Depuis sa création en 1747, l’École des ponts ParisTech, l’une des plus anciennes écoles d’ingénieurs, ne cesse d’être à la pointe de l’innovation dans l’organisation et le contenu des cursus. Son directeur Armel de la Bourdonnaye, revient sur les clés de cette réussite et sur son rôle à la tête de l’École.

 

Armel de la Bourdonnaye © F. Le Moing/École des Ponts ParisTech

Armel de la Bourdonnaye © F. Le Moing/École des Ponts ParisTech

« Nos ingénieurs, à haut potentiel, sont appelés à relever les grands défis de la société d’aujourd’hui et de demain, il est donc essentiel pour l’école de conserver au fil des ans, son leadership et sa modernité ». Pour y parvenir, l’École des Ponts ParisTech a toujours été positionnée sur des enjeux d’importance mondiale : urbanisme, assainissement, réseaux de transport… Autant de problématiques cruciales, qui restent au coeur des préoccupations de l’humanité. Autres atouts de l’École : l’alchimie, réussie et continue, de la prise en compte de l’intérêt public et privé, ainsi que l’ouverture internationale. Enfin, l’École jouit de relations étroites avec le monde des entreprises. « Une collaboration qui s’accentue d’années en années, avec la volonté affichée de participer à la formation, à la compétitivité et au développement économique des entreprises françaises. »

 

Une profonde réforme des enseignements
« Pour durer, il faut aussi savoir se remettre en question, confie Armel de la Bourdonnaye. Face à une internationalisation croissante des standards d’excellence en matière d’enseignement supérieur, à une demande accrue d’ingénieurs de très haut niveau dans différents pays, nous avons engagé une réforme de notre formation d’ingénieur ». En chantier depuis un an déjà et mise en oeuvre à la rentrée 2015, elle vise à adapter l’enseignement aux enjeux du XXIème siècle et à maintenir le diplôme au meilleur niveau mondial. Elle offrira une formation plus innovante sur le plan pédagogique et encore plus ouverte aux différentes thématiques du développement durable. « Les problématiques actuelles autour du numérique, de l’innovation ou encore de l’entrepreneuriat ont également été au coeur de notre réflexion. » Concrètement, cela va se traduire par le renforcement de la dimension « projet » au sein de la formation d’ingénieur : « moins de cours magistraux mais davantage de travail personnel, pour encourager nos élèves à être plus actif dans leur apprentissage et la dernière année sera axée sur un travail collectif autour de projets pluridisciplinaires, issus des entreprises. »

 

« Mon rôle de directeur ? »
« Une grande école ne ressemble à aucun autre corps social. Mon rôle est bien différent de celui d’un P-D.G. car nous sommes loin d’être une PME de 300 salariés : mes élèves ne sont pas mes clients, je gère un grand nombre d’intervenants extérieurs ainsi qu’une activité de formation continue importante, je suis également en lien avec une association d’anciens d’élèves et il n’existe pas d’équivalent pour les salariés, etc. Une grande école est, en fait, une communauté complexe dont il faut prendre en compte chacune des dimensions.
D’un point de vue plus opérationnel, en tant que directeur, je porte et j’incarne la vision et la stratégie de l’École. C’est à moi, notamment, qu’il revient de la faire accepter à cette communauté (élèves, anciens élèves, professeurs, chercheurs, partenaires, …). Cela implique un travail en interne de consensus, autour des grands enjeux de l’École tout autant que de la vie quotidienne de l’établissement. Je reste attentif à la qualité de vie et aux des relations de travail. Enfin, j’endosse le rôle de représentant de l’École (explicitation de la stratégie, missions d’écoute et de négociation) en France et à l’international bien sûr. »

 

CD