Changer de rythme, impliquer davantage les étudiants, utiliser les nouveaux médias pour collaborer… la pédagogie a radicalement changé dans les grandes écoles. Mais nous devons aller encore plus vite, les étudiants l’exigent ! – Par Franck Laude, Directeur délégué aux programmes et Directeur du campus de Caen de l’EM Normandie

 

 

Les comportements évoluent rapidement et les nouvelles générations attendent de nous une vraie capacité à faire évoluer nos modèles pédagogiques. D’acteurs passifs à l’écoute du professeur, elles zappent désormais d’un sujet à l’autre dans l’attente d’un retour rapide. D’où notre obligation de faire bouger les lignes.

 

Agir pour apprendre

En matière de pédagogie, il faut réinventer les choses et oublier les cours traditionnels en amphi ou les TD. Cela ne fonctionne plus ! On peut le regretter, mais c’est comme ça : les jeunes ont un accès illimité à l’information et passent de l’une à l’autre à la vitesse de la lumière. Oui, bien sûr, ils ont du mal à se concentrer sur un point précis et disposent d’un savoir parfois réduit, mais ils ont bien d’autres qualités, et notamment celles de l’adaptabilité et de l’agilité. Les générations Y et Z – les digital natives – savent communiquer et être créatives et il faut capitaliser sur ces facultés.

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La pédagogie inversée ou l’art d’enseigner aux générations Y et Z

Grâce à son « parcours numérique », déployé dans le cadre de La SmartEcole®, l’EM Normandie les emmène encore plus loin. Elle leur apprend à maîtriser les outils bureautiques et à gagner en efficacité par l’utilisation d’outils pratiques et aussi à comprendre les nouveaux enjeux de leur vie digitale : e-réputation, codage, partage, maîtrise du cloud, etc. Mais le changement fondamental se fait dans la salle de cours elle-même, qui n’en est plus vraiment une. Dans ce lieu, l’étudiant devient acteur de sa formation, agit pour apprendre au lieu de se contenter d’écouter. L’acquisition des savoirs se révèle très efficace. En attestent l’amélioration des résultats aux partiels et la progression de l’interactivité étudiants-professeurs. Les élèves comprennent mieux et développent de nouvelles compétences.

 

Une simple question d’outils ?

Tout ceci nécessite bien entendu des moyens et des investissements conséquents dans de nouveaux équipements, mais c’est loin d’être le point central. Notre attention doit porter sur la manière d’enseigner. Le challenge consiste à changer nos approches, à former et à recruter des enseignants « nouvelle génération ».
La propension à s’appuyer davantage sur l’opinion des étudiants, à les écouter et à les placer au cœur du dispositif est l’essence même de cette nouvelle approche. Car leur expérience est essentielle et le rôle des professeurs est de les mobiliser et de les fédérer.
Ces mutations obligent aussi à expérimenter sans cesse et à être dans une position de veille, ce qui est plutôt stimulant !

L’innovation pédagogique n’est donc pas un vain mot dans les grandes écoles de commerce. Il nous faut vraiment changer de posture car nos diplômés évoluent dans un monde globalisé qui exige une forte adaptation. A nous de varier les rythmes et les méthodes d’apprentissage et de diversifier nos supports pour que leurs parcours académiques les préparent au mieux à leur future vie professionnelle.