À Grenoble IAE – INP, UGA, les transitions ne relèvent plus de la seule sensibilisation. Structuration des maquettes, socle commun de compétences, usage responsable de l’IA, nouvelles coopérations avec les entreprises : pour Philippe Protin, directeur de l’école, l’enjeu est clair. Former des managers solides dans leur discipline, mais aussi capables d’empathie, d’adaptabilité et d’engagement.
Grenoble IAE-INP, UGA, une école de transitions ?
Notre transformation est toujours en cours. Cette année, nous avons surtout travaillé sur la structure de l’offre de formation, dans la perspective de notre prochaine accréditation en 2027. Notre premier enjeu était de revoir l’architecture globale de nos diplômes, de nos mentions de licence et de master, et de nos parcours afin de mutualiser les blocs de compétences communs entre nos différents programmes. Ce travail est désormais engagé et nous permet d’entrer dans une deuxième phase, celle des maquettes pédagogiques. Nous avons posé un cadre fort : 55 crédits ECTS (soit plus de 30 % du nombre total) ont été sanctuarisés sur trois ans, de la licence 3 à la fin du master, autour des transitions au sens large : numérique, sociale et environnementale. Nous souhaitons aller bien au-delà de la sensibilisation, avec une approche beaucoup plus systémique des enjeux environnementaux. Notre objectif n’est pas de juxtaposer quelques enseignements sur le climat ou la RSE, mais de faire évoluer en profondeur notre manière de former en intégrant, par exemple, des sujets tels que l’usage responsable de l’IA dans les pratiques pédagogiques, ainsi que dans la manière dont les étudiants s’en serviront dans leur futur métier.
Quel impact sur la pédagogie ?
Les étudiants doivent devenir véritablement acteurs de leur formation. Notre rôle, en tant qu’établissement, est de nous positionner en tant que facilitateur de l’acquisition de compétences. Ce qui suppose d’apporter de l’humain, sous la forme de compétences psychosociales, pour les aider, notamment, à interagir avec les autres et à déterminer quelle place prendre en tant que futurs managers. Il faut rendre l’expérience étudiante inclusive pour que ces enjeux soient véritablement pris en charge par les étudiants eux-mêmes. À cette fin, nous envisageons, à la rentrée prochaine, de créer un département Transition, c’est-à-dire une communauté d’enseignants amenés à réfléchir ensemble à la conception de dispositifs pédagogiques originaux, inclusifs et participatifs. En parallèle, nous renforçons notre coopération au niveau territorial avec des entreprises partenaires ayant entamé une démarche de transition afin que nos chaires soient en phase avec les besoins réels.
L’engagement en pratique
À Grenoble IAE, on apprend en faisant, à l’image du dispositif The Week, intégré dans certains modules pour amener les étudiants à réfléchir en groupe aux impacts socio-environnementaux, ou de projets transversaux comme IAE Starter : organisation d’une gratuiterie et d’une semaine sur la santé mentale, création d’un jeu sur l’alimentation responsable, création de podcasts sur l’impact des transitions sur les métiers , ou encore l’ascension du Mont Rose menée par un groupe d’étudiants en soutien à la lutte contre le cancer du sein. Ici, les transitions se vivent dans l’action collective.
Finalement, quel manager formez-vous ?
Un manager doit avant tout posséder de solides compétences fondamentales dans sa discipline. Mais ce n’est plus suffisant. Il doit aussi être capable d’empathie et d’adaptabilité. Aujourd’hui, le manager coordonne des équipes hétérogènes, en termes de profils, d’expériences ou d’âges, dans un monde de plus en plus incertain. Il doit donc être en mesure de créer des liens individuels profonds avec chacun de ses collaborateurs, afin, in fine, d’améliorer le travail collaboratif de l’équipe. Il doit donc être à l’écoute des besoins émotionnels, psychologiques des membres de son équipe, mais aussi être suffisamment agile pour s’adapter aux changements, technologiques ou conjoncturels. En ce sens, le manager de demain est un facilitateur des transformations au sein de ses équipes et de l’organisation.
Quel message adressez-vous aux étudiants ?
Soyez acteurs de votre avenir. Ne restez pas passifs face aux enjeux des transitions. Le futur est le vôtre. Si vous souhaitez qu’il corresponde à vos souhaits, alors soyez force de proposition.