A la tête d’HEC paris après 30 ans de carrière au canada et aux Etats-Unis en tant que professeur puis Dean de Business Schools, Peter Todd n’a pas suivi la voie royale. premier à faire des études supérieures dans sa famille, il a conquis sa réussite, porté par des valeurs familiales d’engagement et a pris confiance en lui grâce à ses mentors. – Par Ariane Despierres-Féry

 

Gravir les échelons un à un

Peter Todd a emprunté des chemins de traverse pour parvenir à la tête de la prestigieuse business school. Une réussite à l’image de celle de son père. « Il a commencé à travailler à 14 ans lorsque mon grand-père est décédé et qu’il s’est retrouvé soutien de famille. Il a débuté comme électricien dans les forces aériennes canadiennes durant la 2nde guerre mondiale. » Ces modestes débuts ne l’ont pas empêché de réaliser une belle carrière au sein du groupe lafarge. Il fut l’un de premiers employés de l’industriel français lorsqu’il s’installe au Canada dans les années 60. « Il a gravi les échelons un à un, sans formation, grâce à son talent et à sa volonté pour finir responsable d’usine. »

 

Du ménage dans une usine au doctorat

Peter todd et son frère seront les premiers de leur famille à aller à l’université. « Nous avons été encouragés par nos parents et cela a été déterminant. » les deux frères étudient à mcGill et Peter todd réalisera son doctorat à l’université de Colombie-Britannique. « Nous ne venions pas d’une famille où génération après génération il est normal de faire des études. Nos parents nous ont appris que l’engagement est clé pour mener à bien ses projets. » Faire des études coûte cher. le futur directeur d’HeC Paris travaillera tous les étés dans l’usine de son père. « J’ai tout simplement fait ce qu’il fallait faire, à commencer par le ménage…Mon père nous avait dit : « Après cela, vous allez vraiment apprécier l‘université ! » Et de fait, nous avons mesuré les avantages à étudier. »

 

Des codes et de la confiance

Au-delà de ses parents, Peter todd remercie aussi ses mentors professeurs et deans. « Pour ceux qui ne connaissent pas le système, avoir des mentors est essentiel. Il faut un initié pour transmettre les clés et codes. » le directeur ajoute que c’est grâce à leur soutien qu’il a pris confiance en lui. C’est pourquoi à son tour, il rend à la communauté en mentorant des étudiants et de jeunes professeurs. « Les talents sont partout, il faut les soutenir et leur donner l’opportunité de connaître les règles pour réussir et surtout savoir que c’est possible. » le directeur soutient aussi financièrement les fondations des business schools où il a étudié et où il a travaillé. mcGill a ainsi créé une bourse pour des stages internationaux aux noms de Connie (son épouse) et Peter todd. « Je ferai de même pour HEC à l’avenir. »

 

HEC Paris, une école d’élite

Il retire sans aucun doute de son expérience personnelle sa vision d’HeC Paris. Il ne la qualifie pas « d’école pour les élites mais d’école d’élite. HEC Paris est fondée sur le mérite et ouverte à ceux qui démontrent leur mérite. » l’établissement et sa fondation déploient des aides en faveur de l’égalité des chances (gratuité des frais de scolarité, bourses, partenariat avec l’école 42, dispositif pour encourager l’entrepreneuriat dans les banlieues). « Le réseau des HEC sait quels avantages il retire de sa formation et s’engage à rendre à de jeunes HEC mais aussi plus largement au pays. Chacun aide à sa mesure. Ce qui compte ce n’est pas combien on donne, mais l’esprit dans lequel on le fait. »