Confiance, coopération, réponse à l’aléa : autant de qualités nécessaires pour mener une équipe vers la réussite. Des qualités nourries par l’équitation, un sport où l’adhésion prend la place du rapport de force.

 

Un savant dosage deconfiance et de pouvoir

La relation entre une monture et son cavalier résulte d’une alchimie mystérieuse, dont le principal composant est sans doute la confiance. Obtenue le plus souvent grâce à un travail quotidien, elle est la condition sine qua non de la réussite du couple. Or ce lien de confiance apparaît, selon certains sociologues comme le fondement du bon fonctionnement des relations en société, et a fortiori en entreprise. Et, de la même façon que le cavalier a besoin de ce lien pour obtenir de sa monture qu’elle lui obéisse, le manager cherche à obtenir de ses subordonnés le bon accomplissement des tâches demandées en instaurant une relation de confiance. En effet, dans l’entreprise comme à cheval, les autres solutions que sont la coercition (menace de la sanction ou du licenciement) et la promesse d’une récompense, (pour reprendre les sources de pouvoir définies par French et Raven en 1959), ne suffisent généralement pas. Si elles permettent à court terme d’obtenir le résultat voulu, promesses et menaces n’aboutissent jamais à l’adhésion totale de l’employé. De même, comme l’affirme l’éthologue Marthe Kiley Worthington, « un cheval vaincu n’est pas convaincu. »

Ainsi, le seul moyen durable pour un cavalier d’obtenir des résultats de la part de son cheval est la coopération et la recherche de la confiance de celui-ci

La pratique de l’équitation permet donc aux étudiants, apprentis managers, d’expérimenter un rapport de force qui n’est souvent pas en leur faveur et dans lequel le pouvoir ne peut découler de la menace, puisque le cheval dispose d’une force physique suffisante pour désobéir à son cavalier ou le désarçonner. C’est pourquoi les futures relations de l’étudiant avec ses collaborateurs et ses employées pourront être facilitées par cette expérience hippique qui l’aidera à tirer sa légitimité non pas de sa fonction ou de l’usage de menaces et de récompenses, mais de ses compétences et de son talent pour susciter l’adhésion à ses projets.

Apprendre à faire face aux aléas

Cet apprentissage n’est pas le seul que fera le jeune cavalier. Le comportement du cheval est bien souvent imprévisible, sous l’effet de la peur, de la surprise ou par désobéissance. Pour être à même de faire face à de tels imprévus, il faut d’abord prendre l’habitude d’analyser son environnement, d’évaluer les éléments qui constituent un potentiel danger ou pourraient susciter une réaction négative chez le cheval. C’est pourquoi l’équitation est très formatrice en matière d’apprentissage de la gestion des risques, de la capacité d’écoute et surtout de l’adaptation. Par ailleurs, de telles situations de réactions inattendues de la part de la monture (écart, cabrement, changement brusque d’allure…) créent un risque pour le cavalier (tomber, se blesser, blesser un autre…). Il est alors crucial que le cavalier reste calme et prenne une décision le plus rapidement possible sans qu’elle soit irréfléchie. Savoir maîtriser des imprévus est essentiel pour le futur manager. Avoir vécu des situations à risque lui permet non seulement de relativiser les aléas de sa vie professionnelle mais surtout d’adopter une attitude de juste mesure et de conservation de son sangfroid.

L’équitation est donc plus qu’un simple loisir : elle se révèle porteuse d’enseignements précieux pour les futurs managers.

Le Jump HEC est l’association qui organise sur le campus de l’école un célèbre concours hippique national, ouvert aux amateurs et aux professionnels.

Par Cassandre Devoir et Margot Bréard

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