[Expert] Diriger versus manager : bienvenue dans l’entreprise nouvelle génération !

© David-Morganti
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Le choc a été brutal… Pas de marche arrière possible. Les grandes écoles font face à une transformation profonde qui va bien au-delà du simple cours à distance. Comment résister, exister et changer de posture dès cette rentrée ?

 

Vers quel monde se dirige-t-on ? La vie d’entreprise d’après sera-t-elle comparable à celle d’avant ? Certainement pas ! La rupture a été trop violente pour qu’elle ne soit pas durable. Non, nous n’aurons plus la même relation à notre travail et notre rapport à l’autorité sera radicalement différent.

 

Susciter l’adhésion : clé du leadership ?

Dans les grandes écoles, notre métier a toujours été de former des managers en mesure de faire face au changement, autonomes et audacieux. Comme un révélateur, le COVID-19 nous a mis face à nous-mêmes. Avons-nous été capables de former des jeunes susceptibles de résister aux chocs ? Je pense que oui. Depuis des générations, notre approche en mode projet et participatif conduit nos diplômés à être particulièrement adaptables pour se plier aux nouvelles contraintes.

Mais la crise nous impose d’aller encore plus loin car les soft skills d’hier sont brutalement devenues les hard skills d’aujourd’hui et de demain. A nous de transformer ce paradigme en nouveau mindset pour nos collaborateurs et nos élèves. La distance nous amène en effet à repenser nos modes relationnels et hiérarchiques.

Plus qu’avant, le manager doit susciter l’adhésion pour embarquer les équipes et atteindre ses objectifs. On ne commande plus, on dialogue. On n’impose pas, on co-construit pour parvenir à des ambitions partagées. Plus qu’avant, les diplômés n’imaginent plus traiter avec un « cheffaillon-tatillon », mais avec un vrai coach qui les fera grandir, qui sera à leur écoute. C’est d’ailleurs une qualité qu’il faudra améliorer chez tous les managers pour que leur leadership soit assis sur la concertation et non plus sur un rapport de force.

Sens et reconnaissance

Ceci est d’autant plus vrai que les nouvelles recrues souhaitent être autonomes et prendre des décisions. La profondeur hiérarchique leur est insupportable : il faut aller vite, quitte à se tromper. Dans un monde en quête de sens ou la notion d’utilité devient essentielle, perdre du temps en process inutiles est à bannir. Surtout si les décisions sont incompréhensibles ou peu lisibles, ou – pire – si elles vous tombent dessus via une hiérarchie invisible.

Nous vivons une transition rapide, imposée par les circonstances, qui a déjà été totalement digérée par les nouvelles générations.

Cette capacité d’adaptation chez les jeunes exige une révolution chez leurs aînés… c’est-à-dire chez les plus de 30 ans. Comprendre, écouter, révéler le talent, favoriser la mobilité et le dialogue : le boss doit autant disposer de qualités de manager que de psy. L’empathie ne doit plus être une qualité rare mais une valeur cardinale. La transformation est bien là : nos futurs alumni trouveront du sens s’ils sont écoutés et s’ils ont le sentiment que leur voix compte.

Plusieurs sociétés de la tech ont déjà abandonné leurs locaux conviviaux façon startup branchée au profit du full télétravail et d’un bureau de passage. Et il est probable que les entreprises recrutent on-line sans rencontre physique… comme nous l’avons fait cette année dans nos concours et pour certains de nos collaborateurs qui ont rejoint l’école pendant le confinement.

Bref, la mutation que nous connaissons nous impose de l’agilité et de la résilience pour résister. Ceux qui n’auront pas compris ce bouleversement risquent de grosses déconvenues. Organisation, relations sociales, égalité entre les femmes et les hommes, RSE, autant de points décisifs qui « nous » changent. A nous de bien saisir cette trajectoire inédite.

 

© STUDIO 101

L’auteur est Elian Pilvin, Directeur Général de l’EM Normandie

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