La Junior Conseil Phelma propose depuis de nombreuses années aux entreprises d’exploiter le potentiel des ingénieurs spécialisés de GRENOBLE INP – Phelma par la réalisation de projets. Aujourd’hui, elle s’intéresse aux raisons d’un tel attrait pour les ingénieurs spécialistes.

 

Ingénieur, un métier technique avant tout

Dans l’imaginaire collectif, l’ingénieur est vu comme un spécialiste technique, bricoleur ingénieux capable d’abstraction. Cette idée collective c’est aussi la cible des recruteurs. En effet, si on peut bien faire un constat aujourd’hui, c’est que les profils d’ingénieurs à compétences techniques sont très recherchés. Le haut degré de technicité recherché implique nécessairement de s’intéresser aux ingénieurs spécialistes. Ainsi, ces dernières années, des métiers tels que chef de projet industriel, chef de projet R&D et des voies telles que l’informatique industrielle ou la direction d’unité industrielle, sont autant de domaines requérant de solides connaissances techniques et donc porteurs pour les ingénieurs.

Les qualités des ingénieurs spécialistes

La popularité de ces ingénieurs spécialisés auprès des recruteurs prouve toute la valeur qui leur est accordée. De fait, ayant suivi une formation très poussée dans un domaine spécifique, les ingénieurs spécialistes sont déjà en grande partie des experts dans leur domaine avant même d’entrer sur le marché du travail. Ces ingénieurs « prêts à l’emploi » représentent donc un véritable gain de temps et d’argent pour les entreprises qui se les arrachent.

Serge Schoen, Vice-président du Conseil d’Administration de Louis Dreyfus Commodities nous confie : « pour les recruteurs, les ingénieurs spécialistes qui ont démontré leur capacité à maitriser un domaine en profondeur ont la double vertu d’être directement employables sur ce domaine et, pour peu qu’ils aient gardé une certaine flexibilité, d’avoir souvent le potentiel d’appliquer la même profondeur dans d’autres domaines. » Outre leurs connaissances techniques et leur maîtrise d’un domaine, les ingénieurs spécialistes jouissent donc d’une méthode d’approfondissement qui, une fois appliquée, peut leur octroyer une grande souplesse.

Le désamour des docteurs : l’exception à la française

En 2013, pas moins de 8 % des ingénieurs diplômés en France ont fait le choix de poursuivre une thèse, soit près d’un ingénieur sur 12. Néanmoins, pour la majorité de ces futurs docteurs, l’entrée dans le monde professionnel se fera à l’étranger et non en France. Et pour cause, il semble que les recruteurs français, bien qu’attirés par les ingénieurs spécialistes, rechignent cependant à une spécialisation trop forte.

Ainsi pour plus de deux jeunes docteurs sur trois, le départ à l’étranger s’explique par les difficultés à trouver un poste en France. Si ces docteurs font le choix de partir, c’est parce qu’ils savent pertinemment que la situation est bien différente à l’étranger. Car les recruteurs étrangers savent apprécier nos docteurs pour leur spécialisation. En effet, le principal point fort des docteurs français (cité dans 76 % des cas) serait les compétences scientifiques spécifiques à leur champ de recherche.

Il apparaît donc un véritable plafond de spécialisation en France au-delà duquel la volonté d’embauche chute fortement. Néanmoins ce plafond pourrait commencer à s’effacer dans les années à venir grâce au soutien du gouvernement qui entend bien prendre des mesures pour rapprocher docteurs et monde de l’entreprise.

Par Marie-Charlotte Leclerc