Si « La 5G est utile et indispensable » pour Cédric O, secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques, Julien Bayou, le secrétaire national d’EEL, assure qu’il n’y a pas besoin de « brosses à dents connectés »…

 

Concrètement c’est quoi la 5G ?

La 5G est un ensemble de technologies, normes et standards de réseaux mobiles, qui prennent la forme de fréquences utilisées par les réseaux, d’antennes, ou de protocoles de communications. Pour que la 5G soit déployée, l’Union Européenne a déclenché il y a maintenant six ans un plan de recherches et développements, appelé le 5G Private Public Partnership. Ce dernier a eu pour but de mettre d’accord les industriels intéressés et d’informer les Etats Membres de l’Union Européenne, pour développer des performances du réseau jusqu’alors impensable (cf. Tableau 1 en fin d’article)

A ce jour, trois catégories de services sont associées à cette cinquième génération de réseau mobile, qu’ils soient terrestres ou mêmes satellitaires (projet dans lequel les auteurs sont présents) :

Ultra-Reliable Low-Latency Communication (URLLC) : ou la possibilité d’avoir des connections ultra fiables et au temps de réponses ultra rapides notamment pour les industries critiques telle que la santé

Enhanced Mobile Broadband (eMBB) : ou l’objectif de débit d’une connexion fibre sur un mobile à la vitesse d’un TGV. C’est là que se situe généralement les potentialités pour les consommateurs et ne représente finalement qu’un tiers du potentiel de la 5G

Massive Machine-Type Communications (mMTC) : ou la possibilité d’interconnecter près d’un million d’objets par km2, objets qui, en plus d’interagir avec les humains, communiqueront entre eux pour s’autoréguler.

En réalité, penser le potentiel de la 5G lorsqu’elle sera mise en œuvre et déployée largement, revient à imaginer Netflix en 1980 quand l’infrastructure Internet démarrait, ou à penser Google en 1990 quand le web balbutiait. Si ce n’est pas impossible, c’est pour le moins hasardeux.

 

Mais pour quels risques sanitaires ?

Aucun, ou presque car la 5G n’a pas pour objectif de venir « en plus ». Précisément, l’évaluation des risques sanitaires est effectuée, entres autres, par l’ANSES et si la science sait que les ondes peuvent avoir un impact aussi bien positif que négatif sur les systèmes biologiques, les normes actuelles ne sont d’aucun risque pour les humains. Qui plus est, les technologies 5G vont gérer leur exposition au moment du besoin, limitant ainsi l’exposition. De plus, les ondes étant à plus hautes fréquences, elles pénètreront moins dans les corps. Toutefois, sur les bandes de fréquences et les matériels utilisés pour la 5G spécifiquement, nous sommes actuellement dans une relative ignorance, car les efforts de normalisation sont à peine achevés et les études d’impact en toujours en cours. Notons aussi que les expositions aux champs électromagnétiques sont déjà normalisées et on ignore ce que la 5G va précisément changer. Des discussions sont actuellement en cours à niveau européen sur les principes généraux pour les réglementations futures.

Ainsi, les effets et les opportunités de la 5G vont bien au-delà de ce qui pourrait être imaginé avec une 4G optimisée. Cette 5è génération va potentiellement changer la manière de gérer et d’exploiter le réseau, notamment à travers les clients et les services qui peuvent être proposés.

 

 

Tableau 1 : performance de la 5G, document auteur (données union européenne, ITU, 5G PPP)

Indicateur de performance 4G 5G Facteur d’amélioration
Traffic par surface 10 Gb/s/km² 10 000Gb/s/km² X 1 000
Nombres d’objets connectés par surface 10 000/km² 1 000 000/km² X 100
Flux de données par utilisateur dans une zone géographique 100Mb/s Up to 10 000 Mb/s X 100
Latence minimale 30ms 1ms X 30
Précision Pas de données Précision de localisation de 10 cm
Fiabilité Disponibilité 99,99% 99;99999% X 1 000
Mobilité du service minimal 350 km/h 500 km/h X 1,4
Efficience Consommation à l’usage par rapport à la génération précédente Pas un critère 10% X 10
Dépenses opérationnelles pour la gestion des réseaux 1 1/5 X 5

 

 

Les auteurs de Grenoble Ecole de Management sont : 

Pierre DAL ZOTTO, Professeur Assistant Coordinateur de la Chaire. « Digital, Organization and Society » & doctorant au CERAG à l’Université Grenoble Alpes

Emilio CALVANESE STRINATI, « Emilio Calvanese-Strinatti intervenant à Grenoble Ecole de Management et Smart Devices & Telecommunications Strategy Program Director, International Research Programs au CEA

Sylvain COLOMBERO, professeur

et Federico PIGNI, professeur