7.3 millions. Il n’y a jamais eu autant de femmes scientifiques et ingénieures en Europe ! Malgré ce chiffre encourageant, la question de la féminisation de la filière reste centrale. En France (qui se classe 19ème sur les 27 pays de l’UE), la communauté des ingénieurs et scientifiques ne compte aujourd’hui que 23 % de femmes (mais 28 % chez les jeunes diplômés) selon la dernière enquête IESF. Et pourtant, les entreprises françaises gagneraient à être plus souvent managées et dirigées par des ingénieures. On vous dit pourquoi.
D’abord, parce que les jeunes ingénieures sont très motivées ! L’étude sociologique S’imaginer ingénieur ou être ingénieur (Institut Gaston Berger / Groupe INSA – novembre 2025) dresse d’ailleurs quelques constats à ce sujet. Premier d’entre eux : hommes et femmes ingénieur.es partagent les mêmes motivations (bien gagner sa vie, être utile à la société et résoudre des problèmes techniques). En revanche, si l’innovation est un moteur d’orientation pour les étudiants (40 % vs 27 % pour les étudiantes), ce rapport s’inverse une fois en poste (45 % pour les hommes vs 29 % pour les femmes). Signe que les hommes privilégient les postes hiérarchiques, l’entrepreneuriat ou le statut.
Plus de mixité = plus de rentabilité opérationnelle
Alors même que les entreprises ont tout à gagner à recruter plus de femmes ingénieures au sein de leurs équipes managériales. Car une entreprise qui promeut la mixité de façon active et effective ne se limite pas à cocher une case pour améliorer sa note à l’Index de l’égalité professionnelle. L’édition 2026 de l’Observatoire SKEMA de la féminisation des entreprises est en effet très claire à ce sujet : plus la mixité est élevée dans une entreprise, plus sa rentabilité opérationnelle progresse. De fait, sur l’année 2024, la rentabilité opérationnelle des 10 entreprises dont le Comex est le plus féminisé est deux fois supérieure à celle des 10 dont le Comex est le moins féminisé.
La féminisation du management est un facteur clé de performance ESG
Autre vertu de la féminisation des instances dirigeantes et managériales : « les entreprises les plus mixtes présentent un risque d’investissement plus faible, une meilleure résilience en période de crise et, sur longue période, de meilleures performances boursières lorsque la mixité concerne l’ensemble de l’organisation. » Last but not least : « la féminisation est un facteur clé de performance sociale et environnementale. Les entreprises les plus mixtes affichent des risques sociétaux et environnementaux nettement inférieurs, en particulier lorsque la diversité concerne l’encadrement intermédiaire et les effectifs globaux » constate l’étude.
La mixité managériale est devenue un impératif économique et stratégique
Le message est donc clair : à l’heure où investisseurs, agences de notation et pouvoirs publics renforcent leurs exigences ESG, la mixité managériale n’est plus un supplément d’âme, mais un impératif économique et stratégique. Et c’est d’autant plus vrai dans l’industrie, friande de profils ingénieurs. « C’est un lieu où on crée des solutions techniques, efficaces, à moindre coût, pour répondre à un besoin client. Plus de femmes dans l’industrie, c’est plus de confrontation de points de vue et donc, plus d’innovation. Il s’agit également d’un enjeu marketing : puisque les femmes sont prescriptrices d’achat, il est essentiel que les produits soient aussi conçus par elles. Plus de femmes dans l’industrie c’est donc une question de posture, un enjeu business, mais aussi un enjeu de marque employeur de plus en plus crucial pour les entreprises » affirmait Valérie Brusseau, présidente de l’association Elles Bougent lors de la parution de l’enquête Carrières en sciences : l’orientation est-elle toujours genrée en 2024 ?
Vous l’avez compris : plus d’ingénieures managers dans une entreprise, c’est plus de perspectives et donc, plus de performance !