le grand entretien

 

Président de la CPU depuis un an, Jean-Loup Salzmann s’est attelé à un grand projet : promouvoir la contribution de l’université et de ses enseignants-chercheurs aux grands enjeux économiques, sociétaux et de l’emploi des jeunes.

 

Jean-Loup Salzmann, président de la Conférence des présidents d’universités et président de l’université Paris 13-Nord (Villetaneuse)

Jean-Loup Salzmann, président de la Conférence des présidents d’universités et président de l’université Paris 13-Nord (Villetaneuse)

Un an après votre arrivée à la tête de la CPU, quel est votre état d’esprit ?
L’enthousiasme est toujours au rendez- vous ! Je ressens aussi une grande fierté d’être à la tête de la CPU qui rassemble toutes nos universités ainsi que des établissements comme l’Ecole Normale Supérieure, Centrale Paris, Arts et Métiers ParisTech ou encore l’Ecole polytechnique qui vient de nous rejoindre.

 

Quel est votre grand projet durant ce mandat ?
L’objectif de l’équipe est de mettre les questions relatives à l’enseignement supérieur et à la recherche au coeur du débat de société, au coeur des éléments de décision du gouvernement. Nous souhaitons faire partager au plus grand nombre notre conviction que l’enseignement supérieur et la recherche sont le seul moyen titre, je souhaite rappeler que le budget pour l’enseignement supérieur et la recherche n’est pas une dépense, mais un investissement pour l’avenir. Un investissement décisif pour développer la formation supérieure, la recherche et le transfert de ses avancées vers les entreprises pour en faire un levier de leur développement. Nos propositions durant les assises de l’enseignement supérieur et de la recherche sont allées dans ce sens. Elles ont en partie été traduites dans la loi de juillet 2013.

 

A quels sujets de société s’intéresse la CPU ?
Les universités et leurs enseignantschercheurs sont une ressource pour contribuer aux grands débats de notre société. Nous apportons notre expertise et faisons des préconisations dans le cadre de colloques. Fin 2013, un colloque dédié à la formation professionnelle s’est ainsi tenu au CNAM. Début 2014 nous parlerons énergie et biodiversité à Mines Paris- Tech en vue de la préparation des lois sur la transition énergétique et sur la biodiversité. L’objectif est de faire savoir aux décideurs politiques, industriels et économiques que la formation universitaire et la recherche universitaire sont à même d’apporter des réponses à leurs défis ; et aux employeurs, à leurs besoins en compétences.

 

Comment se développent les relations des universités avec les entreprises ?
L’université est globalement de plus en plus à l’écoute des entreprises. Nous avons reçu un écho favorable des enseignants chercheurs pour s’engager aux côtés des entreprises, à faire savoir que nos formations et recherches peuvent répondre à leurs enjeux. Nos colloques sont aussi un vecteur de reconnaissance du fait universitaire auprès du grand public. Ce travail sur notre image est nécessaire. Car outre la recherche, notre rôle social est l’insertion professionnelle des diplômés. Les services d’orientation et d’insertion professionnelle se sont structurés ces dernières années et la plupart des universités organisent, souvent avec le concours des étudiants, des forums de rencontres avec les entreprises.

 

Quelles sont les relations de la CPU avec les entreprises ?
La CPU a noué des relations institutionnelles avec le Medef depuis 5 ans, participe à son université d’été. Nous organisons ensemble des rencontres universités/entreprises, avec des DRH. Nous sommes plus largement chaque année présents à des manifestations professionnelles à rayonnement national, parfois co-organisées avec des étudiants ou des branches professionnelles comme le Syntec numérique.

 

Y a-t-il aussi du nouveau du côté de la constitution d’associations d’anciens ?
Former des réseaux de diplômés est important pour faciliter l’insertion professionnelle, une partie des offres d’emploi étant pourvue via le réseau. Ces organisations se développent, chaque université développant le Web 2.0, en formant des associations par diplôme ou filière. Il y a autant de situations que d’établissements. Pour autant, comme concernant tous les sujets stratégiques pour nos universités, la CPU promeut l’échange de bonnes pratiques. Ainsi, le réseau « Courroie » réunit les personnes chargées des bureaux d’insertion.

 

Quels sont plus spécifiquement vos messages envers les familles et leurs enfants au sujet de leur préoccupation première, l’accès à l’emploi ?
Je constate que l’image de l’université s’est améliorée. Notre attractivité est bonne avec un nombre sans cesse croissant d’étudiants qui rejoignent nos établissements. Cela dit, le travail de communication sur notre image doit se poursuivre. Il est important de faire savoir nos efforts en matière d’insertion professionnelle, les objectifs de la ministre Fioraso d’atteindre 4 % d’étudiants en alternance dans le supérieur, ce qui conduira à doubler le nombre d’apprentis. C’est un objectif auquel la CPU s’associe pour développer la formation professionnalisante en IUT, licence pro, master pro. La croissance du nombre d’apprentis est d’ailleurs la plus soutenue au niveau master. Nous constatons une grande appétence des branches professionnelles et entreprises pour les apprentis en Bac+4/5.

 

Le rêve de Jean-Loup Salzmann
Pour l’université française
Que l’université française retrouve le rayonnement qu’elle avait au siècle des Lumières, Que chaque citoyen identifie l’Université comme LE lieu où acquérir de nouvelles connaissances et compétences à tout âge de la vie.
Pour ses étudiants
Que la qualité de nos campus et des services qui leurs sont dûs continue sans cesse de s’améliorer pour le bien être de nos étudiants et qu’ils continuent à préférer l’université pour faire leurs études !
Pour ses enseignants-chercheurs
Que leurs qualités soient reconnues au niveau international comme elles le sont déjà en France, que les tâches administratives n’empiètent pas sur le temps qu’ils souhaitent consacrer à l’enseignement et à la recherche

 

A. D-F