On qualifie notre société de société de consommation, mais elle constitue avant tout une société consumériste tant elle encourage à renouveler des biens qui n’ont pas été totalement consommés. Cette société consumériste oppose l’achat compulsif instantané à une consommation durable des biens jusqu’au terme de leur vie qui caractériserait une véritable société de consommation.

 

La comptabilité, par la distinction qu’elle effectue entre les achats qui constituent des stocks dans le bilan et les consommations qui sont enregistrées comme charges du compte de résultat, peut contribuer éclairer une confusion entre consumérisme et société de consommation.

Consumérisme et société de consommation : une équivalence erronée

Bien que le consumérisme désigne initialement un mouvement de défense du consommateur apparu dès 1915, cette notion représente désormais, selon le dictionnaire Larousse, un « mode de vie axé sur la consommation et caractérisé par une tendance à acheter systématiquement de nouveaux biens ». Consommer, c’est détruire irrémédiablement. Les entreprises pour fabriquer et distribuer leurs produits consomment irrémédiablement des stocks d’énergie fossiles et de matières premières ; cela appauvrit la planète, et corollairement, les entreprises enregistrent des charges qui diminuent leur résultat. La définition du Larousse suggère que nous consommons les biens que nous achetons mais tel n’est pas toujours le cas. Nombre d’objets présents dans nos habitations ne sont pas ou plus utilisés et constituent des stocks, donc des actifs sous utilisés, « oisifs ». C’est encore plus vrai pour les objets que nous laissons dans nos caves ou que nous entreposons dans des lieux de stockage éloignés, avant qu’ils ne finissent parfois, malgré leur caractère encore fonctionnel, dans une décharge.

Les obsolescences encouragées s’opposent à la consommation des biens

Nous accumulons différentes générations de téléphones en les renouvelant majoritairement tous les deux ou trois ans, comme le montre Statista dans son étude Répartition de l’obsolescence technologique des téléphones portables en France en 2019, par durée (frama.link/Stat-tel). Notons que ce titre semble erroné car 26% des personnes étudiées utilisent des téléphones âgés de plus de six ans. Il s’agit donc d’une obsolescence du design et non des fonctionnalités car les dernières générations d’appareils proposent seulement des améliorations de fonctionnalités marginales. L’équivalence établie entre renouvellement et obsolescence est ici inappropriée.

La consommation totale des biens produirait une société plus parcimonieuse

Le consumérisme, si on le définit comme un propension des individus, certes largement encouragée par le crédit, la publicité et l’innovation, à renouveler constamment leurs achats de biens non-consommés, s’oppose à ce que serait une société de consommation relativement parcimonieuse si chacun.e consommait intégralement ses biens que les entreprises devraient par ailleurs rendre réparables au lieu d’encourager, parfois, leur obsolescence. Réparer, le premier des « 3 R « est un moyen de prolonger la consommation de l’ensemble des pièces d’un objet et diffère la fin de son cycle de vie. Faute de réparer le bien dans son ensemble, certaines pièces peuvent être réutilisées sous forme de pièces de réemploi/occasion (Pièces Issues de l’Économie Circulaire, PIEC) ainsi que le propose la MAIF (chaqueactecompte.maif.fr/economie-responsable/je-vous-pose-une-portiere-de-reemploi/) ou dans des générations suivantes du produit comme le permet Xerox pour certains photocopieurs (frama.link/Xerox_CSR). Enfin, on peut recycler certaines matières premières d’un produit pour qu’elles n’atteignent pas le stade de déchet leur évitant une consommation finale par incinération.

Conclusion

Si pour les entreprises le défi d’une stratégie durable (Réparer, Réutiliser, Recycler) est d’empêcher les actifs de se déprécier sous forme de charges, de transformer des consommations en actifs (matières premières secondaires) en utilisant des flux d’énergies renouvelables, il nous semblerait souhaitable que les  consommateurs/consommatrices » méritent leur appellation et consomment réellement les biens acquis en attendant de ne payer que leurs usages, voire pour les seuls résultats qu’ils procurent, transférant les enjeux de consommation durable, un oxymore, sur leurs fournisseurs.

 

L’auteur est Emmanuel Zilberberg, Professeur-assistant à ESCP enseigne la comptabilité de gestion et le pricing. Il soutient en novembre une thèse en Sciences de l’éducation.

 

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