Dans un monde en pleine transition, CentraleSupélec Alumni place la responsabilité au cœur de sa raison d’être et de ses missions. Interview croisée de Jean-Loïc Galle, Président, et Géraldine Fonty, Déléguée générale de CentraleSupélec Alumni.
Le motto de CentraleSupélec Alumni en 2025 ?

Jean-Loïc Galle. Nous avons souhaité redonner du sens au fait d’être membre de cette association. Nous avons retravaillé notre raison d’être autour de trois axes : la solidarité et la convivialité, le rayonnement de l’esprit scientifique et technique, et notre engagement en faveur des grands enjeux que sont les transitions technologiques, industrielles, écologiques et sociétales. En témoigne la rénovation de la Maison des CentraleSupélec à Paris, désormais plus moderne, connectée et ouverte à tous les alumni, à commencer par la nouvelle génération. Nous avons notamment digitalisé nos services accessibles via une application mobile.

Géraldine Fonty. Notre ambition est de créer régulièrement des points de rencontre entre les alumni de tous âges. Ces liens intergénérationnels sont essentiels et nos nouveaux locaux vont faciliter leur création.
Deux nouveaux services
La modernisation de l’association s’exprime notamment par la mise à disposition de deux nouveaux services à usage personnel et professionnel. Le premier, HelloCSE, est une plateforme de bons plans (voyage, spectacles, salle de sport…) qui, à la manière un comité d’entreprise dématérialisé, propose des tarifs préférentiels aux cotisants. Le second, WorkLib, propose un accès à des espaces de travail flexibles, partout dans le monde.
Comment renforcer ce lien entre les 55 000 membres du réseau répartis dans près de 80 pays ?
Géraldine Fonty. Nous avons lancé l’an dernier une Summer Week durant laquelle tous nos alumni à l’international se sont réunis, à l’occasion d’un événement en local. Le succès a été tel que nous reconduisons l’initiative cette année. Cet événement mondial a permis aux alumni de se découvrir et de relancer les groupes. Notre application mobile intègre également un outil de géolocalisation pour leur permettre d’identifier les alumni à proximité.
Jean-Loïc Galle. Ce sentiment d’appartenance doit commencer à l’école. Ce n’est pas une fois que les CentraleSupélec ont quitté l’école qu’on peut les fédérer. C’est pourquoi nous nous sommes structurés autour de groupes régionaux ou professionnels en France, et de groupes internationaux organisés par pays. Notre rôle est de dynamiser l’ensemble de ces groupements. Mais l’animation locale est clé. D’autant plus que le nombre d’élèves va doubler d’ici 2032. D’où l’importance de l’implication des jeunes diplômés dans l’association.
Quels liens entretenez-vous avec ces jeunes talents ?
Jean-Loïc Galle. L’association s’implique fortement dans l’évolution stratégique de l’école (dans ses formations notamment), pour déterminer celles qui doivent être développées ou ajustées. Nous avons notamment milité pour mettre en place les six cursus de spécialités en réponse aux besoins des industriels. Nous avons ainsi été moteurs vis-à-vis de l’école pour mettre en place des formations qui n’existaient pas. Nous organisons en parallèle chaque année, sur une journée complète à l’école, une rencontre entre les mille élèves de 1re année et une centaine d’alumni. Ils apprécient de pouvoir poser toutes leurs questions à des diplômés aux parcours très différents. Il en ressort que tout est possible quand on sort de CentraleSupélec. Chaque individu est différent, chaque voie aussi. C’est pourquoi nous entendons développer les interactions à travers l’angle intergénérationnel.
D’alumni à mentor
L’association a mis en place un système de mentorat des alumni vis-à-vis des étudiants et des jeunes alumni. Dès la rentrée 2025, cent élèves de 1ère année bénéficieront ainsi d’un suivi effectué par 25 alumni, et ce tout au long de l’année. Ce dispositif sera étendu ensuite aux 2ème et 3ème année. Objectif : faire accompagner les étudiants par des alumni seniors ou en milieu de carrière, pour les aider à démarrer positivement leur carrière. Une centaine d’alumni s’apprêtent également à coacher les étudiants pour le Forum CentraleSupélec, les préparer aux entretiens et leur donner un maximum de chances de décrocher un stage.
Quels seront les temps forts de l’année 2025-2026 ?
Géraldine Fonty. Ils seront nombreux. Nous organisons tous les mois un afterwork thématique à la fois convivial et professionnel, et chaque année, la traditionnelle soirée des vœux. Nous proposons également depuis l’an dernier une garden party annuelle. Et nous invitons régulièrement les alumni à des rencontres scientifiques et des événements variés. Par exemple, une soirée pour découvrir le Parc des Princes, à l’espace Longchamp pour découvrir le monde hippique, ou encore la cérémonie de la flamme au cours de laquelle nous venons déposer une gerbe sous l’Arc de Triomphe. Enfin, notre rendez-vous phare se tient chaque année en mars. Il s’agit des Quinquennales. Tous les cinq ans, nous convions toutes les promos dont le dernier chiffre est 0 et 5, 1 et 6, etc. Le dernier événement a rassemblé des alumni âgés de 25 ans à 90 ans. Beaucoup même étaient venus de l’étranger pour passer l’après-midi et la soirée sur le campus de Saclay, que la plupart ne connaissaient pas.
Jean-Loïc Galle. Sans oublier les Rencontres CentraleSupélec dont la 3ème édition se tiendra en novembre. Le succès a été tel l’an dernier que nous avons dû refuser du monde ! Le thème de cette année porte sur la souveraineté française et européenne. La souveraineté dans le domaine de la défense, de l’industrie, de la santé et de l’alimentaire. Plusieurs alumni impliqués dans ces domaines viendront dresser un état des lieux et partager leur regard.
Quelles thématiques d’avenir souhaitez-vous justement porter au sein de l’association ?
Jean-Loïc Galle. Nous avons créé un Think Tank fin 2024 pour établir trois à quatre rapports par an sur un sujet majeur, avec l’aide d’alumni qui travaillent sur ces sujets en entreprise. Le premier rapport portant sur l’impact de l’IA sur les métiers de l’ingénieur a été diffusé en septembre. Le 2ème groupe travaille sur l’électrification des usages industriels en France et le 3ème sur la décarbonation des processus internes industriels en France, pour une publication fin 2025. Chaque groupe est composé de huit alumni et devrait accueillir, à terme, des personnes externes. Le groupe 4 sera lancé fin 2025 et portera sur l’implication des ingénieurs dans le monde de la santé et de la biologie. L’important est de diffuser ces rapports et de faire entendre la voix de CentraleSupélec.
Un message à adresser aux jeunes CentraleSupélec ?
Géraldine Fonty. Soyez acteur de votre communauté. Développez, participez, proposez et transmettez. Parce que c’est ce qui fera la différence.
Jean-Loïc Galle. Le mot solidarité est important dans un monde de plus en plus individualiste. Vous êtes un maillon d’une grande chaîne historique d’alumni de cette grande école qu’est CentraleSupélec. Vous avez à disposition une communauté de milliers de personnes mais qui ne vivra que si vous la rejoignez à votre tour. Maintenant à vous de vous engager !