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Collaboration startups/grandes entreprises : qui inspire qui, qui mentore qui ?

Businessman and city isolated on white background. Black and white image. Double exposure

Aujourd’hui les collaborations entre les startups et les grands groupes sont devenues une chose courante dans le monde de l’entrepreneuriat. On assiste ainsi à la naissance d’une relation mutuellement profitable dont le sens interroge : Que peuvent bien apporter ces jeunes pousses aux grandes entreprises et inversement ? Est-ce la grande entreprise qui sert de pygmalion pour les startups qui cherchent à l’imiter ou est-ce plutôt la startup qui sert de muse aux grandes entreprises en mal de créativité ? Un peu des deux. L’une et l’autre ayant un intérêt à collaborer.

Grande entreprise = Pygmalion (startup)

Instinctivement, on se dit que les créateurs de startups ont tout intérêt à écouter leurs ainées, les grandes entreprises. Elles ont réussi avant elles, elles se sont développées. Elles ont de l’expérience, des succès, des échecs à partager. A l’origine de cette réussite, plusieurs facteurs peuvent être identifiés : des produits ou services répondant parfaitement à la demande du marché, des processus de fabrication éprouvés, un marketing efficace … Autant d’aspects que les créateurs souhaiteraient acquérir au plus vite et à moindre coût. Cette expérience se partage notamment par le biais des programmes de mentorat qui permettent la rencontre de jeunes entrepreneurs avides de réponses à leurs questions, avec des dirigeants ou des cadres de grandes entreprises ayant envie de donner un peu de leur temps. En outre, au-delà de ce mentorat, les grandes entreprises sont souvent des donneurs d’ordre, les premiers clients des startups. La créativité des startups répond donc aux besoins non ou mal pourvus des grandes entreprises, et est même améliorée en appliquant une méthode agile. Enfin, des grandes entreprises ont souvent des produits ou des services dont les startups (futures PMEs) pourront avoir besoin un jour ou l’autre. Elles ont donc un intérêt évident à les former, les faire grandir pour les avoir comme clientes plus tard. La grande entreprise serait donc le Pygmalion (qui forme, qui instruit) de la startup.

Startup = Muse (grande entreprise)

Mais inversement, les grandes entreprises n’auraient-elles pas, elles aussi, intérêt à s’inspirer des startups ? Le risque quand on grandit, c’est de perdre de l’agilité, de la réactivité mais surtout de la proactivité. On est mieux organisé, on a des processus, des procédures à suivre pour éviter les échecs. Cette belle organisation n’est-elle pas un frein à la créativité, à l’innovation ? On constate que nombre de grandes entreprises (ou d’ex startups devenues grandes entreprises à leur tour) rachètent des startups (une de leurs technologies ou leur innovation marketing), ce qui revient à externaliser tout ou partie de leur service d’innovation. Qu’elles agissent de manière réactive (pour éviter de se faire ubériser) ou de manière proactive (pour se réinventer régulièrement), les grandes entreprises se doivent de faire une veille permanente sur les nouveaux business models des startups. De l’autre côté, l’ambition de nombreux créateurs n’est pas de devenir forcément « capitaine d’industrie » en développant leur entreprise sur plusieurs décennies mais plutôt de se revendre à une grande entreprise dès que l’occasion se présentera. Poussée à l’extrême, cette créativité de la startup devient même un métier pour le créateur : inventeur de nouveaux business destinés à être intégrés rapidement pour pouvoir se consacrer à une nouvelle idée. De plus, les créateurs de startups pratiquent de plus en plus le reverse mentoring, consistant à mentorer les mentors (notamment dans la relation avec les réseaux sociaux, les nouvelles tendances). Dans ces cas, la startup est la Muse (qui inspire) de la grande entreprise.

Aujourd’hui, les startups ont une place prépondérante dans la transformation des entreprises et cela n’est pas prêt de s’arrêter. On le voit, leur relation n’est pas à sens unique. Pygmalion de l’une ou muse de l’autre, les deux coopèrent en ayant des intérêts complémentaires, chacune ayant quelque chose à apprendre de l’autre pour réussir le pari de grandir ensemble.

Ecrit par Denis Gallot, Directeur du Startup Lab de NEOMA BUSINESS SCHOOL 

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