus de 53 000 étudiants et délivre plus de 1 000 diplômes d’Etat. Ses 39 établissements répartis sur l’ensemble du territoire français diplôment dans tous les domaines du management (du marketing au management public en passant par la logistique, les RH ou encore l’audit), au plus près des besoins locaux bien sûr, mais aussi dans une connexion permanente aux enjeux nationaux et internationaux. Un champ des possibles qui permet à ses jeunes diplômés de très bien s’insérer dans le monde professionnel, et même un peu mieux que leurs camarades de business schools privées (84.1 % à 6 mois vs 78.3 % pour la moyenne des écoles de management de la CGE). Et ce pour un prix défiant toute concurrence (tarif universitaire vs plus de 15 000 euros par an pour certaines business schools). Mais quelle est la valeur ajoutée du modèle IAE aujourd’hui ? Décryptage.
SOMMAIRE
L’interview Marie-Christine Chalus, présidente d’IAE France et directrice d’iaelyon business school
Quels métiers à la sortie d’un IAE ?
What’SUP dans les IAE en 2026 ?
L’interview de Marie-Christine Chalus, présidente d’IAE France et directrice d’iaelyon business school

Pour Marie-Christine Chalus, présidente d’IAE France et directrice d’iaelyon business school, cette alliance entre exigence académique, ouverture sociale et proximité avec les entreprises est d’ailleurs plus que jamais adaptées aux enjeux d’aujourd’hui et de demain. Elle nous explique pourquoi.
Quels sont les éléments qui rendent le modèle IAE particulièrement pertinent en 2026 ?
Les mêmes qui le rendent pertinent depuis sa création ! Avec les IAE et les INSA, Gaston Berger voulait instaurer, il y a plus de 70 ans déjà, des modèles de formation d’excellence en totale adéquation avec le monde socioéconomique, au sein des universités. Un modèle permettant à un jeune, d’où qu’il vienne, dès lors qu’il est méritant et travailleur, de bénéficier d’une éducation de qualité l’ouvrant à un maximum d’opportunités pour sa future vie professionnelle. Ce qui est totalement en adéquation avec les attentes des entreprises et de la société aujourd’hui.
Mais qu’est-ce qui fait sa spécificité ?
Les IAE proposent une offre de formation au management très complète. Une formation dispensée par 1 200 enseignants-chercheurs, ce qui fait du Réseau des IAE la plus importante source de recherche en sciences de gestion en France. Par ailleurs, les 39 établissements qui le composent ont cette double qualité d’être à la fois locaux et globaux. En effet, si chaque IAE est profondément ancré sur son territoire et répond à des spécificités locales, ils forment aussi pour l’international. A Lyon par exemple, 75 % de nos diplômés travaillent en AURA, mais 17 % font le choix de l’international.
Sans oublier votre ancrage universitaire ?
Il s’impose effectivement comme un atout de taille. D’abord parce qu’il nous permet de porter haut les valeurs d’excellence, d’inclusion et de mérite, dont nous sommes viscéralement convaincus. Rappelons en effet qu’en tant qu’écoles universitaires de management, nous avons un business model rentable au sein de nos universités, ce qui nous permet d’être pleinement au service de l’étudiant, dans la forme la plus noble du terme. Ce modèle nous permet par ailleurs de développer de très nombreuses synergies au sein de notre écosystème direct, dans des disciplines complémentaires aux nôtres comme le droit, les langues, ou encore la philosophie. Sans oublier que nos étudiants peuvent aussi profiter des infrastructures et des services offerts par nos universités (grands campus, Crous etc.).
Mais un IAE (dont les droits d’inscription se limitent à plusieurs centaines d’euros) donne-t-il autant de chances qu’une école de commerce à plus de 10 000 euros par an ?
Sortir d’une école de commerce privée, qui investit beaucoup sur son branding (ce qu’un IAE doté d’une mission de service public ne peut pas faire) peut être un atout et un gage de réassurance sur un CV, c’est évident. Pour autant, toutes les écoles ont leurs spécificités, leur intérêt et leur valeur ajoutée pour un étudiant. Et lorsqu’on choisir un IAE, on s’offre l’opportunité de commencer ses études sans s’endetter tout en s’ouvrant à tous les domaines de la gestion. Et c’est aussi un plus pour son CV, car les entreprises sont de plus en plus sensibles aux valeurs citoyennes et républicaines que nous défendons.
Les IAE ont 70 ans ! Alors que de nombreux IAE sont à l’aube, ou viennent tout juste de fêter leurs 70 ans, Marie-Christine Chalus voit dans cette période d’anniversaires une occasion privilégiée de faire un état des lieux du modèle IAE et de le projeter sur les 20 prochaines années. « Ce travail de bilan et de prospective nous permet de nous enraciner dans notre ADN, tout en construisant notre avenir. Nous formons les managers de demain, celles et ceux qui seront les acteurs des transitions. Et notre ancrage universitaire est là encore un atout : la pluridisciplinarité de nos universités favorise les synergies et contribue à casser les silos : c’est essentiel dans un monde qui demande toujours plus d’ouverture et de réflexivité. »
Quels métiers à la sortie d’un IAE ?
Avec un taux d’insertion professionnelle de 84.1 % à six mois (82.4 % pour les diplômés de masters en formation initiale, 84.6 % pour les diplômes de masters en alternance et même 91.8 % pour les diplômés de licence professionnelle), les jeunes alumni des IAE ont le monde qui s’ouvre à eux !
D’autant plus que la rémunération moyenne des diplômés 2024 s’élève à 39.4 K€ (en légère hausse par rapport à 2023). Preuve de l’adéquation des formations des IAE avec le marché de l’emploi, 64.8 % des diplômés des IAE en 2024 ont trouvé leur premier emploi pendant ou directement à l’issue de leur formation et 81.9 % l’ont trouvé en moins de trois mois. Sachant que 49.2 % des diplômés de master choisissent de poursuivre leur vie professionnelle dans l’organisation où ils ont fait leur stage / alternance.
Leurs plus gros hubs ?
Parmi les secteurs de prédilection des diplômés de masters, on trouve : les activités financières et d’assurance, l’industrie (manufacturière, extractive, etc.), l’audit / étude / conseil et le commerce / transport / hébergement / restauration. Un éclectisme qui se traduit aussi dans les structures qu’ils choisissent pour débuter leur vie professionnelle. Leurs entreprises chouchoutes ? Les PME (33.2 %), suivies de près des ETI (29.3 %), des grandes entreprises (28.1 %), puis des TPE (6.5 %). S’ils sont très ancrés sur leur territoire, les diplômés des IAE cultivent aussi des envies d’ailleurs. En effet, 14.5 % des diplômés de master travaillent à l’international, dont 60 % en Europe (Luxembourg, Suisse, Allemagne, Espagne et Belgique).
What’SUP dans les IAE en 2026 ?

Au niveau du réseau ou plus localement, les IAE affirment plus que jamais leur modèle. Ils se développent, ils innovent, ils se diversifient. Coup de projecteur sur quelques actus marquantes des IAE cette année.
Du côté d’IAE France
Bientôt 40 ? Après l’adhésion de l’IAE Bretagne Sud en 2023, le réseau IAE France poursuit son développement avec l’intégration de l’IAE Évry Paris-Saclay, 39ème membre du réseau depuis juillet 2025. « Ce nouvel IAE s’inscrit dans un écosystème académique et scientifique d’excellence, au sein d’un territoire dynamique riche de plus de 200 000 entreprises, qui attire annuellement plus de 500 millions d’euros d’investissements et soutient environ 50 000 emplois. Dès sa création, l’établissement portera l’ambition d’un service public de l’enseignement supérieur en management accessible, exigeant et ancré dans les enjeux du territoire essonnien » rappelait le réseau lors de l’officialisation de cette adhésion. Depuis la rentrée 2025, l’IAE Évry Paris-Saclay accueille près de 300 étudiants (en licence professionnelle et en master, principalement en alternance).
Partenaires depuis 2020, IAE France et Campus France ont renouvelé leur convention cadre de partenariat en novembre 2025 pour une nouvelle période de trois ans. Les deux institutions souhaitent ainsi « poursuivre et amplifier leurs actions communes pour promouvoir l’excellence des formations universitaires en management françaises auprès des étudiants et partenaires internationaux. « Ce renouvellement marque notre volonté de poursuivre une dynamique internationale ambitieuse. Grâce à l’expertise et au réseau unique de Campus France, nous renforçons la visibilité des IAE et favorisons l’accueil d’étudiants du monde entier au sein des écoles universitaires de management » avait alors déclaré Marie-Christine Chalus.
Cap sur l’entrepreneuriat ! IAE France a organisé le 27 janvier dernier la première journée Gaston Berger dédiée à l’entrepreneuriat universitaire. Placée sous le thème L’entrepreneuriat sous toutes ses formes : recherche et pratiques pédagogiques, elle avait pour ambition de favoriser le dialogue entre recherche académique, pratique pédagogique et action entrepreneuriale. Temps fort de cette journée : la finale nationale du Start-Up Challenge IAE France, durant laquelle trois projets à fort impact sociétal ont été distingués. Le projet NOCTIMED y a reçu le 1er prix. Portée par Ahmad Chalhoub (en M2 à l’IAE de Metz), ce dispositif médical vise à faciliter le transfert assis-couché des personnes en situation de handicap. Le 2ème prix a été attribué à Meubles&Mo, porté par Raphaël Ortega, Maxence Aucourt et Laureen Parré (en M1 à l’iaelyon business school). Un service d’ameublement clé en main fondé exclusivement sur le mobilier de seconde main. SERAK, porté par Valentin Rollant (en M2 à l’IAE Savoie Mont-Blanc) a complété le podium avec un module d’airbag avalanche externe et détachable.
Et sur les campus ?
13 formations de l’iaelyon ont été distinguées dans le classement national Eduniversal 2026. Parmi les lauréates : sept formations figurent dans le Top 5 national de leur catégorie. La licence Gestion et Management (parcours post-bac) rejoint le Top 10 des meilleurs bac+3 en Management général et Gestion d’entreprise, le diplôme de Comptabilité et Gestion intègre pour la première fois le classement avec une 5ème place dans la catégorie Comptabilité, et la licence Management des équipes, Qualité et Développement durable retrouve la 1ère place nationale dans la catégorie Qualité.
L’IAE Paris-Est a obtenu le label international BSIS EFMD–FNEGE début 2026. Pour rappel, ce dispositif a été conçu « pour identifier, analyser et quantifier l’étendue et la nature de l’impact d’une école de management sur ses différents environnements : territoire, écosystème économique, société, monde académique, étudiants et diplômés. Il permet de mettre en lumière la réelle contribution d’un établissement à son écosystème local, régional et national, au-delà de ses missions d’enseignement et de recherche. »
Depuis mai 2026, les étudiants de l’IAE Paris-Sorbonne arpentent les couloirs du tout nouveau campus de l’établissement dans le 13ème arrondissement de Paris. Une grande étape pour l’IAE. « En 70 ans d’Histoire, c’est la première fois que nous avons un bâtiment dédié à nos seules activités. Ces nouveaux locaux responsables et mieux adaptés nous permettront de présenter une identité immobilière singulière, d’étendre nos capacités d’accueil et d’améliorer l’expérience de vie, tant pour les étudiants que le personnel » expliquait Eric Lamarque, directeur de l’IAE, en octobre dernier. Parallèlement, l’établissement s’est démarqué avec ses cinq Palmes d’Excellence dans le classement Eduniversal 2025. La plus haute distinction de ce classement qui évalue les 1 000 meilleures écoles de commerce et de management à travers 154 pays, sur cinq niveaux d’excellence en fonction de leur influence internationale.
TSM – Toulouse School of Management, composante de l’Université Toulouse Capitole, poursuit quant à elle sa transformation DD&RS autour de quatre axes (gouvernance, enseignement, recherche et vie de l’école). Côté formation, l’école a notamment lancé avec l’École Supérieure pour la Qualité, l’Environnement, la Santé et la Sécurité en Entreprise (ESQESE) de l’Institut Catholique de Toulouse, un Master RSE en alternance, ouvert sur deux ans, avec l’objectif de former des professionnels capables de piloter des démarches RSE dans tous types d’organisations. Côté recherche, 40 % des thèses soutenues à TSM au cours des cinq dernières années traitent de thématiques liées à l’éthique, la responsabilité ou la durabilité.
Gaëlle Pantin-Sohier, professeure des universités en Sciences de gestion à l’IAE d’Angers a intégré début 2026 la 6ème promotion des Expertes à la Une du Groupe TF1, un programme qui vise à renforcer la présence des femmes expertes à la télévision. « Spécialiste du marketing social et du comportement des consommateurs, elle a été sélectionnée pour son expertise sur les enjeux liés à la consommation, qu’elle développe notamment au sein du laboratoire Granem de l’Université d’Angers. Elle travaille également sur l’image des femmes dans la publicité » relate IAE France dans un récent communiqué.
Quatre étudiants de M1 Management du tourisme durable de l’IAE Savoie Mont-Blanc ont reçu le prix Coup de cœur du jury lors de la 9ème édition du Festival du film étudiant sur la consommation, organisée en partenariat avec l’Association Française du Marketing. Avec leur film Un voyage de Wouf, ils « explorent le phénomène de co-construction de l’expérience touristique entre un maître et son chien, en mettant notamment en lumière les arbitrages opérés par les maîtres en dépit des contraintes. »
Les chiffres qui vont me convaincre de rejoindre un IAE en 2026 80.8 % des diplômés de master estiment que leur premier emploi est en adéquation avec leur formation. Un chiffre qui monte à 85.8 % pour les diplômés de master embauchés au statut cadre. Par ailleurs, 85 % des diplômés de master sont tout à fait ou plutôt satisfaits de leur emploi actuel. De fait, les IAE rappellent qu’une grande école ne se mesure pas seulement au prix de ses frais de scolarité, mais à l’impact de ses diplômés. Accessibles, exigeants et connectés au monde réel, ils tracent une autre voie vers le management.