Theo Schlely, Hugo Lapalus, Mathis Deloges and Victor Lovera (FRA) win the Silver Medal in Men's Cross-Country Skiing 4x7,5km Relay during the Olympic Winter Games Milano Cortina 2026, at Tesero Cross-Country Skiing Stadium, in Tesero, Italy, on February 15, 2026, Photo Julien Crosnier / KMSP || 002376_0008 SPORT JO OLYMPICS GAMES JEUX OLYMPIQUES JEUX OLYMPIQUES WINTER OLYMPICS WINTER OLYMPIC GAMES SKI DE FOND MILANO CORTINA 2026 2026

Grenoble INP – UGA tous schuss aux JO d’hiver : témoignages

Les JO 2026 de Milan-Cortina vous ont fait rêver l’hiver dernier ? La communauté Grenoble INP-UGA y a aussi participé tout schuss ! 51 élèves et jeunes dip’ ont participé aux Jeux olympiques et paralympiques, soit le quart de l’Équipe de France Olympique. Résultat : 11 médailles dont quatre titres, et 29 Top 10. Une moisson qui raconte aussi la force d’un modèle : celui du double projet études/sport de haut niveau et du dispositif Inter’Val. Par

Mener de front une carrière sportive et des études de haut niveau, c’est possible… surtout à Grenoble INP-UGA. Victor Lovera, étudiant à Grenoble INP-Ensimag, UGA, a décroché l’argent en relais masculin 4 x 7,5 km de ski de fond. Jules Chervet, étudiant à Polytech Grenoble INP-UGA, a vécu ses premiers Jeux en saut à ski. Du côté des diplômés, Romain Heinrich, pilote de l’équipe de France de bobsleigh, signait sa quatrième sélection olympique, tandis que Jordan Broisin, diplômé de Grenoble INP-Phelma, UGA et Grenoble IAE-INP, UGA, était porte-drapeau de l’équipe de France paralympique.

Sportifs de haut niveau : un accompagnement « haute couture »

À Grenoble INP-UGA, ils sont 84 sportifs de haut niveau répartis dans les huit écoles. Et tous bénéficient des mêmes aménagements, quelle que soit leur école. « On ne fait pas de distinction entre Grenoble IAE, Phelma, Ensimag ou Esisar. Ils ont tous les mêmes accompagnements », insiste Fabien Stange, responsable des sportifs de haut niveau. Ces accompagnements sont très concrets : autorisations d’absence, sessions spéciales d’examen, preneur de notes, jusqu’à 20 heures de cours particuliers par an, tutorat méthodologique, accès à la salle de musculation et à une unité médicale de traumatologie. « En cas d’absence, les élèves peuvent bénéficier d’un examen dédié. Ils ont aussi droit à un preneur de notes qui leur restitue, le soir même, les cours manqués. » À cela s’ajoute un travail très fin mené dans les écoles. « Les emplois du temps sont sur mesure. C’est un peu de la haute couture : les cours sont organisés en fonction des contraintes sportives de chaque élève. » Avec une limite assumée : certains temps restent indispensables, notamment les TP, les expériences en laboratoire ou les manipulations techniques. Sur ce point aussi, l’école cherche des solutions. « Victor Lovera, par exemple, est absent de novembre à avril. On ne va pas lui demander de revenir en cours pendant les Jeux Olympiques. On décale autant que possible certaines obligations pour lui permettre de performer au plus haut niveau. »

Les résultats sur les pistes et sur les bancs de l’école

Mais l’accompagnement ne fait pas tout. « La clé du succès réside dans leur capacité d’organisation et leur autonomie. Nous mettons tout en œuvre pour les aider. Mais une fois l’entraînement fini, ils doivent être capables de se plonger dans leurs livres et de travailler. » Et ça marche : le taux d’échec reste faible, autour de 5 %. L’un des points forts de Grenoble INP-UGA ? La reconnaissance des compétences développées par le sport de haut niveau. « Les étudiants engagés par leur pratique bénéficient de dispenses de cours sur des matières dites transverses, comme les langues, les cours de gestion, de projet, l’EPS, l’économie… et parfois des matières dites centrales, ce qui leur permet de se dégager du temps pour s’entraîner. On considère que l’investissement dans leur parcours SHN développe des soft skills importantes ou que les compétences travaillées en cours dans les écoles sont déjà développées par le sport de haut niveau. Et nous sommes l’une des rares universités à reconnaître ces compétences. » Et quand ces étudiants brillent aux Jeux, Fabien Stange retient surtout leur fidélité. « Ce qui me frappe, c’est la loyauté de nos étudiants envers notre établissement. Victor Lovera a répondu à mon SMS dans la soirée, après avoir remporté sa médaille d’argent. Ils sont très reconnaissants, très matures, inspirants. Leur image montre qu’on peut faire deux choses très différentes, sur deux modèles très éloignés, et qu’à Grenoble INP-UGA, on les accompagne de bout en bout. »

3 questions à Victor Lovera, étudiant à Grenoble INP-Ensimag, UGA et médaillé d’argent olympique

Comment êtes-vous arrivé à l’Ensimag tout en poursuivant le ski de fond ? Les études m’ont toujours aidé à avancer, à garder un équilibre, notamment quand j’ai été blessé ou quand je suis sorti des équipes de France. J’ai commencé par une licence en maths-info à Grenoble. L’Ensimag s’est ensuite imposée, notamment par sa spécialité en ingénierie financière. Je suis entré directement en deuxième année. Sportivement, 2025 a été une année charnière : en janvier, j’ai fait mon premier Top 10 en Coupe du monde, puis je suis entré en équipe de France A en fin de saison, ce qui m’a lancé dans l’année olympique.

Comment avez-vous vécu ces Jeux de Milan-Cortina ? J’ai vécu trois semaines de folie ! L’équipe de France de ski de fond, c’est plus qu’une équipe, c’est une famille. Dès l’ouverture, avec les premières médailles des copains, on a vécu quelque chose de très fort. Individuellement, ma 8e place sur le 50 km reste l’une des plus belles courses de ma vie. Et puis il y a le relais. Finir avec le drapeau sur les dix derniers mètres est l’un des plus beaux moments de ma vie. Cette médaille donne du sens à toutes les années où je suis sorti des équipes de France, où je me suis remis en question, où je me suis demandé si je devais arrêter ou continuer. Cette année, je peux vraiment remercier l’école et les enseignants : ils ont compris le projet. J’ai pu passer des examens en décalé pour valider mon semestre. Après les Jeux, j’ai enchaîné six semaines de compétition. Je suis très fier de ce double projet.

Pourquoi Grenoble INP-UGA est-elle un bon terrain pour mener ce double projet ? Tout est mis en place à différents niveaux. L’école et l’université ont compris comment accompagner les sportifs. Ce n’est pas le cas partout. Ici, on s’adapte aux trajectoires individuelles. C’est une vraie force. Je suis également soutenu par la Fondation Grenoble INP : financièrement, mais aussi par un lien avec le monde professionnel. Quand les trois piliers – études, sport et monde professionnel – fonctionnent ensemble, tout le monde est gagnant. Mon message aux jeunes sportifs, c’est de ne pas avoir peur de faire des études qui les passionnent. Les études permettent de continuer à avancer dans sa vie, d’être plus serein en cas de blessure. Sans ce diplôme qui me passionne, j’aurais peut-être fini ma carrière bien plus tôt. Quand on est passionné, on parvient toujours à trouver des solutions.

Jules Chervet : le saut à ski, les études et le cap 2030

Étudiant à Polytech Grenoble INP-UGA, Jules Chervet a découvert le saut à ski à cinq ans, et s’y consacre pleinement dès l’âge de 10 ans. Passé par le comité Mont-Blanc, puis par le centre national d’entraînement de Moûtiers, il évolue aujourd’hui en équipe de France B. Côté études, son parcours s’étale grâce au dispositif Inter’Val, en alternant entre le distanciel et le présentiel, d’avril à mi-juin. « Personnellement, j’effectuerai mon cursus en cinq ans. L’été, je m’entraîne le matin, puis l’après-midi. Ensuite, je peux appeler un professeur en visio pour une heure de cours. L’hiver, c’est plus difficile. Cette année, je rentrais un jour par semaine chez moi. Je le passais souvent à dormir. » Ses premiers Jeux à Milan-Cortina resteront une expérience hors norme. « J’étais sur le même site que Victor Lovera. C’était une très belle expérience. Le saut à ski n’est pas très médiatisé, et là, d’un coup, tous nos proches, nos amis, nous regardent, nous envoient des messages, nous soutiennent. C’était impressionnant. » Désormais, Jules regarde vers 2030 et les Jeux dans les Alpes. « Je pars sur ce projet de quatre ans pour construire quelque chose. L’an prochain, il y aura les championnats du monde en Suède. Et côté vol à ski, j’ai dépassé les 200 mètres cet hiver : l’objectif est d’atteindre les 250 mètres. »

Aidez Jules à financer sa saison : https://www.soutienstonsportif.fr/s/tzsL9z