En 2012, la loi de l’autonomie des universités entre en vigueur et confère aux facultés de nouvelles responsabilités économiques. Ce nouveau statut amène à la création du poste de Vice-Président délégué aux ressources humaines et au dialogue social. Françoise Le Fichant, enseignant-chercheur à l’université de Nantes, a été nommée à ce poste en 2012 par Olivier Laboux, président de l’université. Françoise Le Fichant nous explique quels sont les tenants et les aboutissants de cette nouvelle fonction.

Françoise Le Fichant, VP-RH de l’université de Nantes

Françoise Le Fichant, VP-RH de l’université de Nantes

« A NANTES, LE PRÉSIDENT A TRÈS VITE SAISI L’INTÉRÊT DU VP-RH »
« Plus une faculté a d’importance dans le paysage national, plus la nécessité de créer un poste dédié au dialogue social et à la gestion des ressources humaines est indispensable. A Nantes, le président a très vite saisi l’intérêt du VP-RH. Cette nomination est le reflet de sa volonté d’être à l’écoute des salariés dans un souci de transparence. » Avec près de 35 000 étudiants et 21 « compétences » enseignées, l’université de Nantes est le plus grand pôle de recherche et d’enseignement de la région Grand-Ouest. Un tel établissement requiert un panel varié de professions allant de l’équipe technique aux professeurs / chercheurs et personnel administratif. La loi d’autonomie donne à l’université la responsabilité de gérer ses salariés et notamment le budget qui lui est alloué, des enjeux stratégiques que la fonction VP-RH nouvellement créée s’adonne à gérer. Les premières politiques suggérées par Françoise Le Fichant visent à améliorer la parité au sein du corps professoral. Elle a fait signer une charte en mars 2013 qui incite les directeurs généraux à motiver les femmes chercheurs-enseignantes à passer les concours pour devenir professeurs. Cette initiative a été saluée par l’ensemble du conseil d’administration de l’université de Nantes et ratifiée à l’unanimité. « Nous avons constaté une sous-représentativité des femmes professeurs dans les disciplines scientifiques. Notre marge de manoeuvre est faible certes, mais notre devoir est de modifier cette tendance en agissant en amont. » Suite au succès de cette première politique, Françoise Le Fichant affiche sa volonté de se mettre au service de ces interlocuteurs. Aujourd’hui, la difficulté de cette fonction réside dans son acceptation au sein des administrations.

 

« NOTRE RÔLE EST AVANT TOUT POLITIQUE »
Au poste de VP-RH, on retrouve généralement des enseignants-chercheurs qui n’ont pas suivi de formation technique en droit du travail et GRH.
« Notre rôle est politique. Nous sommes choisis pour apporter un regard neuf sur les décisions. Notre empathie, sens du dialogue et volonté d’améliorer le quotidien sont essentiels. » En tant qu’élus, les VP-RH se doivent de mener des actions en accord avec la politique sociale suggérée par le président. « Nous mettons en place les grandes lignes politiques RH et les DRH de l’établissement nous aident à mettre tout cela en musique grâce à leurs compétences techniques. » Choisir des enseignants-chercheurs à ces postes est stratégique. « Notre casquette d’enseignant fait de nous l’interlocuteur privilégié du corps professoral de l’université. Nous sommes plus à même de répondre à leurs attentes que certains DRH. » Françoise Le Fichant occupe toujours son poste d’enseignante-chercheur à l’université de Nantes et malgré un emploi du temps chargé, assure toujours son rôle de chercheur. « Mon statut politique exige d’être disponible au quotidien pour s’occuper des dossiers en cours. Toutefois, ma vocation est l’enseignement. En tant que chercheur en droit, je continue à rédiger des articles dès que je le peux. »
Pour la guider dans ses décisions politiques et faciliter ses actions, Françoise Le Fichant a d’ailleurs créé en janvier 2014, une association regroupant tous les VP-RH issus de la loi d’autonomie des universités. « Il n’y a pas d’historique à notre fonction, aucun d’entre nous ne sait comment se positionner. Il est apparu nécessaire de se réunir et d’échanger nos bonnes pratiques. » A travers des réunions régulières, l’initiatrice entend donner une légitimité à la nouvelle fonction de VP-RH.

 

Olympe Muller