180 étudiants de 1ère année de Grenoble INP Phelma découvrent l’électronique dans un cours 100 % inversé :  ils travaillent les notions en amont grâce à des capsules vidéos. Les enseignants accompagnent et orientent les travaux de groupe pendant les séances. Les différences de prérequis entre étudiants sont gommées, tous se mettent au travail dans la bonne humeur, l’examen final est mieux réussi ! Interview des enseignants : Fanny Poinsotte et Nicolas Ruty

 

Comment se passe la classe inversée dans votre cours ?

Photo par Thomas VIALLETET

Nous avons entièrement inversé notre enseignement : l’apprentissage des notions est reporté à la maison, grâce à des capsules vidéos didactiques de 7 à 12 minutes. Les formats variés utilisés  permettent aux étudiants d’être sensibilisés aux différentes facettes de la discipline : apports théoriques, exemples de résolutions d’exercices, découvertes de montages électroniques simulés puis testés en direct.
A chaque début de séance, un QCM est proposé sur les notions travaillées en vidéo. Il est corrigé ensemble immédiatement. Ce temps nous permet de répondre à des questions, de balayer les points clés…

Ensuite les étudiants travaillent en groupes de 4 à 6 sur deux types d’outils :
–  des exercices d’application directe du cours : les étudiants ont une feuille d’exercices par groupe, avec une section par notion de cours. Dans chaque section, il y a plusieurs exercices de difficulté croissante.  Avant, l’enseignant avait le temps de traiter un exercice par chapitre ; aujourd’hui les étudiants en traitent 4, 5 ou plus !
– des problèmes complexes intégrateurs (exemple :  la conception et le dimensionnement d’une « FranceInBox », outil publicitaire qui peut capter la radio FM et être réalisée pour moins de 10€).

Le travail en groupe permet aux étudiants de développer non seulement des compétences scientifiques, mais aussi organisationnelles et sociales. Comme les problèmes proposés sont nombreux et variés, chacun peut y aller à son rythme et le groupe aide tous et chacun à progresser. Nous faisons très attention à la communication autour de la méthode. C’est très différent de ce que les étudiants ont expérimenté jusque-là. Il faut leur expliquer le principe, les objectifs, les attendus, l’intérêt pour eux. On est tout le temps derrière leur dos, mais ils jouent le jeu et apprécient !

Pourquoi avoir choisi la classe inversée et qu’en  pensent les étudiants ?

Aujourd’hui, les réformes vécues dans le secondaire et l’origine variées de nos étudiants font qu’ils arrivent avec des niveaux très disparates. Par ailleurs, nous sommes confrontés à une réduction des moyens et donc des heures d’enseignement encadrées. Nous n’avions pas le choix : D’un point de vue pragmatique, il faut que le cours soit synthétique et que le temps où les étudiants viennent en classe soit réservé aux interactions entre eux et avec l’enseignant, qu’ils soient réellement actifs, qu’ils testent, travaillent et intègrent les savoirs. Les étudiants sont majoritairement contents, ils ont des meilleures notes et s’impliquent réellement. Ils râlent un peu d’être obligé de se mettre au travail mais c’est notre objectif !  Et un dernier effet, moins marqué mais intéressant quand même, c’est qu’il y a moins d’écart type sur les notes, par rapport à ceux qui ont suivi les modalités conventionnelles.

Et pour la suite ?

Nous espérons réussir à regrouper cet enseignement et l’enseignement pratique d’électronique (travaux pratiques et bureau d’étude) pour en faire un tout cohérent, alternant travail à la maison,  en salle et en laboratoires. Par ailleurs, nous avons obtenu un financement sur projet pour investir dans du mobilier adapté au travail en groupe et créer un learning lab à Phelma. Nous espérons que cela facilitera encore les apprentissages des étudiants.

Photo Eric MEURICE – Grenoble INP

Propos recueilli par Aurélie Feron, conseillère pédagogique à PerForm*, auprès de Fanny Poinsotte et Nicolas Ruty, responsables du cours d’Électronique en classe inversée en 1ère année à Phelma.

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