C’est la tribune étudiante la plus emblématique du microcosme universitaire. Débattre en Sorbonne organise des conférences avec des personnalités publiques et des débats d’éloquence étudiants entre les murs boisés des célèbres amphithéâtres de la Sorbonne. Questions-réponses avec son actuel président, Maxime Daeninck.

 

Pitchez-nous Débattre en Sorbonne !

Fondée en 2013, cette association qui se donne pour but de promouvoir l’art du débat a trop vite perdu son public. Elle nous semblait pourtant majeure, pour ne pas dire consubstantielle à la vie universitaire. Avec un groupe d’amis, nous l’avons ranimée en 2017. C’est ainsi qu’elle est redevenue la première tribune des universités de la Sorbonne. S’y retrouvent tous les étudiants de toutes les filières unis par la passion commune du débat sur tous les sujets qui enflamment notre société. Ces débats prennent deux formes : des conférences avec une ou plusieurs personnalités de la vie publique, ou des échanges entre étudiants. Elle a été reconnue d’utilité publique en 2018.

Ses valeurs ?

Avant tout, la liberté d’expression. Dans la limite de nos lois évidemment, mais d’abord liberté, la vertu de notre devise républicaine la plus souvent attaquée. Ouverture au monde, à l’autre, à des disciplines que l’on n’étudie pas – l’interdisciplinarité étant depuis toujours la définition même de la Sorbonne. Nous rassemblons les étudiants, aussi différents soient-ils, dans un même dessein qui, de fait, accentue le sentiment positif du partage et de l’appartenance à cette prestigieuse université.

Malgré les nombreux étudiants internationaux, vous tenez des débats en français. Pourquoi ?

Parce que nous débattons en France, au cœur même de l’enseignement, dans une langue dont l’histoire et les évolutions se confondent avec l’art du débat. C’est aussi un moyen pour les étudiants internationaux de pratiquer et d’améliorer leur français.

©Débattre en Sorbonne

Comment organisez-vous vos débats ?

Nous les organisons dans les plus beaux amphithéâtres de la Sorbonne. Tous nos débats sont ouverts au public. Evidemment, nous prenons le temps d’en fixer les contours afin qu’ils ne tournent pas au simple pugilat ou au catalogue de généralités. Et nous assurons la sécurité des participants. Surtout quand de grandes personnalités – souvent controversées sans quoi ce ne seraient pas… de grandes personnalités – nous font l’honneur de venir à notre rencontre. Les prises de parole oscillent entre une demi-heure et une heure, avant de faire place à une discussion avec la salle. Quant aux débats étudiants, nos compétitions oratoires interuniversitaires se déroulent parfois hors de nos locaux, et nous choisissons en amont des thématiques, classiques ou originales comme la reconstitution-invention de procès historiques (procès de Robespierre, de Richelieu…).

Quelles personnalités avez-vous déjà reçues ?

Lors de nos dernières conférences, nous avons eu le plaisir de recevoir le journaliste Hugo Clément pour parler de la cause animale, François Hollande pour évoquer la crise que traversent en ce moment les démocraties occidentales, l’économiste Thomas Piketty, ou encore Inna Shevchenko, leader du mouvement Femen depuis 2012.

Pourquoi Débattre en Sorbonne n’est pas une association d’éloquence comme les autres ?

Parce que c’est un lieu d’échanges entre des personnes complétement différentes, même en dehors des amphithéâtres à l’instar de nos dîners-débats. La seconde raison est l’ « esprit Sorbonne » : c’est une histoire, un symbole, un climat, un lieu unique.

Comment avez-vous fait vivre votre association pendant le confinement ?

Avec l’équipe, j’ai prévu des concours d’éloquence en ligne sur Instagram. 2 500 spectateurs : plus que toutes nos finales « in vivo » !

Votre conseil aux futurs présidents de Débattre en Sorbonne ?

Le plus important est de garder le lien avec les membres de l’association : je lance des conversations sur les réseaux sociaux, partage des anecdotes, des blagues, des pistes sérieuses… Une sorte de « buvette » online ! C’est ensemble que l’on fait vivre l’association tout au long de l’année. L’entente et la communication conditionnent notre existence même.