Les jeunes français montrent de l’engagement et de l’envie. Bien plus que cela, ils débattent, ils agissent, ils se mettent au service des autres. Leur ambition : avoir de l’impact, faire changer les choses, tirer leur pays vers le haut. Ely et Sarah nous expliquent ce qui les a décidé à s’engager pour les autres.

 

De la médiation sociale pour enrayer le cercle vicieux dans un quartier dit prioritaire

Ely M’Bareck, 25 ans, co-fondateur de l’association Tendre La Main 78, a grandi aux Mureaux dans les Yvelines. « Dans le quartier, à  l’école, comme beaucoup je me sentais délaissé. Je me suis battu pour m’en sortir. Aujourd’hui je trouve du sens en aidant les plus jeunes pour leur éviter de traîner, de basculer dans la délinquance. Le défi est de désamorcer l’engrenage d’un système où ils finissent par baisser les bras. Nous avons décidé de faire les choses nous-mêmes car nous voyons trop de ravages dans nos quartiers. Qui connait mieux ces jeunes que nous ? »

Un engagement qui porte ses fruits

Créée en 2014 pour faire du covoiturage pour emmener des familles rendre visite à leurs proches détenus, TLM 78 est aujourd’hui connue et reconnue. Elle compte 10 membres au sein de son bureau et 14 jeunes en service civique. Elle travaille en collaboration avec la commune, le département, des entreprises. Son action est diversifiée et très structurante dans le quartier des Musiciens. « Nous faisons de la prévention, de l’accompagnement et de l’insertion d’anciens détenus et de jeunes en décrochage et/ou sans emploi. Nous proposons aussi de l’aide aux devoirs et un centre de loisirs pour les enfants. »

« Nous sommes tous des enfants de la République. Ici comme ailleurs les jeunes nourrissent le même rêve : avoir une vie, fonder une famille, et surtout travailler ! »

TLM 78 accompagne les jeunes vers l’emploi, leur en trouve directement parfois, les rend acteurs de leur quartier en les impliquant dans sa rénovation, crée du lien social. Elle prépare aussi une action de coopération décentralisée au Sénégal avec 8 jeunes. « Cette expérience sera valorisante et un tremplin vers une formation ou un emploi au retour. Changer de prisme permet d’aller de l’avant, de prendre conscience que la France – leur patrie – est une chance pour eux. »

 

3 questions à Sarah Kassimi, élève en 2eA à Polytechnique, qui a fait le choix d’un service civil

Sarah Kassimi Copryright Jérémy Barande – École polytechnique

Pourquoi un service civil plutôt que militaire ?

J’ai opté pour un service civil en Afrique pour deux raisons : la découverte culturelle et l’aventure, mais surtout l’envie de donner du temps aux autres, d’aider, d’être utile.

 

En quoi a consisté votre mission ?

J’ai choisi de travailler aux côtés du directeur d’une maternité de l’Ordre de Malte France à Madagascar. J’ai travaillé sur l’administration, la logistique, la gestion, la communication de l’institution : les domaines dans lesquels j’ai une valeur ajoutée à apporter. J’ai donné des cours de français au sein d’une école pour jeunes filles. J’ai également passé Noël au sein d’un orphelinat tenu par des Sœurs. Ce type d’expérience remet les choses en perspective. La réalité de la misère est bien pire que ce que j’avais anticipé. La première semaine a été un choc.

« Être utile et donner du sens à mon action »

Cette expérience vous a-t-elle donné envie de continuer à vous investir pour les autres ?

Elle m’a en effet renforcé dans mon souhait d’être utile. Je fais partie d’une association d’action sociale de l’Ecole : cours de français à des réfugiés, maraudes auprès de sans-abris, tutorat auprès de collégiens de ZEP, bibliothèque de rue pour enfants à Grigny, etc. Je trouve beaucoup de sens dans cette implication, j’agis concrètement. A ce stade j’envisage de travailler dans un domaine porteur de sens, les énergies renouvelables.

 

Étudiants, leurs propositions pour faire changer les choses