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« A L’INSA Centre Val de Loire on apprend à sauver la planète… et la démocratie ! » L’interview d’Alain Sarfati

INSA Centre Val de Loire
© Christophe Le Toquin

Avant dernier-né du Groupe INSA, l’INSA Centre Val de Loire est le fruit de la fusion de l’ENI du Val de Loire et de l’ENSI de Bourges. Emblème de la diversité made in INSA, l’école d’ingénieurs intègre l’École de la Nature et du Paysage et délivre le Diplôme d’État de Paysagiste. Rencontre avec Alain Sarfati, son administrateur provisoire. Par Clarisse Watine

(Interview réalisée le 22 novembre 2021 – Par arrêté de la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, en date du 20 décembre 2021 et publié le 6 janvier 2022, Yann Chamaillard, professeur des universités, est nommé directeur de l’INSA Centre Val de Loire pour un mandat de cinq ans. Il a pris ses fonctions le 17 janvier 2022 ndlr)

INSA Centre Val de Loire
© Christophe Le Toquin

L’ingénieur INSA, un ingénieur comme les autres ?

J’espère en tout cas que tous les ingénieurs s’inspirent de ses valeurs, celle d’un ingénieur humaniste, doté d’un fort bagage technique, technologique et scientifique, ainsi que d’une grande ouverture sur la société et le monde.

A quels enjeux du 21e siècle les diplômés de l’INSA Centre val de Loire répondent-ils ?

Je tiens d’abord à rappeler le fait que les INSA sont des Instituts Nationaux de Sciences Appliquées. Une dénomination dans laquelle on ne trouve pas le terme d’ingénieur et qui incarne toute la diversité des enjeux que nous adressons. Une dynamique qui s’illustre bien sûr à l’INSA Centre Val de Loire, le seul INSA à délivrer, outre le titre d’ingénieurs, le Diplôme de paysagiste concepteur. Nous souhaitons d’ailleurs amplifier les riches interactions qui peuvent exister entre la partie « ingénierie » que porte nos ingénieurs et partie « environnement » que portent nos paysagistes, deux métiers qui peuvent ainsi travailler ensemble de façon très complémentaire et positive. Nous traitons aussi d’enjeux éminemment d’actualité. D’abord, tout ce qui a trait au climat et à l’énergie, avec un focus mis sur le nucléaire via une spécialité et une option en partenariat avec l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire). Nous sommes également très bien positionnés sur les questions de sécurité informatique. Finalement, on apprend à nos étudiants à sauver la planète et à sauver la démocratie !

INSA Centre Val de Loire et Groupe INSA : le match parfait ?

Le Groupe nous apporte d’abord de la visibilité : une marque connue et reconnue, c’est important pour recruter de bons étudiants, nouer des partenariats industriels… Et plus on est nombreux, plus on est forts et mieux on peut relever des défis importants.

Votre plus grand défi pour les prochaines années ?

Capitaliser sur la force des deux diplômés que nous délivrons, faire en sorte que ces deux formations créent toujours plus de synergies mutuelles en termes de recherche et de formation, transformer l’essai et en faire une vraie marque de fabrique de l’INSA Centre Val de Loire.

Deux bonnes nouvelles attendues pour 2022 ?

La première : voir nommé un directeur ou une directrice et son équipe pour mettre en route tous les projets cités. La seconde : la réussite de projets très concrets qu’il/elle trouvera tout de suite sur son bureau : les accréditations CTI et HCERES.

Un message aux futurs élèves de l’INSA Centre Val de Loire ?

Choisir le modèle INSA, c’est choisir la diversité. Une diversité que nous incarnons tout spécifiquement à l’INSA Centre Val de Loire, où se côtoient futurs ingénieurs et paysagistes. Sans oublier que nous rejoindre, c’est aussi rejoindre une école à taille humaine (nous accueillons un peu moins de 2 000 élèves), ancrée dans une belle région. Nous sommes la preuve que les belles études d’ingénieurs, ça ne se passe pas uniquement à Paris… et c’est un Parisien qui vous le dit !

Quand les INSA voient du paysage !

Parce que « la question de la nature et du paysage est d’abord une question collective et publique » l’Ecole de la nature et du paysage, intégrée depuis 2015 à l’INSA Centre Val de Loire est 100 % en phase avec la philosophie des INSA centrée sur l’intégration dans la société civile et les territoires.

Cette école délivre le titre de paysagiste concepteur après cinq années de formation très pluridisciplinaire. « Dessin et représentation bien sûr, mais aussi beaucoup de technique (ingénierie fluviale, écologie, géométrie descriptive, construction…) et de sciences du vivant (pédologie, biologie, hydrologie, sédimentologie…). Sans oublier les sciences humaines, indispensables pour comprendre les contextes ou nos diplômés seront amenés à travailler (politiques publiques, droit de l’urbanisme, histoire, géographie…) » rappelle Lolita Voisin, directrice du département de l’École de la Nature et du Paysage de l’INSA Centre Val de Loire. Leur formation est aussi marquée par le Projet paysage au cours duquel les élèves doivent analyser une situation, concevoir un projet, le dessiner et le réaliser en intégrant tous les aspects techniques et de communication. Si le projet est réalisé collectivement durant les quatre premières années, en 5A, chaque élève choisi son sujet et le réalise seul avec toujours un objectif : « être dans des postures d’anticipation des transformations de l’espace pour mieux vivre à l’avenir, toujours dans une optique d’économie de moyens. »

Pour aller plus loin dans l’hybridation

L’INSA Centre Val de Loire réfléchit à une filière commune ingénieurs/paysagistes basée sur un parcours dédié aux énergies renouvelables via certains cours partagés et des ateliers croisés entre ingénieurs énergéticiens et paysagistes. Avec le double-diplôme en ligne de mire. Une formation commune sur la maîtrise des risques industriels est aussi en réflexion.

Mode d’emploi

Bacheliers ou plus expérimentés, les candidats à l’Ecole de la Nature et du Paysage sont issus de formations scientifiques, artistiques ou plus empreintes de sciences humaines. Au programme du concours : une épreuve d’anglais, une épreuve de dessin accompagnée par un professeur et un entretien oral. Le but « trouver des étudiants polymorphes qui ont envie d’aller vers la complexité dans des études très exigeantes » tient à préciser Lolita Voisin. Mais pour quels résultats ! Maîtrise d’œuvre dans des bureaux d’études ou en agences ou se côtoient paysagistes, écologues, designers), maîtrise d’ouvrage auprès de collectivités publiques en milieu urbain, ou, de plus en plus, en milieu rural… autant de débouchés passionnants qui leur sont ouverts.

Le coin des spécialités

Sur le campus de Blois, le Génie des systèmes industriels a le vent en poupe. « Les étudiants qui ont cette spé sont destinés à prendre en charge des systèmes industriels dans la conception (bureaux d’étude et R&D) ou dans la gestion des systèmes de production à travers l’option Performance industrielle et, plus originale dans école d’ingénieurs : Ingénierie des achats industriel, le pendant de l’ingénieur commercial côté acheteur (option proposée aussi en apprentissage) » indique Jérôme Fortineau, directeur des formations. Du côté du campus de Bourges, on se concentre plutôt sur la maîtrise des risques industriels « afin de prendre en compte toute la chaine du risque industriel, qu’il soit chimique, environnemental, nucléaire…). Un vrai sujet d’actualité ». Sans oublier la spécialisation en sécurité informatique.

Pourquoi les industriels plébiscitent les diplômés de l’INSA Centre Val de Loire ?

« D’abord bien sûr, pour leurs compétence en ingénierie ! Mais aussi, et c’est de plus en plus prégnant dans les besoins de recrutement des entreprises : leur appétence pour les SHS et l’entrepreneuriat. Deux disciplines qui mobilisent d’autres types de compétence et notamment des soft skills très différenciants. Ils apprécient aussi leur posture, humble, accessible, leur la volonté d’apprentissage et leur engagement » insiste Cécile Prévost, responsable des partenariats.

L’entrepreneuriat étudiant, ça se passe aussi à l’INSA Centre Val de Loire !

L’INSA Centre Val de Loire a mis en place un programme complet avec un module obligatoire de 30 heures pour initier les élèves ingénieurs à la création d’entreprise. « Chaque équipe de 4 à 6 élèves-ingénieurs est pilotée par un enseignant et parrainé par un accompagnateur extérieur issus du monde de l’entrepreneuriat (représentant d’un incubateur, chef d’entreprise, banquier, assureur, membre de la CCI…). Pour aller plus loin, un incubateur a été co-créé avec des partenaires économiques locaux pour accompagner les étudiants à réaliser leurs projets. Chaque année, 40 à 50 étudiants sont concernés par la création d’une entreprise, ce qui permet à l’INSA d’être régulièrement reconnu comme une des trois meilleures écoles d’ingénieurs pour l’accompagnement à l’entrepreneuriat. Nous avons créé la Fondation INSA Centre Val de Loire pour nous permettre, avec le soutien mécène entreprise, de soutenir cette dynamique autour de l’entrepreneuriat » précise Julien Olivier Coordinateur de Projets Innovation et Entrepreneuriat à l’INSA Centre Val de Loire et Délégué Général de la Fondation.

Ils ont créé leur boite

Diplômé en 2021, Théo Guidoux a été accompagné pendant trois ans dans la création d’Appcom, une application visant à aider les communes à resserrer le lien avec leurs administrés. Trente collectivités de la région se sont déjà lancées dans l’aventure. Un doctorant est actuellement en train de conceptualiser un projet d’application intégrée dans un bracelet pour suivre les besoins de patients atteints de maladies chroniques de type diabète.

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