Assurer son cours à distance n’est pas un exercice facile pour un enseignant contrairement à ce que l’on peut penser, surtout lorsqu’on est habitué à enseigner en présentiel uniquement. C’est un exercice qui requiert plus d’organisation et de réflexion car il faut tout repenser son approche pédagogique. Mais la difficulté principale d’un cours donné 100% en virtuel reste le lien social réel qui se retrouve de facto réduit et qu’il faut apprendre à maintenir ou à recréer autrement à travers un écran.

 

Avec un peu d’appréhension, j’ai appris à m’adapter à cet exercice à l’aide de mes étudiants. Face à une génération Z, très à l’aise avec le digital et qui a toujours baigné dans le monde du virtuel, cette expérience ne pouvait être que positive. C’est un beau challenge que nous avons su relever ensemble en plusieurs étapes.

Pas de place pour l’improvisation !

Contrairement aux idées reçues, un cours donné en virtuel ne s’improvise pas et doit être bien pensé en amont. C’est loin d’être une simple transposition de cours que l’on a conçu pour un format en présentiel. Afin d’adapter les 12 heures de cours qu’il me restait à assurer en format virtuel, il a fallu formaliser, pour chaque séance, un scénario adapté aux objectifs d’apprentissage en se servant des différentes fonctionnalités proposées par l’outil Zoom. Le 1er défi a été de se familiariser avec l’outil Zoom en un temps très limité. Il a fallu à la fois s’approprier l’outil, repenser le design du cours et adapter son approche pédagogique. Grâce à la mobilisation de l’ensemble de la communauté NEOMA et plus particulièrement de la Direction de la Pédagogie Innovante, le lancement des classes virtuelles via Zoom s’est fait dans les meilleures conditions. Par ailleurs, une vraie approche solidaire s’est installée au sein du corps professoral. Les professeurs les plus à l’aise avec le digital et qui avaient déjà développé une certaine expertise de l’outil, ont partagé leurs expériences et coaché les enseignants les plus novices via des forums dédiés et des groupes d’experts.

Une fois l’outil maitrisé et l’approche pédagogique repensée, il est temps de se connecter à sa classe !

Le cours que je donne est un cours de comptabilité de gestion pour les étudiants du programme CESEM de NEOMA. S’agissant d’un programme international, ma classe regroupe plus d’une dizaine de nationalités et de cultures différentes. Il a fallu dans un premier temps faire preuve de bienveillance afin que les étudiants se sentent rassurés et encadrés dans cette nouvelle bulle de travail. Le module de 45h de cours Comptabilité de gestion avait déjà démarré depuis janvier sur le campus de Reims, donc je connaissais déjà mes étudiants, la première étape était de réinstaurer un climat convivial au sein de ma classe et donc de maintenir les liens déjà créés en présentiel, dès lors qu’il restait seulement 4 séances avant l’examen final.

Fort heureusement, l’outil Zoom propose certaines modalités de fonctionnement similaires à celles d’un cours donné en présentiel, comme lever la main, activer ou couper son micro, converser à deux ou avec toute la classe sur le forum, etc.

L’interaction avec et entre les étudiants : facteur clé d’une classe virtuelle réussie

Afin que le cours soit le plus interactif possible, j’ai alterné entre plusieurs fonctionnalités proposées par l’outil Zoom pour que mes étudiants ne se retrouvent pas passifs devant leurs écrans. Le piège pour un professeur qui donne cours derrière son écran est de se retrouver à réciter un monologue qui peut vite ennuyer les étudiants… surtout dans un cours assez technique, comme la comptabilité de gestion. L’implication de l’apprenant dans des mises en situation (Exercices ou études de cas) est le meilleur moyen pour lui permettre de mettre à profit les compétences qu’il a acquises et de les faire évoluer tout au long du cours. Au lieu de partager la simple correction d’un exercice, j’ai mis à disposition une grille sous Excel reprenant les différentes étapes de résolution, et après un travail individuel, j’ai ouvert la grille sur mon ordinateur, j’ai fait un partage d’écran et donné le contrôle à distance à un étudient pour corriger et expliquer sa démarche.

J’ai également administré des quiz en utilisant l’outil WOOPCLAP, en complément de Zoom, pour animer des petites séquences de micro-apprentissage qui m’ont permis de stimuler la concentration des étudiants et de repérer plus rapidement les lacunes de chacun et ainsi de reprendre les points qui n’ont pas été correctement assimilés. Ainsi, certains de mes étudiants, qui d’habitude étaient plus réservés en présentiel, étaient plus à l’aise en formulant leurs interrogations par écrit dans le chat. Il était intéressant de voir d’autre étudiants rédiger spontanément des réponses. Pour améliorer l’interaction entre les apprenants, j’ai divisé la classe en groupes de 4 à 5 étudiants. De cette façon, ils ont collaboré ensemble sur une étude de cas, préalablement déposée et téléchargé sur la plateforme « Courses ». Je passais ensuite virtuellement d’un groupe à l’autre pour répondre à leurs questions ou valider leurs propositions.

Dans une période où la distanciation sociale est le seul mot d’ordre, le digital nous a permis de garder un lien avec l’ensemble de la communauté NEOMA et d’assurer une continuité pédagogique de qualité.  Cette expérience est un vrai catalyseur qui permettra à tout enseignant de repenser ses méthodes d’apprentissages, de les faire évoluer et de les adapter à l’ère du digital. Néanmoins, il est primordial de faire en sorte que le coté l’humain passe avant la technologie. La classe virtuelle ne devrait pas manquer d’interactions. C’est probablement une opportunité pour de nouvelles formes d’interactions.

 

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