Presque personne n’avait de téléphone portable il y a 30 ans. Aujourd’hui, la perte d’un mobile a des airs de drame personnel. C’est dire si la déferlante numérique a profondément changé les habitudes et les besoins. Les marketeurs l’ont bien compris. Décryptage d’Anne-Launois, Directrice du Mastère Spécialisé « Stratégies Marketing à l’Ere Digitale d’Audencia.

 

L’évolution du marketing et ses ruptures technologiques 

  1. C’est l’avènement du Worldwide Web. Les marques ont dès lors un espace dédié pour accéder directement à leurs clients. Trois ans plus tard, l’e-mailing explose et le e-commerce fait son apparition. S’en suit à l’aube des années 2000 le développement du moteur de recherche de Google. Facebook naît en 2006. Où en sommes-nous aujourd’hui ? Plus de 80 % d’internautes français achètent en ligne, Google compte plus de 6 milliards de recherches par jour dans le monde et pas moins de 2 milliards de personnes sur Terre utilisent Facebook chaque mois.

Le mobile a largement participé à ces nouveaux usages. Il détrône même aujourd’hui le PC pour les recherches en ligne.

Toutes ces innovations majeures ont permis de développer de nouveaux modèles. La consommation collaborative démarre en 2007. Le modèle centré sur la propriété laisse place à un modèle centré sur l’usage.

Et le marketing dans tout ça ? La veille doit être permanente. Cette année, par exemple, les professionnels du secteur ont observé de près les développements de l’intelligence artificielle (IA), des objets connectés et notamment des assistants personnels à commande vocale. Sans oublier la cruciale question de la sécurité et l’arrivée en 2018 du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), au niveau européen.

De nouveaux métiers… et d’autres qui perdurent

Pouvoir dialoguer avec l’utilisateur, le convaincre d’adopter tel produit ou service, puis le fidéliser : autant d’objectifs qui obligent à le connaître parfaitement. Que ce soit en ligne, sur PC, mobile ou bien en points de vente physiques, il faut identifier les micro-moments opportuns pour le solliciter. Car le consommateur attend une expérience « omnicanale ». La collecte et l’analyse fine de données tout au long du parcours client en sont la clé de voûte, pour comprendre ses attentes, ses usages, et proposer des contenus adaptés.
Beaucoup de métiers experts se sont développés pour maîtriser les techniques d’acquisition de trafic et de fidélisation. Le « Search Engine Optimization » – SEO Manager et le « Search Engine Marketing » – SEM manager optimise la visibilité sur les moteurs de recherche. Le social media manager, quant à lui, structure et anime la prise de parole sur les réseaux sociaux. Les data/marketing analysts traitent les données. Enfin, les chefs de projets web et product owners développent les sites et applications nécessaires.

 Nouveaux métiers = nouvelles compétences

Ces fonctions sont toutes à la croisée de la technologie et du marketing. Elles nécessitent une bonne maîtrise de l’analyse de données, une excellente culture digitale et surtout une capacité à apprendre en permanence. Le métier de growthhacker, particulièrement prisé, nécessite d’avoir des compétences élargies en sociologie, ethnographie, SEO, code informatique sur le web, et en méthodes d’analyse qualitatives (UX : « user expérience » et UI : « user interface »), etc.
A chaque fois, le consommateur est au cœur des préoccupations du marketeur. Son profil analysé de façon chirurgicale permet de le rattacher à un segment de marché très fin, et d’envisager les actions efficaces à mettre en place. A Audencia Business School, le MS SMED prépare à ces nouveaux métiers passionnants, et les étudiants décryptent les innovations marketing web sur le blog « Make it digital ».