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HISTOIRES VÉCUES
Nous sollicitons régulièrement nos diplômés qui viennent témoigner de leur parcours auprès de nos plus jeunes étudiants. Deux questions légitimes sont systématiquement posées. La première concerne la rémunération, la seconde porte sur l’évolution de carrière. Les plus jeunes sont admiratifs du parcours de leurs ainés dont les carrières évoluent rapidement, intègrent une dimension managériale, offrent une perspective internationale, ou un changement d’expertise thématique. Ainsi, en ayant suivi une formation d’ingénieur, on peut devenir quelques années plus tard Directeur Marketing. Egalement, en ayant une formation commerciale, on peut superviser des équipes de projets d’innovation, ou prendre la Direction Générale d’une filiale. Et les exemples peuvent ainsi être multipliés. L’image, tant répandue en France, d’une carrière monolithique, d’un silo thématique, est dans les faits devenue bien obsolète ! Si les compétences techniques d’un jeune diplômé sont essentielles à son entrée sur le marché du travail, elles sont loin d’être suffisantes, ou de constituer une fin en soi pour un employeur.

 

CE QUE CHERCHENT LES EMPLOYEURS
Les entreprises lorsqu’elles embauchent un jeune diplômé de l’enseignement supérieur ont rarement une vue court-termiste. Un collaborateur constitue une ressource dont le potentiel et l’expérience doivent être exploités à leur juste mesure l’entrée dans l’entreprise est un socle minimal, mais les recruteurs porteront un regard aussi, voire si ce n’est plus, important sur d’autres aspects : des qualités humaines personnelles, l’intégrité, la capacité à travailler en équipe, l’appétence interculturelle, l’art de la communication, la créativité etc. A l’inverse des profils plutôt managériaux, dont on attend une maîtrise immédiate des « soft skills » devront également révéler leur aptitude à appréhender des sujets plus techniques, à traiter du design, de la conception technique, des fondements de l’approche digitale. En des termes plus généraux, les perspectives d’évolution des jeunes diplômés dépendent de la capacité de ces derniers à manifester beaucoup d’agilité et d’adaptabilité, et de développer aussi le goût pour ce qui est hors de leur champ d’expertise.

 

LA FORCE DE L’HYBRIDATION DES PARCOURS
Dans l’Enseignement Supérieur, un paradoxe persiste. Alors que les entreprises cherchent à recruter des profils hybrides, à la fois spécialisés dans un domaine mais capables de travailler dans des environnements de culture très différente, la formation en silo reste dominante. Les écoles d’ingénieurs forment des ingénieurs, très fort scientifiquement mais peu enclins à traiter des problématiques de gestion. Les écoles de commerce forment des jeunes managers sans savoir-faire technique très développé. Bien sûr, chacun essaie de se donner bonne conscience et d’améliorer à la marge en intégrant, çà et là, des enseignements « différents ». Les ingénieurs reçoivent à dose homéopathique des cours de marketing, et les gestionnaires s’initient à la culture technique, au code, etc. Le succès du modèle du Groupe Léonard de Vinci doit appeler à une approche beaucoup plus innovante. N’attendons pas que les jeunes diplômés arrivent en entreprise pour les intégrer dans ce monde complexe et multi-dimensionnel. Formons-les au plus tôt à vivre, travailler ensemble et « comprendre ce que fait l’autre ». Nous organisons aujourd’hui plus de 20 % des heures de cours communs à notre école d’ingénieurs, de commerce et de multimédia. Nous favorisons systématiquement des projets appelant la constitution d’équipes pluridisciplinaires. En conséquence, nos étudiants sont aujourd’hui reconnus par les recruteurs comme disposant d’une capacité d’adaptation très forte. Un premier pas vers ce que cherche aussi un jeune diplômé : la perspective d’une carrière riche et diversifiée.

 

Par Benoit Aubert, Directeur du Développement du Groupe Léonard de Vinci (EMLV, ESILV et IIM)
et François Thérin, Directeur de l’EMLV (Ecole de Management Léonard de Vinci)