En 2013, seuls 12 % des étudiants se déclaraient pleinement intégrés à la vie de leurs universités selon l’Observatoire de la vie étudiante. Déjà en 2009, un rapport commandé par la Conférence des présidents d’université pointait du doigt un univers associatif éclaté, un manque de visibilité de ces associations et un faible soutien des établissements à leur vie étudiante. En réalité, la situation varie considérablement selon les universités. Quatre établissements reviennent pour nous sur leurs engagements en faveur de la vie étudiante : l’université de Haute-Alsace, l’université Pierre et Marie Curie, l’université de Saint-Étienne et Sciences Po Paris.

L’UNIVERSITÉ PIERRE ET MARIE CURIE (UPMC)


GAËLLE BAILLY-FRANC, DIRECTRICE DE LA VIE ÉTUDIANTE

En 2012, vous avez créé un événement original, la Welcome Week, dans le but de faire connaître les associations de l’université aux nouveaux arrivants. Qu’est-ce qui a motivé la mise en place de ce projet ?
Il était absolument nécessaire de mieux communiquer en interne sur l’activité associative de nos étudiants. L’UPMC compte plus de 33 000 étudiants et 100 associations réparties sur des campus éloignés les uns des autres. Si nous voulons que nos étudiants s’engagent dans la vie universitaire, il est important d’offrir à ces associations l’occasion de présenter leurs missions et leurs actions. Nous sommes convaincus que le taux élevé d’échec en 1ère année est en partie dû à un sentiment d’isolement des étudiants. Cet événement leur permet de nouer un premier contact très positif avec l’université en faisant passer un message simple : vous n’êtes pas seul !

Comment l’UPMC compte-t-elle innover à l’avenir sur ce thème ?
Notre campus de Jussieu est actuellement en restructuration. Nous souhaitons créer un « espace cocon « permettant à nos étudiants de se détendre et de trouver tous les services utiles à leur vie dans l’université. Notre objectif est de donner une nouvelle impulsion à leur engagement associatif en leur offrant les moyens de développer leur créativité. Dès cette rentrée, un nouveau bâtiment est dédié à leurs associations !

FLORENCE BUI, PRÉSIDENTE DE L’ASSOCIATION SYMBIOSE 6 À L’UPMC

Quelle est la vocation de ton association ?
Nous sommes une association de filière qui a pour but d’aider les étudiants en biologie de l’université. Nos actions sont variées allant du parrainage d’étudiants à l’organisation d’événements en passant par la rédaction d’articles en lien avec notre spécialité. Nous travaillons sur plusieurs axes : la pédagogie, les sciences, la culture, l’orientation, les réseaux professionnels, etc. Notre fil conducteur reste toujours la promotion de la biologie. Nous prenons plaisir à rendre la vie à l’université plus agréable. Tout ceci ne pourrait se réaliser sans le soutien des services de l’université et notre motivation à tous.

Qu’est-ce que t’a apporté ton engagement associatif sur le plan personnel ?
Faire partie d’une équipe qui travaille sans relâche, m’a encouragé à me dépasser. Diriger une association, c’est comme piloter une start-up. On apprend à tout gérer, à prendre des décisions, à innover. Comme nous sommes une petite structure, nous assumons tous différents rôles à la fois : tantôt manager, tantôt graphiste ou journaliste scientifique. C’est très formateur. J’ai le sentiment que cela nous prépare à intégrer le milieu professionnel. Mais pour le moment, je suis seulement heureuse d’aider les autres et de participer à la vie de l’université au quotidien.

 

 

L’UNIVERSITÉ DE HAUTE-ALSACE (UHA)

BRIGITTE LE TRONG, DIRECTRICE DES ÉTUDES ET DE LA VIE UNIVERSITAIRE


Vous avez créé il y a plus de 10 ans une Commission d’Aide aux Projets Étudiants. Quel était votre objectif à l’époque ?
Cette Commission est le fruit d’une volonté politique de notre université d’encourager toutes initiatives étudiantes. Elle nous a permis de centraliser les aides versées par nos partenaires pour les répartir plus efficacement aux projets de nos étudiants qui expriment un besoin toujours plus grand en financement.

Depuis 2009, l’année universitaire à l’UHA débute avec l’Intégrathlon, un grand tournoi d’athlétisme. En quoi consiste-t-il ?
L’Intégrathlon est un projet porté par nos étudiants qui permet de commencer l’année dans une ambiance conviviale et festive ! Nous accueillons les 1ères années et rassemblons tous les étudiants des différents campus. Cela a bien sûr vocation à susciter un sentiment d’appartenance à l’université, toujours difficile à exprimer lorsque l’on parle d’une implantation multi-campus.

Selon vous, le dynamisme de la vie étudiante d’une
université est-il un facteur d’attractivité pour les bacheliers ?
C’est difficile à dire. Les lycéens sont très attentifs à ce que peut leur apporter l’université comme expérience de vie. Malgré tout, l’engagement associatif est rarement une évidence pour un lycéen. Nous avons donc le devoir de faire percevoir aux nouveaux arrivants tous les bénéfices qu’ils peuvent tirer de cet engagement tant sur le plan personnel que professionnel. Participer à une association, c’est savoir gérer un budget, manager une équipe, présenter un projet, etc. C’est une expérience très enrichissante pour eux !

ELSA NICOLOSI, VICE-PRÉSIDENTE DU CONSEIL ÉTUDIANT

Peux-tu nous décrire ton rôle au sein de l’association ?
Je suis chargée de représenter les étudiants à travers tous les conseils administratifs auxquels je participe. Je fais ainsi le lien entre l’administration et les étudiants. Je travaille aussi en étroite collaboration avec le Bureau de la Vie Étudiante.

Quel est le moteur de ton engagement ?
En arrivant à l’université, j’ai rejoint l’association de ma filière. Mais rapidement, ça n’a plus été suffisant ! J’ai intégré de nouvelles associations à vocation culturelle ou humanitaire et j’ai cumulé les fonctions de présidente ou de secrétaire de différentes associations. Il y a tellement de choix que je ne voulais pas me contenter d’une seule !

Quels sont tes projets d’avenir ?
En tant qu’élue, je souhaite créer un « conseil des associations « qui permettra de mieux coordonner les actions au sein de l’université. J’apporte aussi tout mon soutien à un projet d’épicerie sociale et solidaire porté par des étudiants d’IUT. L’idée est de créer un lieu ouvert à tous qui permettra aux étudiants d’acheter des produits alimentaires à des prix 10 à 30 % inférieurs à ceux pratiqués en supermarché.

 

SCIENCES PO PARIS

SIANE DE CAMAS, SECRÉTAIRE GÉNÉRALE DU BUREAU DES ETUDIANTS (BDE)

Quel est le rôle du BDE ?
Nous sommes une association permanente qui veille à l’intégration des premières années, à leur accompagnement au quotidien et à l’animation de la vie étudiante. S’ils ont des problèmes d’ordre administratif, ils peuvent venir nous demander conseil. Nous coordonnons l’activité associative de Sciences Po avec un objectif essentiel : donner de la visibilité à toutes les associations. Ce n’est pas une tâche facile tant elles sont nombreuses !

Qu’est-ce qui motive ton engagement associatif ?
La vie étudiante de Sciences Po m’est apparue d’une telle richesse à mon arrivée que j’ai rapidement voulu m’y impliquer. On pourrait être occupé toute la semaine rien qu’en participant au programme associatif ! Aujourd’hui, je me sens utile et fière de mon statut d’étudiante « actrice ». L’engagement associatif est une partie essentielle de l’apprentissage que je souhaite à tous les étudiants de France de vivre une fois dans sa vie !

LAURE BOUTTEAU, PRÉSIDENTE DE L’ASSOCIATION COEXISTER SCIENCES PO

Quelles sont les missions de ton association ?
Coexister est une association interreligieuse qui regroupe croyants et non-croyants de l’école. Nous menons
des actions collectives pour favoriser le dialogue et promouvoir la diversité en valorisant la « différence ». Notre objectif est de combattre les préjugés et faire comprendre au plus grand nombre que la religion n’est
pas un vecteur de conflits.

Comment perçois-tu la vie étudiante à Sciences Po ?
Elle est extrêmement riche ! Toutes les semaines, il y a un cycle de conférences et des activités différentes. On finit même par ne plus savoir où donner de la tête ! Le risque est de vouloir s’engager dans plusieurs projets à la fois sans pouvoir aller jusqu’au bout. Il y a tellement d’associations qu’il est parfois difficile d’être visible mais cela nous encourage à nous mobiliser davantage pour faire connaître notre projet.

Quelles ambitions nourris-tu pour ton avenir ?
Mes études à Sciences Po et mon engagement associatif m’ont permis de développer une véritable passion pour les relations interculturelles et interreligieuses. Mon projet professionnel n’est pas encore clairement défini mais je sais que je veux travailler sur ce sujet. L’an prochain, je pars six mois en stage dans un thinktank à Jérusalem en plein coeur du conflit israélo-palestinien.

 

Simon Sénot