Quel responsable pédagogique n’a pas été interpellé par ces étudiants revenant d’un séjour académique sur un campus anglo-saxon et avouant que malgré un faible nombre d’heures de cours, ils n’avaient jamais travaillé autant de leur vie ?  – Par Pascal Brouaye,  Directeur Général du Groupe Léonard de Vinci (EML, ESILV, IIM)

 

 

Il faut dire qu’associer automatiquement qualité d’enseignement et quantité des heures de cours dispensées est un tropisme moins intense dans le système anglo-saxon qui privilégie un modèle où un travail personnel très important et régulier est exigé des étudiants et dans lequel le rôle des enseignants est bien d’enseigner (pas trop) et d’évaluer mais aussi de « coacher » les étudiants lors de rencontres individuelles durant ce qui s’appelle les « Office Hours ».

Il apparait que les nouvelles pédagogies et notamment la pédagogie inversée permettent d’aller dans ce sens en rendant plus fécondes les périodes de face à face pédagogique – collectives ou individuelles – dans la mesure où les étudiants ont sérieusement travaillé en amont. Comme toujours, la perspective d’une évaluation contribue à l’implication des étudiants dans ce travail préparatoire, ceux-ci étant en général évalués en début de séance par un quizz ou autre méthode rapide ayant l’intérêt de révéler très rapidement ceux qui ne jouent pas le jeu.
Toujours est-il que les résultats sont là. Là où la pédagogie inversée est installée, les étudiants développent un comportement plus autonome, (re)découvrent l’intérêt et l’efficacité du travail régulier en s’éloignant du modèle trop classique et trop répandu de l’apprentissage/bachotage avant des contrôles de connaissances semestriels.

© J.Riquier pour Groupe Leonard de Vinci

© J.Riquier pour Groupe Leonard de Vinci

 

Bien sûr, toutes les disciplines ne se prêtent pas aussi aisément à ce modèle. Mais pour peu que les enseignants jouent le jeu sérieusement aussi, en déployant des supports de qualité, multimédia et interactifs, la plupart des disciplines enseignées dans nos écoles peuvent y trouver leur compte.

Le rôle de l’enseignant s’en trouve également renouvelé car il est beaucoup plus gratifiant d’échanger avec des étudiants demandeurs et actifs que d’asséner un savoir descendant à des groupes apathiques ou vaquant sur le net comme c’est trop souvent le cas dans les amphis.

La pédagogie projet s’inscrit évidemment pleinement dans une pédagogie inversée généralisée, les étudiants, libérés de trop d’heures de face à face, pouvant à l’occasion de tel ou tel projet demander un accompagnement sur des connaissances prévues voire non prévues au programme mais nécessaires pour la réalisation du projet. Etudiants et enseignants se retrouvent « partenaires », pour contribuer ensemble au service du projet et donc à un objectif collectif. C’est dans cette dynamique que s’inscrivent aujourd’hui les écoles du Pôle Léonard de Vinci dans le cadre d’une pédagogie inversée de plus en plus généralisée et d’une approche par projets s’attachant à renforcer à chaque fois que faire se peut, les coopérations entre élèves ingénieurs, managers et designers qui travaillent ainsi en équipe sur des projets globalisant, intégrant l’ensemble des dimensions technologiques, managériales et de design. Les enseignants sont ainsi invités de plus en plus souvent à sortir de leur rôle classique mais aussi de leur « zone de confort » pour contribuer dans un « nouvel élan » à ces nouvelles pédagogies plus coopératives, plus interactives et peut-être plus inclusives.