Emploi des ingénieurs en 2026 - Les chiffres ©ChatGPT

Emploi des ingénieurs en 2026 : des recrutements en hausse de 11.2 %

« Le renouvellement des générations est un défi majeur pour la profession » C’est ainsi que l’on pourrait résumer les résultats de la 37ème édition de l’Observatoire des Ingénieurs et Scientifiques de France (IESF). Salaires, secteurs, recrutements, international, IA : voici les 8 infos à retenir sur l’emploi des ingénieurs en 2026.

« Au-delà des chiffres, cette édition révèle un moment charnière de l’histoire des ingénieurs et scientifiques. Nous sommes aujourd’hui plus d’un million en activité et continuons de bénéficier d’une situation de quasi plein emploi. Pourtant, derrière cette solidité apparente émergent des défis majeurs : renouvellement des générations, attractivité de certains secteurs stratégiques, transmission des compétences, réindustrialisation, transition énergétique et souveraineté technologique. Près d’un répondant sur quatre atteindra l’âge de la retraite dans les quinze prochaines années, alors même que les besoins de la société et des entreprises n’ont jamais été aussi importants » introduit Marie-Liesse Bizard, présidente de l’Observatoire IESF.

Près d’1.3 million d’ingénieurs en activité

Sur environ 1 028 700 ingénieurs en activité de moins de 65 ans, 236 599 ont aujourd’hui entre 50 et 64 ans. Autrement dit, alors que 50 045 nouveaux ingénieurs ont été diplômés en 2025, près d’un ingénieur actif sur quatre atteindra l’âge de la retraite dans les dix à quinze prochaines années.

30 % des deux premières promos d’ingénieurs attirés par l’industrie

« Ce vieillissement de la profession intervient dans un contexte plus large d’érosion de la place de l’industrie » alerte l’Observatoire. En effet, si l’industrie reste le premier employeur des ingénieurs, elle n’attire plus que 30 % des deux dernières promotions de jeunes diplômés (vs 42 % de l’ensemble des ingénieurs).  

138 700 recrutements en 2025

Côté recrutement, on observe un net rebond : +11,2 % en 2025 par rapport à 2024. Parmi les secteurs plébiscités : l’industrie, avec environ 45 800 embauches (en recul par rapport à 2024, donc). Les autres activités tertiaires et l’énergie sont quant à elle en forte hausse, avec respectivement 35 000 et 14 400 embauches. Sachant que l’orientation vers le métier reste avant tout une affaire de transmission familiale plutôt que scolaire : « la vocation d’ingénieur naît d’abord dans le cercle familial (45 %), loin devant le rôle des professeurs (17 %) » constate l’Observatoire.

Des salaires qui progressent… mais au ralenti

Le salaire brut médian des ingénieurs s’établit à 67 800 euros en 2025 (vs 67 000 euros en 2024, soit +1,2 %). Si l’Observatoire note un certain ralentissement par rapport aux années précédentes (+4,7 % en 2024, +6 % en 2023), il rappelle que le niveau de rémunération des ingénieurs reste nettement supérieur à celui des cadres du secteur privé (55 000 euros de salaire médian net, selon le baromètre 2025 de l’Apec sur la rémunération des cadres). Sachant que pour cette année, un ingénieur sur deux anticipe une nouvelle hausse de sa rémunération. A noter que 36 % des ingénieurs de moins de 30 ans ont été boursiers pendant leurs études (vs 24 % des 50-64 ans).

Le gap salarial homme-femme se creuse

L’enquête confirme par ailleurs un écart salarial de genre marqué : « les femmes ingénieures perçoivent 3 840 € net par mois en médiane, vs 4 910 € pour leurs homologues masculins », soit un écart conséquent de 22 % !

Le sens du travail, premier moteur de satisfaction et de fidélité

68 % des ingénieurs se disent satisfaits de leur travail et le sens donné au travail constitue leur premier moteur de satisfaction, devant la rémunération. L’industrie figure parmi les cinq secteurs dans lesquels les ingénieurs déclarent les niveaux de satisfaction les plus élevés avec 3,75 (derrière l’Eau & l’environnement, l’Électricité & gaz et les sociétés de conseil). A noter que les ingénieurs placent le respect, l’ambiance et l’esprit d’équipe (39 %) devant la rémunération elle-même (33 %). Par ailleurs, l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle constitue leur première raison de rester dans leur entreprise (52 %), devant la rémunération et les avantages proposés (46 %).

Un ingénieur sur deux travaille en Île-de-France ou en Auvergne-Rhône-Alpes

Ces deux régions concentrent ainsi près de la moitié des effectifs sur 15 % du territoire. L’Île-de-France concentre également 36 % des recrutements 2025 (près de 47 900), loin devant l’Auvergne-Rhône-Alpes (18 %, environ 24 600) et l’Occitanie (environ 9 700). Mais il est important de mettre ces chiffres en perspective. A titre d’exemple, la Bretagne s’impose comme la championne de la qualité de vie perçue (4,7/5) mais propose les salaires parmi les plus bas (58 059 €). Tandis que l’Île-de-France offre les salaires les plus élevés de métropole (73 799 €) mais aussi la qualité de vie perçue la plus basse (3,6/5) et le taux d’intention de départ le plus élevé (21 %).

60 % des moins de 30 ans envisagent de changer de région dans les trois ans

A noter que la mobilité géographique reste avant tout un phénomène de début de carrière : 60 % des moins de 30 ans envisagent de changer de région dans les trois ans (vs 25 % des 50-64 ans). A ce jour, 145 000 ingénieurs français exercent hors de France. Avec deux motivations principales : « 76 % jugent leur rémunération supérieure à ce qu’elle serait en France, et 89 % estiment cette expérience bénéfique pour leur carrière, sans pénalité constatée au retour. »

Et l’IA dans tout ça ?

Pour conclure, l’Observatoire s’intéresse, logiquement, à l’usage de l’IA chez les ingénieurs. Si les trois quarts utilisent déjà l’IA dans leur travail, ils expriment une confiance mesurée vis-à-vis de ces outils (5,6/10 vs 6,2/10 accordés à leurs propres compétences !). Avec, pour principal point de friction : la formation : 68 % des ingénieurs souhaiteraient des ateliers ou formations dédiés à l’IA. A bon entendeur !

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