« L’ingénieur des Mines éprouvait une certaine humilité devant les faits et les personnes qui travaillaient dans les mines car il doit se trouver au plus près des problèmes que rencontrent les ouvriers, son travail recouvrant un aspect technologique et le sens des relations humaines. Ces qualités demeurent chez nos diplômés quel que soit leur secteur d’activité. »
Jérôme Adnot, Directeur des enseignements des Mines ParisTech

Jérôme Adnot, Directeur des enseignements des Mines ParisTech © MINES ParisTech / Thibaud Vaerman

Jérôme Adnot, Directeur des enseignements des Mines ParisTech © MINES ParisTech / Thibaud Vaerman

L’adossement à la recherche
La formation des ingénieurs des Mines s’appuie sur la recherche. Les enseignants-chercheurs couplent une charge d’enseignement et une charge de recherche, leurs cours étant alimentés par leur expérience en matière de recherche. « En tant qu’enseignants-chercheurs, nous passons une bonne partie de notre temps à écouter les problèmes des entreprises, à les transformer en projets d’options de troisième année qui constituent des aller-retour de l’élève entre les professeurs et les entreprises. »

 

L’ingénieur généraliste d’un monde global
Le parcours ingénieur ne comporte pas de spécialités, les élèves demeurant ensemble de la première à la troisième année. Ils suivent une trajectoire différenciée qui leur permet enseignements électifs. « Fierté et modestie qui ne sont pas antinomiques, constituent les deux valeurs de nos élèves-ingénieurs qui doivent passer par un poste de production (au sens large) pour apprendre le métier d’une entreprise, poste au sein duquel leur potentiel se révèle. » Leur fierté se situe dans leur façon de penser globalement : le premier stage d’un élève (« stage exécutant ») débouche par exemple sur une analyse du contexte professionnel dans lequel ils baignent, au moyen de débriefings formateurs. Les deux stages qu’ils effectuent ensuite en entreprises et les 11 mois qu’ils passent en moyenne à l’étranger, leur apportent une expérience opérationnelle internationale et leur font acquérir la dimension interculturelle d’une économie globale.

 

L’ancrage industriel
L’industrie représente la moitié des emplois des diplômés. 25 % travaillent dans le secteur de l’énergie très capitalistique et centralisé (Areva, Total), 6 % dans l’électronique mécanique et les industries de transformation, 4 % pour des équipementiers et des entreprises de transport, 3 % dans le luxe. 48 % choisissent les services à l’industrie qui comprennent les technologies de l’information (10 %), du conseil en tant que gestionnaires de projets pour l’industrie (chez Capgemini consulting, par exemple). Le reste des postes concerne les transports et la logistique. « Tous les élèves trouvent un emploi avant même d’avoir terminé leurs études. Si les salaires demeurent stables, on observe une croissance du premier emploi à l’internationale et de la poursuite en doctorat d’innovation. »

 

Créateur et entrepreneur
Les élèves-ingénieurs, les étudiants de Masters spécialisés en formation continue et les doctorants sont éclatés en petits groupes très encadrés. Ils sont programmés pour créer de l’innovation, de la valeur ajoutée et par conséquent de la croissance pour la France, à travers les entreprises dans lesquelles ils travaillent ou qu’ils pourront créer dans le cadre de start-up. En effet, l’entrepreneuriat est très présent dans l’ensemble des cycles des écoles des Mines. « Nos élèves se tournent vers l’entrepreneuriat industriel en créant des entreprises très originales comme la start-up Expliseat qui fabrique des sièges ultralégers pour l’aviation ou encore la société Criteo liée à l’Internet qui vient d’entrer au Nasdaq. Nous sommes la seule école d’ingénieur à avoir créé une théorie de l’innovation qui modélise une approche dialectique entre Concept et Knowledge dans le cadre d’une chaire internationale TMCI (Théories et Méthodes de la Conception Innovante). »

 

Patrick Simon