Votre site carrières matche-t-il vraiment avec les attentes des jeunes diplômés ?
Votre site carrières matche-t-il vraiment avec les attentes des jeunes diplômés ? ©AdobeStock

Votre site carrières matche-t-il vraiment avec les attentes des jeunes diplômés ?

72 % des jeunes se disent « prêts à changer d’emploi immédiatement ». Ce n’est donc pas un hasard si deux tiers des visites sur les sites carrières des entreprises visent directement la consultation d’offres d’emploi. Mais votre site carrières est-il vraiment raccord avec les attentes de vos futures recrues ? Comment être sûr qu’il réponde à leurs questions et leur donne envie d’aller plus loin avec vous ?

Avant tout, en s’intéressant à leurs attentes ! C’est ce que fait l’enquête menée par Radancy et le NewGen Talent Centre de l’EDHEC auprès de 89 702 jeunes talents du monde entier, et publiée en septembre 2026. Premier enseignement : les trois premiers critères correspondant selon eux le mieux à une « opportunité » – progression professionnelle, challenges et impact – « ne sont pas des éléments de package RH. A travers ces critères, les candidats communiquent leur intérêt pour ce qu’ils veulent devenir, pas ce qu’ils vont recevoir. La plupart des sites carrières sont construits autour de ce que l’entreprise offre (avantages, salaires, conditions). Mais ce que les candidats évaluent en premier, c’est ce que l’entreprise va faire d’eux. »

Les candidats ne vont pas sur un site carrières pour lire une fiche de poste !

Reste à savoir ce qui les motive le plus au travail. Et le constat est sans appel : l’opportunité d’apprendre (66 %), l’impact positif sur la vie des gens (40 %) et les bonnes relations professionnelles (31 %).  « Ces données traduisent clairement ce qu’un site carrières doit démontrer. Les candidats n’arrivent pas pour lire une fiche de poste. Ils visitent un site carrières pour obtenir des réponses à des questions implicites : Que vais-je apprendre ? Est-ce que mon travail aura un sens ? Avec qui vais-je travailler ? Aucune de ces questions ne trouve de réponse dans une liste de missions ou un tableau d’avantages. Elles trouvent leur réponse dans les témoignages d’employés, les projets mis en valeur, les histoires de développement, la culture » analyse l’enquête. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si près d’un candidat sur deux déclare vouloir exceller dans son rôle actuel plutôt que de gravir la hiérarchie. « Ce résultat nuance l’hypothèse d’une ambition verticale universelle : la majorité des candidats en début de carrière recherche avant tout la maîtrise et l’excellence dans leur périmètre, ce qui suggère que les contenus valorisant le développement des compétences sont plus fédérateurs que ceux centrés sur la promotion. »

« Les motivations des candidats ne sont pas transactionnelles, elles sont développementales. Ils cherchent d’abord un environnement dans lequel grandir, avoir un impact, et travailler avec des collaborateurs qu’ils apprécient. La majorité des sites carrières sont construits autour de la fiche de poste. Or, les candidats arrivent avec des questions d’un autre ordre : avec qui vais-je travailler ? Quel sens aura mon travail ? Vais-je progresser ? L’écart entre ce que les sites proposent et ce que les candidats cherchent constitue une barrière à la conversion » analyse l’enquête.

Mission et raison d’être : les premiers facteurs d’attractivité

Dans ce contexte, que cherchent-ils vraiment sur un site carrières ? Une offre bien sûr ! Même si 32 % déclarent adopter une posture exploratoire sans poste en tête. De fait, trois visiteurs sur quatre trouvent l’information qu’ils cherchent et 70 % ont « une excellente ou bonne idée de ce que serait le travail au sein de l’entreprise après leur visite ». A noter que « la mission et la raison d’être de l’entreprise constituent les premiers facteurs d’attractivité, devant le développement professionnel et la culture […] Les candidats évaluent davantage l’entreprise sur ses valeurs et son projet que sur son offre commerciale » indique l’enquête.

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Mais attention, si ces tendances se vérifient au niveau mondial, des différences existent au niveau régional. L’enquête voit en effet émerger chez les candidats d’Amérique du Nord « le pragmatisme des conditions concrètes. » Si la progression reste le premier critère de choix, celui-ci s’exprime de façon bien moins importante qu’en Asie ou en Europe. Par ailleurs, le package rémunération + avantages fait la différence (16 % vs 10 % en Asie et 6 % en Europe). En Asie au contraire, la mobilité immédiate a le vent en poupe… sous condition salariale quand même ! Ainsi 76 % des jeunes asiatiques se disent « prêts à partir immédiatement », mais 36 % exigent au moins +10 % de salaire pour le faire. En Europe enfin, les jeunes talents sont en quête de défi et de sens, et aspirent à un rythme plus posé. Ainsi, 26 % d’entre eux disent choisir un travail intéressant et challengeant (soit respectivement 10 et 7 points de plus qu’en Amérique du Nord et en Asie) et un tier sont motivés par l’impact.

Conclusion : un site carrières n’a pas besoin de vendre du rêve. Moins de promesses, plus de vécu : il doit donner envie de passer à l’action. Montrer des projets qui challengent, des compétences à muscler, des collègues avec qui on a plaisir à bosser. Car les jeunes diplômés ne cherchent pas seulement à savoir ce que fait une entreprise. Ils veulent savoir ce qu’ils pourront faire, eux, chez elle. 

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